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Justice
Proxénétisme : le procès des "bars américains" de Marseille se referme avec des condamnations3min
Par Maritima 04/04/2026 à 06:14
La justice a définitivement refermé le chapitre des "bars américains", haut lieu de prostitution dans le centre de Marseille, en condamnant des gérantes et barmaids pour proxénétisme aggravé.
Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné dans la nuit de jeudi à vendredi onze femmes et trois hommes à des peines allant de douze à trente mois de prison entièrement assorties du sursis pour proxénétisme aggravé parmi lesquels sept septuagénaires. Une relaxe a été prononcée au bénéfice d’une serveuse.
Gérantes et barmaids, jugés depuis lundi, ont contesté que, derrière les vitrines de dix bars américains au nom enjôleur – "Brazilia", "Dark Side" ou encore "Sweet" -, des prestations sexuelles tarifées étaient délivrées à des clients présentés comme de simples consommateurs venant s’encanailler.
"Ces prestations sexuelles sont directement indexées sur le niveau de consommation du client", a rappelé la procureure. Et la magistrate de citer un habitué des lieux : "C’est comme si la fellation était incluse dans les prix des bouteilles".
D’où le nom de "bars à bouchons" donné à ces lieux qui pullulaient dans les années d'après-guerre lesquels tournaient des "hôtesses".
L’enquête avait recensé 52 victimes mais aucune ne s'est constituée partie civile.
Qualifié par les enquêteurs de "subtil mode opératoire", le tarif prohibitif de la bouteille de champagne – souvent du mousseux – jusqu’à 400 euros, n’était justifié que par les prestations sexuelles offertes dans un salon ou derrière un rideau.
Et même si les prévenues composaient aux yeux de la procureure "une galerie de portraits gouailleurs", c’est bel et bien du proxénétisme qui était exercé dans la dizaine de bars américains qui fonctionnaient dans deux "rues pourries qu’on fait passer pour Broadway" jusqu’au vaste coup de filet de la police en novembre 2015.
Une fermeture administrative définitive avait eu raison en 2016 de ces établissements situé dans le quartier de l’opéra transformés désormais en bars branchés.
"C'est le dossier d’une époque révolue où les amateurs d’opéra croisaient ces dames aux vêtements tapageurs pour une clientèle plus toute jeune", a observé la procureure.
Derrière ces figures du folklore marseillais, le tribunal a découvert des femmes dont la vie a souvent été marquée par des années de prostitution. Les avocats n’ont pas manqué de relever que ces enseignes des bas-fonds marseillais étaient contrôlés par des membres du milieu. Ils sont les grands absents de ce procès, a regretté une association de lutte contre le proxénétisme, partie civile.
© Agence France-Presse
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