Marseille
-
Justice,
Société,
L'invité(e) de la rédaction
Rue d’Aubagne : « On aimerait aller plus vite », assure Audrey Gatian3min
Par Didier Gesualdi03/11/2026 à 16:21
Alors que s'est ouvert le procès en appel et que Marseille s'apprête à commémorer ce jeudi 5 novembre le douloureux huitième anniversaire du drame de la rue d'Aubagne, la rénovation du centre-ville reste sous le feu des projecteurs. Invitée ce matin sur Maritima, Audrey Gatian, adjointe au maire de Marseille en charge de l'urbanisme et présidente de la SPLAIN (Société publique locale d'aménagement d'intérêt national), répond aux critiques sur le rythme des travaux et défend l'action publique face au fléau du mal-logement.
Avant d'aborder les dossiers techniques, l'élue a d'abord tenu à adresser une pensée émue aux victimes du drame : « Tout d'abord, évidemment, on a une pensée, mais comme depuis huit ans, pour les huit victimes et pour leurs familles qui sont actuellement dans ce procès en appel. »
La SPLAIN créée pour qu'un tel drame « ne se passe plus jamais »
Née en 2021 de la volonté conjointe de l'État, de la Ville de Marseille et de la Métropole Aix-Marseille-Provence, la SPLAIN a été spécifiquement conçue pour intervenir là où l'initiative privée a échoué : « Tout a été fait, en tout cas la SPLAIN a été créée justement suite au drame de la rue d'Aubagne, suite à ce 5 novembre 2018. Son objet, c'est justement de traiter l'habitat privé dégradé. C'est de faire en sorte que ce qui s'est passé ne se passe plus. Les collectivités territoriales et l'État se sont mis autour de la table et ont déterminé que ce qui s'est passé était inacceptable. On devait avoir une action majeure sur le centre-ville dégradé de Marseille, créer cette société et abonder avec des fonds, notamment de l'ANRU, qui permettent de rénover les immeubles les plus dégradés. »
180 immeubles ciblés et 28 chantiers actuellement en cours
Sur les milliers de copropriétés du centre ancien, la société publique concentre ses efforts sur les situations les plus critiques : « La SPLAIN s'occupe des immeubles les plus dégradés. Parmi les dégradés, certains ont été définis comme encore plus dégradés que les autres : on est sur 180 immeubles dans le centre-ville de Marseille. Ces immeubles sont sous la surveillance de la SPLAIN. Certains ont été complètement acquis, des adresses sont en chantier : nous avons 28 immeubles qui sont en chantier actuellement dans le centre-ville. L'objectif est évidemment de traiter tous les immeubles dont on a la charge. »
Audrey Gatian rappelle la nécessité d'une reprise en main par la collectivité pour créer de véritables logements sociaux : « Le privé n'arrivait pas à traiter et quelque part à réhabiliter ces immeubles. On avait besoin de cette intervention publique majeure. L'objectif avec la SPLAIN est de faire du logement social de grande qualité, des logements traversants avec du confort d'été pour vivre les étés de plus en plus chauds. Dans quelques jours, nous allons d'ailleurs livrer les premiers immeubles rénovés. »
La réponse aux critiques : les freins du droit de propriété et des expropriations
Interpellée sur les remarques du Collectif du 5 Novembre qui dénonce un rythme trop lent, la présidente de la SPLAIN partage l'exigence d'accélération tout en rappelant les contraintes légales : « On aimerait aller plus vite, toujours. Il n'y a pas de sujet, on partage le constat qu'il faut que l'action aille plus vite. C'est d'ailleurs pour ça que la SPLAIN a été créée, parce qu'avant, il existait des mécanismes de concession d'éradication qui n'allaient pas assez vite. Mais encore une fois, ce n'est pas simple parce qu'on est sur de l'habitat privé : il faut acquérir les immeubles, acheter appartement par appartement. »
L'élue pointe la lourdeur des démarches d'expropriation imposées par le cadre national : « Le droit de la propriété privée en France est un droit qui est très fort. On ne peut pas accaparer des biens qui ne sont pas à nous. Les procédures d'expropriation, lorsqu'il doit y avoir expropriation, sont très longues et c'est vrai que ça prend du temps. Mais en revanche, il y a un mécanisme massif de rénovation qui est lancé, qui doit continuer, et il faut surtout y croire. Autrement, si on ne rénove pas ces immeubles, on ne peut pas les laisser en l'état et on ne pourra pas avancer. »
Le permis de louer comme rempart efficace contre les marchands de sommeil
Au-delà des chantiers de réhabilitation lourde, la Ville et les communes du territoire (comme Istres, Martigues, Port-de-Bouc ou Aubagne) s'appuient sur le permis de louer pour contrôler l'état des biens mis sur le marché : « Quand c'est mis en place, évidemment que ça fonctionne ! Ça permet de lutter contre les marchands de sommeil qui ont pour seul but de faire des bénéfices et pas forcément d'entretenir les immeubles. On a une mesure pratique qui permet d'avoir des logements qui ne sont pas insalubres et dans lesquels les locataires peuvent vivre correctement. Ça fait partie de tout cet arsenal mis en place pour faire en sorte que les habitants puissent vivre dignement dans leur logement. »
Tags :
A lire aussi
Plan de Campagne
-
Justice
Pompier blessé par balles à Plan-de-Campagne : le tireur déféré pour tentatives d'homicides, les révélations du procureur d'Aix-en-Provence
Marseille
-
Justice
Décharges sauvages à Marseille : 30 mois de prison requis contre un professionnel du déchet
Marseille
-
Justice
Marseille : première audience du procès en appel des effondrements de la rue d'Aubagne ce lundi
Marseille
-
Justice
Marseille: grève reconductible au Mucem contre le retour du président du musée

