Marseille
-
Justice
Marseille : dix ans de prison requis contre Karim Harrat, baron présumé de la drogue2min
Par Maritima 28/01/2026 à 15:02
La peine maximale de 10 ans de prison avec une mesure de sûreté des deux tiers et une amende de 500.000 euros ont été requises mercredi contre Karim Harrat, 37 ans, désigné comme "le chef d'une organisation criminelle mafieuse parfaitement hiérarchisée".
Karim Harrat, 37 ans, "basé à l’étranger, a fait arriver à Marseille des quantités pléthoriques de cannabis et de cocaïne pour abonder ses propres réseaux et ceux d'alliés ou d'amis, notamment dans la région niçoise", selon la procureure.
Devant le tribunal correctionnel, ce Marseillais qui s'était exilé à Dubaï avait contesté mardi la moindre implication dans le trafic.
Evoquant "un réveil douloureux" pour les prévenus après le déchiffrage par les polices européennes de la messagerie Sky ECC, cryptée et réputée inviolable, les messages échangés ont été analysés par l'accusation comme "une plongée abyssale dans les arcanes de la criminalité organisée".
Les messages jugés par la procureure "tellement limpides, tellement probatoires" mettent en évidence une gestion au quotidien : approvisionnements, livraisons, récupération d'argent.
Le dossier reflète aussi la "folie des grandeurs du chef, son envie d’être le plus grand, le plus fort", a dit la procureure, citant un des messages : "La ville de Marseille m'appartient. Personne ne peut m'arrêter. Je veux tout le monde au garde à vous, même le gérant!"
Les échanges traduisent aussi, selon elle, "une gestion à la dure" avec la menace de "rafaler un commissariat ou une voiture de police", ou bien le risque pour un employé dont on veut se séparer de se retrouver nu et torturé dans une cave, "filmé pour servir d’exemple aux autres".
Elle a estimé que qu'en niant être surnommé "Le Rant", surnom associé aux trois téléphones utilisés par le patron de l'organisation, Karim Harrat "nie l'évidence tant les éléments apportés attestent incontestablement l'attribution de ces téléphones".
Elle a requis sept ans de prison contre trois autres prévenus, cadres de l'organisation, interlocuteurs et relais marseillais de Karim Harrat, dont l'un avait introduit sur la place marseillaise de la technologie Sky ECC auprès de narcotrafiquants.
Ce rôle lui vaudra de comparaître à l'automne devant la cour d’assises de Paris qui jugera les responsables de Sky ECC. Remis en liberté, son avocat Me Karim Bouguessa a exhorté le tribunal de ne pas le renvoyer en prison, le jeune homme ayant tourné la page en reconnaissant son rôle.
Une peine de 10 ans de prison avec une mesure de sûreté aux deux tiers et une amende de 300.000 euros ont été réclamées contre le correspondant niçois du réseau, qui avait pris la fuite avant d'être interpellé.
Les trois avocats de M. Harrat devaient ensuite plaider la relaxe.
© Agence France-Presse
A lire aussi
Marseille
-
Justice
Marseille : un trafic de drogue entre l’Espagne et la Corse démantelé, plus de 400 kg de cannabis saisis
Marseille
-
Justice
Proxénétisme : le procès des "bars américains" de Marseille se referme avec des condamnations
France
-
Justice
Un réalisateur de Camping Paradis en garde à vue à Paris après la mort de sa femme
Avignon
-
Justice
Bébés congelés : Aurélie S., la mère, fait appel de sa condamnation à 25 ans de réclusion

