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Marseille : prison avec sursis requise contre une mère accusée d’avoir drogué sa fille de 10 ans

3min

Par Maritima 21/05/2026 à 07:10

Quatre ans de prison avec sursis probatoire ont été requis mercredi contre une mère soupçonnée d’avoir administré de la cocaïne à sa fille alors âgée de dix ans, atteinte d’une maladie neurogénétique rare, ce qu’elle a contesté avec force.

La fillette lourdement handicapée par un retard de développement avait été hospitalisée le 14 février 2022 à Marseille dans le service neurologie de l’hôpital pour enfants de la Timone qui la suit depuis l'âge d'un an.

Durant ce séjour, l’état de la fillette n’avait cessé de se dégrader jusqu’à un coma le 11 mars. Des analyses démontraient alors la présence de cocaïne et de Fentanyl, un opiacé, dans son sang, ses urines et ses cheveux. Des traces de cocaïne étaient aussi  retrouvées dans le liquide céphalo-rachidien prélevé en 2020 et conservé  par l'hôpital.

Les expertises ordonnées par la juge d’instruction ont précisé que "l’aggravation de l’état de la fillette était très certainement liée à des interactions médicamenteuses causées par l’administration indue de cocaïne".

L’arrêt des visites de ses parents, ordonné par un juge des enfants, s'était soldé par une amélioration rapide de son état.  Si l’enquête a dédouané le père, elle mettait en cause la mère, unanimement décrite comme très aimante et totalement dévouée à sa fille handicapée.

"J’étais la coupable d’avance parce que j’avais consommé et que ça fait de moi une mauvaise mère", s’est-elle défendue.

Face aux juges, Samantha, 50 ans, s’est déclarée outrée par cette accusation : "Vous pouvez me mettre mille ans en prison, ce qui me fait de la peine, c’est qu’on dise que je lui ai fait du mal".  Elle a dénoncé "une machination" de son ex-conjoint avec lequel les relations sont exécrables.

Le tribunal, qui rendra son jugement le 3 juin, va devoir arbitrer entre une administration active et une contamination environnementale passive, la mère reconnaissant avoir consommé de la cocaïne dans la chambre de sa fille. Des traces avaient été retrouvées dans la nourriture et sur plusieurs objets utilisés par l’enfant.

Partie civile, le père qui a obtenu la garde de la fillette s’est dit "sûr et certain  qu’elle l’a droguée". Son avocat, Me Christophe Lopez, a demandé au tribunal le retrait de l’exercice de l’autorité parentale à la mère, le parquet ajoutant une interdiction de contact en dehors d’un lieu médiatisé et une obligation de soins.

 

© Agence France-Presse

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