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Justice

Trente ans de réclusion requis contre un Marseillais pour un meurtre une nuit de Noël

3min

Par Maritima 13/11/2025 à 18:19

Trente ans de réclusion ont été requis jeudi contre un Marseillais de 26 ans, jugé depuis dix jours devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour le meurtre d'un jeune homme dans un quartier sensible de Nice la nuit de Noël 2021.

Ce soir-là, trois hommes armés et le visage partiellement dissimulé se sont rendus au quartier de Las Planas, dans le nord de Nice, où résidait un responsable d'un groupe avec lequel ils se disputaient un point de deal dans un autre quartier.

Leur objectif était d'enlever ce rival pour le séquestrer dans une cave, mais ce dernier a réussi à leur échapper. A leur tour pris en chasse, les trois hommes ont regagné leur voiture en courant mais l'un d'eux a tiré et Ermelindo Goncalves, manutentionnaire de 24 ans qui les poursuivait, s'est écroulé.

L'enquête, basée notamment sur l'analyse de cartouches, d'un téléphone abandonné par le trio sur les lieux et de leur voiture volée retrouvée en rase campagne, a conduit la police vers un Niçois soupçonné de diriger un point de deal rémunérateur et d'avoir engagé deux Marseillais pour l'épauler.

L'interpellation du groupe le 19 janvier 2022 dans le centre de Nice a viré au drame, lorsqu'un quatrième homme, qui n'était pas présent le soir de Noël, a été tué par le tir accidentel d'un policier, condamné par la suite à un an de prison avec sursis pour homicide involontaire.

Le procès aux assises s'est déroulé sans le Niçois, qui s'est évanoui dans la nature à la faveur d'une remise en liberté provisoire.

Lors de l'enquête comme à l'audience, Bastien G., accusé d'avoir été le tireur, et Yoann L., jugé pour association de malfaiteurs pour le projet d'enlèvement, ont réfuté toute implication, assurant qu'ils ne faisaient que squatter occasionnellement dans le quartier de Las Planas.

Leurs avocats ont dénoncé des contradictions dans les récits parcellaires des nombreux témoins et des manquements des enquêteurs, estimant que des pistes avaient pu être écartées pour protéger des informateurs de la police.

Ermelindo Goncalves a été touché dans le dos. Avait-il fait demi-tour face à la menace de l'arme du tireur ou aurait-il été touché accidentellement par un tir provenant du groupe de poursuivants, dont il avait pris la tête ?

Pour l'avocate générale, c'est bien Bastien G. qui a tiré, "par fierté, comme un doigt d'honneur" à ces jeunes qui avaient refusé d'avoir peur de lui. Son mutisme montre qu'il est "prisonnier de son milieu de trafiquants, de la loi du silence où personne n'assume rien" et qu'il risque de le rester encore des années, a-t-elle ajouté.

"Il faut que Nice, ça ne devienne pas Marseille", a-t-elle lancé, quand Me Jean-Yves Garino, avocat de Bastien G., a estimé que ce dernier était un "bouc émissaire" des autorités pour pallier leur incapacité à résorber les trafics.

Le verdict est attendu en début de soirée.

 

© Agence France-Presse

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