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Justice
Marseille : un commissaire mis en examen pour avoir protégé des policiers soupçonnés de violences2min
Par Maritima 25/09/2026 à 07:05
Un commissaire a été mis en examen pour avoir protégé des policiers soupçonnés d'avoir frappé une jeune femme à terre jusqu'à lui fracturer le crâne en marge d'une manifestation en 2018 à Marseille, a indiqué jeudi le parquet, confirmant une information de Médiapart.
Interrogé par l'AFP, le parquet de Marseille a confirmé la mise en examen du commissaire le 17 septembre pour "faux témoignage et soustraction de preuve."
Les faits remontent au 8 décembre 2018: à Marseille secouée par plusieurs manifestations, Angelina, alors âgée de 19 ans et vendeuse dans un magasin du centre-ville, a été violemment agressée. En rentrant du travail accompagnée de son petit ami de l'époque, elle avait d'abord reçu un tir de LBD dans la cuisse, la faisant chuter, avant de se faire encercler puis rouer de coups par plusieurs policiers.
Le commissaire est le plus haut gradé mis en examen alors que près d'une quinzaine de fonctionnaires de police font l'objet de poursuites depuis que l'enquête s'est accélérée fin 2025. Le policier soupçonné d'avoir porté les coups de matraque ayant fracturé le crâne de la jeune femme a été mis en examen en avril.
Au moment des faits, le commissaire mis en cause était le numéro deux du service de sécurisation des transports en commun (SISTC), indique Médiapart. Le jour des violences, il encadrait huit policiers en civil, dont sept ont été mis en examen, ajoute le site.
"Si le responsable a toujours expliqué ne pas pouvoir identifier ses agents sur les vidéos, ses déclarations sont contredites aujourd'hui par ses propres subordonnés, qui ont décrit en audition des dissimulations", souligne Médiapart.
Rencontrée par l'AFP en 2020, Angelina, qui ne souhaite pas donner son nom de famille, avait raconté être tombée à terre, avoir reçu un coup de pied en plein visage d'un homme chaussé de rangers, puis avoir reçu une pluie d'autres coups, de pieds, de matraques, qui lui ont fracturé le crâne.
L'affaire avait fait grand bruit quand la jeune femme avait porté plainte auprès de la police des polices, l'IGPN.
Mais l'enquête a longtemps patiné, notamment en raison de preuves manquantes: des enregistrements radio du logiciel Acropol, captant les échanges entre policiers sur le terrain, avaient été effacés, tout comme des images de vidéosurveillance de la ville.
Brice Grazzini, avocat d'Angelina et de son ex-compagnon, rappelle qu'en sollicitant la réouverture de l'information judiciaire, la démarche était aussi motivée par "le fait qu'il y avait une omerta, et que cette omerta ne pouvait pas concerner uniquement des agents sur place, mais qu'il y avait évidemment la hiérarchie qui était au courant."
Il salue le "travail sérieux d'enquête" réalisé sous l'impulsion de la nouvelle juge d'instruction chargée du dossier et de la nouvelle direction de l'IGPN de Marseille.
"Là c'est le premier échelon de la hiérarchie. Jusqu'où va remonter la juge d'instruction? (...) On voit au fur et à mesure que chaque échelon supérieur a protégé l'échelon inférieur", affirme l'avocat à l'AFP.
@AFP
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