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Aix-en-Provence : entre trésors oubliés et passion vintage, la brocante s’installe au pied du Palais de Justice3min
Par Maritima 22/04/2026 à 17:18
Ce mercredi, le « Fil Rouge » radio. de Maritima a posé ses micros sur la place de Verdun à Aix-en-Provence. Juste devant le Palais de Justice, une vingtaine d’antiquaires et brocanteurs professionnels ré-animent à ce lieu rénové. Entre livres rares, objets de curiosité et récits de passionnés, immersion dans un déballage où chaque objet a une histoire à raconter.
Sous le soleil matinal d’Aix-en-Provence (avant que quelques « larmes du ciel » ne viennent jouer les trouble-fête en fin de matinée), l'ambiance est au chinage. Si les habitués connaissent bien le grand déballage du dimanche sur le Cours Mirabeau, ce rendez-vous du mercredi qui rassemble envion 25 professionnels, est une volonté de la municipalité. « La ville nous a demandé d’animer cette place Verdun qui a été toute refaite », explique Anne Bourdely, présidente du syndicat des antiquaires d’Aix.
Antiquaire ou brocanteur : quelle différence ?
Pour les néophytes, la distinction est parfois floue. Sylvie Serrano, trésorière du syndicat, apporte un éclairage précieux : « Un antiquaire a une marchandise d'une valeur, d'une rareté et d'une ancienneté qui, les trois quarts du temps, supporte assez mal l'extérieur, notamment pour les meubles vernis au tampon. Le brocanteur, lui, propose des objets plus "faciles à vivre", qui supportent mieux la poussière ou le pollen. » Ici, point de vide-greniers pour particuliers : on ne trouve que des professionnels déclarés, garantissant l'authenticité des pièces souvent uniques.
Quand l'art et le droit mènent à la brocante : le parcours de Jessica
Parmi les exposants, Jessica Noris, alias Hermine de son nom de chanteuse, incarne une nouvelle génération au parcours atypique. Ancienne professeure d'art plastique, elle a opéré une reconversion radicale il y a cinq ans pour rejoindre l'univers de sa mère, elle-même brocanteuse à Sénas et s'est spécialisée dans l'art religieux et les cabinets de curiosités.
« Je suis tombée dans la marmite quand j'étais petite », confie-t-elle au micro de Michel Montagne. « Ce qui me plaît, c'est le côté historique des objets. Je ne peux pas avoir de patron, j'ai besoin de ma liberté. » Sur son stand, on trouve des fioles de pharmacie, des objets exotiques rapportés de voyages lointains et on a raté de peu la découverte d'un magnifique reliquaire du XVIIIe siècle vendu quelques jours auparavant.
Bernard, le gardien des livres épuisés
Un peu plus loin, Bernard et son épouse veillent sur des ouvrages qui traversent les siècles. Pour ce passionné, le livre "ancien" s'arrête en 1840 ; au-delà, on parle de livre "moderne". Malgré la concurrence des liseuses numériques et un certain désamour de la lecture, Bernard continue bon gré mal gré à présenter au public des livres faits d'encre et de papier comme les humains le sont de chair et de sang.
Pratiquant un humour noir mâtiné d'outrance, il raconte qu'une bonne partie de sa clientèle est aujourd'hui domiciliée au cimetière : « On a encore des "survivants", des gens qui arrivent à 80 ou 90 ans et qui viennent encore nous acheter des livres. »
Et, dans une comparaison osée, s'il donne l'impression de douter de la résurrection du Christ, il n'a pas l'air d'être plus convaincu de celle des livres.
Mais quand on le questionne au sujet de ses préférences personnelles, les propos sarcastiques laissent la place à sa passion profonde pour la littérature et notamment la philisophie.
Parmi ses pépites, des ouvrages sur l'architecture du XVIIIe siècle, des bibles reliées ou un magnifique "le Bestiaire" d'Apollinaire qui, s'il était vendu au poids, coûterait très cher tellement il est imposant dans son bel étui cartonné.
Sa méthode pour dégoter ces perles ? Le bouche-à-oreille et les successions. « Les gens viennent me voir en me disant qu'ils ont les mêmes livres que moi... bon, généralement ce n'est pas le cas, ils ont souvent la "bibliothèque des familles" des années 70, mais parfois on tombe sur des pièces uniques. »
La « seconde main » comme philosophie
Rachel Teboul, créatrice aixoise du Kitchi Vinti Club, se définit comme une « actrice de la seconde main ». Pour elle, l'intérêt est avant tout esthétique et sentimental. « Je m'attache à la beauté de l'objet. Parfois, je chine une pièce et je ne sais pas ce que c'est, c'est après, en faisant des recherches, que je découvre son histoire. » Elle avoue même avoir parfois du mal à se séparer de certaines trouvailles, comme une sculpture de Guy Bareff sauvée des flammes après un incendie à Avignon.
Anciennne infirmière, elle dresse d'ailleurs un parallèle touchant avec son ancien métier : « Je connais beaucoup de soignants qui aiment la brocante. On passe notre temps à rénover, à réparer, tout comme on prend soin des gens. »
Que vous cherchiez un objet à 3 euros ou une pièce de collection à plusieurs centaines d'euros, la brocante d'Aix-en-Provence reste une parenthèse hors du temps. Un conseil : venez tôt, car comme le dit le proverbe des chineurs, les meilleures affaires se font à l'ouverture des cartons !
Infos pratiques :
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Lieu : Place de Verdun (devant le Palais de Justice), Aix-en-Provence.
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Fréquence : tous les mercredis.
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Horaires : de 8h00 à 18h00.
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