LogoMaritima

°C

France

-

Faits divers,

Justice

Accusations de violences en prison : "On fait passer des agents pour des voyous", s'indigne Jessy Zagari (FO Justice)

2min

Par Maritima 21/07/2026 à 16:35

A la suite d'un rapport accablant sur la prison de Condé-sur-Sarthe, le Ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a été sommé de faire cesser les "violences et humiliations". Jessy Zagari, représentant FO Justice, dénonce un rapport basé sur des "ouï-dire" et souligne la pression extrême exercée par les détenus particulièrement signalés.

Samedi 18 juillet, un juge des référés a ordonné à Gérald Darmanin, de faire cesser les "comportements contraires à la déontologie" commis par des agents sur des détenus du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe. 

Ces soupçons de mauvais traitements se basent sur un rapport de la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) lors d’une visite inopinée du quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO).  "Les constats effectués à l’occasion de cette visite et les témoignages reçus – tant de détenus que de professionnels et intervenants – révèlent des violences commises sur des détenus par des membres du personnel pénitentiaire (fouilles humiliantes ou brutales, usage disproportionné de la force, brimades, propos enfreignant la loi et la déontologie)", peut-on lire sur le rapport de la CGLPL.

 

Un rapport contesté : "Aucun fait matériel"

 

Pour Jessy Zagari, représentant FO Justice, ce rapport est une attaque frontale contre la probité des agents. Il pointe du doigt une procédure d'urgence injustifiée. "Ce rapport a été effectué sur de simples dires de détenus. L'administration a pourtant bien précisé au magistrat qu'à ce jour, il n'y avait aucun fait matériel ou documenté." Le rapport explique lui se baser sur des témoignages reçus et des "constats effectués".

Le représentant syndical rappelle que le quotidien des surveillants est déjà soumis à une surveillance constante : "Aujourd’hui, un personnel pénitentiaire est fortement contrôlé par l’administration sur tous ses faits et gestes. À la moindre incartade, il y a des commissions de discipline."

 

Des agents "entre le marteau et l'enclume"

 

Au-delà de la polémique, c'est la dangerosité des profils incarcérés qui inquiète FO Justice. Le projet d'ouverture d'unités dédiées aux narcotrafiquants à Luynes ravive les tensions. Jessy Zagari dénonce un renversement des rôles. "On fait passer des agents assermentés, des agents de la force publique, pour des voyous. On leur prête des choses qui ne sont même pas avérées. Ces hommes exercent dans des circonstances exceptionnelles face à des détenus qui viennent de réseaux de narcotrafiquants et qui ont des moyens logistiques pour mettre la pression."

Selon lui, cette décision de justice ouvre une "porte ouverte" à tous les détenus dangereux pour discréditer le personnel et faire fermer les unités de haute sécurité.

 

Une vague de solidarité dans les Bouches-du-Rhône

 

En signe de protestation, plusieurs mouvements de débrayage ont eu lieu dans la région PACA. Les établissements de Luynes, des Baumettes, de Salon-de-Provence ou encore d'Avignon-Le Pontet ont manifesté leur soutien à leurs collègues normands.

"Nous sommes outrés. Nous ne tolérons pas que les magistrats prennent des décisions comme ça sur des ouï-dire. Entendre des accusations de chants racistes... ça devient n’importe quoi. On ne peut pas accepter ça", s'agace Jessy Zagari.

 

Interview de Manuel Danloy

A lire aussi


Deux pompiers sont morts en luttant contre les flammes à Bordeaux

France

-

Faits divers

Deux pompiers sont morts en luttant contre les flammes à Bordeaux

Policier gravement blessé à Marseille : "Beaucoup trop de refus d'obtempérer, c'est alarmant"

Marseille

-

Faits divers

Policier gravement blessé à Marseille : "Beaucoup trop de refus d'obtempérer, c'est alarmant"

Risque incendie : le Bataillon des Marins-Pompiers renforce son dispositif à Marseille

Marseille

-

Faits divers

Risque incendie : le Bataillon des Marins-Pompiers renforce son dispositif à Marseille

Le maire d'Alès exfiltré de son domicile après une nouvelle menace de la DZ Mafia

Région sud

-

Faits divers

Le maire d'Alès exfiltré de son domicile après une nouvelle menace de la DZ Mafia

93.6 & 87.9 FM

Abonnez-vous à la newsletter
pour suivre notre activité et obtenir des offres