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Procès de Mazan: les doutes persistants de l'ex-compagne d'un accusé

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Par Cassandre Amouroux23/09/2024 à 15:19

L'ex-compagne d'un des 50 co-accusés des viols a partagé ses doutes d'avoir pu être elle-même droguée et agressée sexuellement par son ex-conjoint.

"J’ai été manipulée et ai vécu dans le mensonge. J’adorais ma vie" mais "je reste toujours dans le questionnement", a expliqué, en pleurs, Emilie O. qui a vécu pendant cinq ans avec Hugues M., 39 ans.

Alors en couple avec elle, ce dernier s'était rendu une nuit en 2019 au domicile des Pelicot sur invitation de Dominique Pelicot, principal accusé du procès poursuivi pour avoir drogué, violé et fait violer son épouse d'alors Gisèle Pélicot par des dizaines d'inconnus recrutés sur internet pendant 10 ans.

Hugues M. est lui poursuivi pour tentative de viol.

"Je pensais vivre une vie paisible et épanouissante mais j'étais en erreur", a ajouté Emilie O., sans jeter un regard à son ancien compagnon, dont elle s'est séparée en novembre 2020, près d'un an avant son incarcération. Après sept mois en prison, il comparaît libre depuis l'ouverture du procès le 2 septembre.

Cette femme de 33 ans a expliqué comment ils s'étaient rencontrés via internet en raison de leur passion commune pour la moto. Elle a décrit un compagnon "toujours respectueux, prévenant, doux", avec lequel elle avait des "relations sexuelles assidues", mais dont elle a fini par se séparer en raison de ses "multiples" relations extraconjugales.

Quelques mois plus tard, elle apprenait les faits reprochés à son ancien compagnon dans l'affaire des viols de Mazan. Elle s'est alors notamment rappelée d'une nuit de 2019 où elle s'était réveillée alors que son compagnon entamait sur elle une relation sexuelle pendant qu'elle dormait. Elle avait aussi été "prise de vertiges" entre septembre 2019 et mars 2020 et avait porté plainte. Mais les analyses effectuées sur elle pour l'enquête n'ont rien décelé et sa plainte avait été classée sans suite, "faute de preuves matérielles".

Elle a expliqué vivre depuis avec le doute d'avoir elle-même été victime du même procédé employé par Dominique Pelicot. "Sans cette procédure, j'aurais dit que ça serait impossible. Maintenant je me dis que c’est possible", a déclaré Emilie O, avant de s'effondrer en larmes. "Quoi qu'il dise, je ne pourrai plus jamais le croire", a-t-elle ajouté en réponse à une question de Stéphane Babonneau, l'un des avocats des parties civiles, qui avait fait un parallèle entre son cas et celui de la fille du couple Pelicot, Caroline Darian, dont des photos dénudées ont été retrouvées dans le disque dur de son père. Elle est depuis persuadée d'avoir été droguée par celui-ci voire même abusée, ce que Dominique Pelicot nie.

© Agence France-Presse

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