Marseille
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Justice
Un dentiste marseillais jugé pour plus de 2,6 millions de facturations fictives3min
Par Maritima 28/05/2026 à 06:37
Un dentiste marseillais a comparu mercredi devant le tribunal correctionnel pour une escroquerie de plus de 2,6 millions d'euros au préjudice de la Sécurité sociale, des facturations fictives massives avec la complicité de certains patients auxquels il reversait une partie des sommes.
L'affaire avait commencé par le signalement en avril 2022 à la Caisse primaire d'assurance maladie des Bouches-du-Rhône d'une facturation de 35 couronnes -dont deux par dents sur 13 dents- pour un de ses patients âgé de 36 ans.
Au terme de son enquête, le parquet a recensé 10.883 actes irréguliers, non réalisés, médicalement injustifiés ou avec l'utilisation frauduleuse de cartes Vitale, entre septembre 2020 et février 2023 pour un montant cumulé de 2.660.658 euros.
L'analyse de l'activité de ce dentiste de 36 ans installé dans le 16e arrondissement, l'un des plus pauvres de Marseille avec un grand nombre de bénéficiaires de la complémentaire solidaire, montrait une explosion de ses honoraires, de 451.000 euros, en 2019, à près d'1,5 million trois ans plus tard. Il arrivait au premier rang des dentistes français pour le remboursement moyen par patient, avec 2,6 fois plus que le second.
Le prévenu, qui facturait jusqu'à neuf fois le même acte, a expliqué s'être rendu compte suite à une "erreur" qu'il pouvait procéder sans contrôle a posteriori.
L'activité de pose de prothèses – la plus lucrative – représentait presque 100% des actes facturés, trois fois plus qu’un chirurgien-dentiste moyen.
"Je n’ai jamais mutilé de patients, je me suis toujours refusé à cela", a déclaré le prévenu. Douze autres personnes, dont cinq ont déjà été condamnés sur reconnaissance préalable de culpabilité, sont poursuivies pour complicité d’escroquerie aggravée et blanchiment.
L'enquête a en effet révélé un partage de sommes escroquées avec des patients, dont certains se présentaient même au cabinet pour se déclarer candidat à l'arnaque.
La présidente du tribunal a évoqué une "industrialisation du processus", avec notamment cette mère au foyer qui avait fourni une trentaine de cartes Vitale et des photos de bouches pour permettre des fausses facturations, recevant 58.000 euros en un an et 22.300 euros pour son entourage familial. A la barre, elle a reconnu avoir perçu du dentiste une commission de 1.500 euros par patient présenté ainsi que 10% des fausses facturations.
Le parquet de Marseille a saisi deux appartements appartenant au dentiste, des véhicules, des bijoux, des montres, de la maroquinerie de luxe pour un total de 1,1 million d'euros.
Me Gilles Martha, avocat de la CPAM des Bouches-du-Rhône, a dénoncé "l'appât du gain" du praticien, dès son installation en 2017.
Selon l'organisme, le montant des fraudes détectées dans les Bouches-du-Rhône s'est élevé en 2025 à plus de 50 millions d'euros (6,9 % du chiffre national). Il était de 13,9 millions en 2021. La part imputée aux professionnels de santé atteint 73% des sommes.
Le réquisitoire est attendu jeudi.
© Agence France-Presse
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