Saint-Mitre-les-Remparts
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« Je repars à zéro », témoignages des commerçants après les inondations dans la ZAC des Etangs2min
Par Maritima 21/10/2026 à 17:15
Frappée de plein fouet par les intempéries sur la ZAC des Etangs à Saint-Mitre-les-Remparts, la commerçante Lisbeth a vu son logement, son salon de coiffure et sa voiture engloutis par les eaux. Même catastrophe pour le voisin Delt'Alu, une entreprise familiale distante à peine d'une centaine de mètres du salon de Lisbeth. Témoignage de sinistrés déterminés à se relever malgré tout.
« Tout sous les eaux » : un réveil chaotique sur la ZAC de Saint-Mitre
L'épisode pluvieux qui a balayé les Bouches-du-Rhône a laissé un paysage de désolation dans plusieurs zones d'activités du département. Sur la ZAC de Saint-Mitre-les-Remparts, les commerces ont été particulièrement touchés par la soudaineté des inondations.
Invitée sur l'antenne de Maritima, Lisbeth, coiffeuse dans la zone, a raconté la découverte des dégâts à son réveil mardi :
« C'est le matin quand je me suis réveillée à 6h, j'ai mis les pieds dans l'eau et en sortant du lit en fait tout flottait, tout flottait à l'intérieur de la maison et je me suis dirigée vers le salon... J'étais inondée, on avait quasiment 70 cm d'eau à peu près. [...] J'ai mon habitation, mon salon de coiffure et ma voiture, donc tout sous les eaux. Je repars à zéro. »
Lisbeth dans son salon ce matin, photos: Michel Montagne
Assurances et démarches d'urgence : la course contre le montre
Face à cette perte totale, les sinistrés ont immédiatement dû engager les démarches administratives et financières nécessaires pour espérer une prise en charge rapide des dégâts.
Lisbeth explique avoir immédiatement sollicité l'ensemble de ses interlocuteurs pour faire face à la crise :
« J'ai contacté directement l'assurance, les banques, mon comptable pour un plan de secours parce que quand on perd tout, on se dit qu'on est bien assuré. J'ai une assurance aussi de cessation d'activité heureusement. Au niveau de la voiture je suis assurée tous risques donc voilà, tout est pris en charge. »
Nettoyage et solidarité pour relancer l'activité au plus vite
Malgré l'ampleur du sinistre et la vision impressionnante des locaux dévastés, l'heure est au nettoyage et à l'entraide locale. La commerçante a lancé des appels sur les réseaux sociaux et a pu compter sur un élan de générosité spontané pour vider les lieux et commencer le pompage.
Entourée de son équipe et de proches, elle salue la mobilisation collective qui s'est organisée sur place :
« J'ai la chance d'avoir reçu énormément de messages de solidarité, j'ai une équipe avec moi, on a tout sorti, on a tout dans la rue et on passe la raclette, on nettoie, j'ai du monde qui m'amène un groupe électrogène, on essaie de limiter les dégâts mais bon enfin tout a pris l'eau, c'est impressionnant. »
Delt'Alu : « Jusqu’à 250 000 euros de pertes » après le déluge
Touchée elle aussi de plein fouet par les inondations qui ont frappé la ZAC des Étangs ce mardi 20 octobre, l'entreprise familiale Delt'Alu tente de faire face aux dégâts matériels. Baptiste Gillard, troisième génération de la société, témoigne d'une journée de crise et de l'élan de solidarité pour tout remettre en état :
« En arrivant en haut de la ZAC des Étangs, il y avait un bouchon énorme, une queue immense de voitures qui ne bougeait pas. Les véhicules étaient sous l'eau, personne ne pouvait avancer. On a dû contourner la ZAC pour essayer de rentrer, l'eau montait jusqu'à la taille. Quelqu'un était même coincé dans sa voiture sous l'eau, il n'arrivait pas à sortir. »
Un mètre d'eau et des dégâts matériels colossaux
Sur place, la pression de l'eau rend toute intervention immédiate impossible :
« On essaye de rentrer, on ne peut pas, la pression de l'eau nous en empêche. Si on ouvrait, toute l'eau allait déferler dans le bâtiment. On a laissé tel quel. »
Ce n'est que le lendemain que l'équipe a pu constater l'étendue des dégâts, heureusement atténuée par la baisse du niveau de l'eau en fin de journée :
« On avait des dégâts sur la machine découpeuse aluminium, sur nos produits, et surtout sur nos volets roulants à cause de l'électronique. La découpeuse aluminium, c'est notre principale machine, on est sur du 200 000 euros.»
En comptant les autres équipements et le matériel impacté, la facture globale s'annonce très lourde :
« On suppose qu'en comptant la machine, on serait près de 250 000 euros de pertes », précise-t-il.
Solidarité familiale et soutien aux clients
Face à la détresse et aux inquiétudes de la famille Gillard - dont trois générations œuvrent, depuis 42 ans, à pérénniser cette entreprise solidement ancrée dans le tissu local - le soutien s'est vite organisé :
« Ce qui me remonte le moral, c'est de voir qu'on a de la main-d'œuvre, les gens sont présents. Des amis de la famille sont venus nous passer un coup de main », souligne le jeune homme. Quant aux grands-parents, ils ont immédiatement quitté leur retraite pour venir refiler un coup de main, ou plutôt un coup de balai.
Pour maintenir l'activité et rassurer les clients, les équipes se sont immédiatement réorganisées :
« On a envoyé notre équipe de pose sur les chantiers pour honorer notre devoir auprès de nos clients et rapporter du chiffre d'affaires. Malheureusement, on a dû fermer notre accueil aujourd'hui, mais pour ceux qui ont un problème, le téléphone fixe marche toujours (04 42 49 07 07). On essaye de faire de notre mieux pour être présents pour vous au plus vite », souligne le jeune homme.
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