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Saint-Mitre-les-Remparts après les inondations : « Il faudra des années pour panser les plaies », prévient le maire

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Par Didier Gesualdi04/11/2026 à 12:38

Deux semaines tout juste après les inondations dévastatrices du 20 octobre qui ont plongé Saint-Mitre-les-Remparts dans le deuil et provoqué d'immenses ravages, le retour de la pluie ravive une angoisse palpable. Alors que le département est placé en vigilance jaune pour pluie-inondation et orages, Vincent Goyet, maire de la commune, était l'invité de la matinale de Maritima radio ce mercredi. Entre travaux d'urgence sur les canaux d'évacuation, soutien aux centaines de sinistrés et refonte globale des règles d'urbanisme, l'élu fait le point sur la situation.

Si le traumatisme reste vif chez les habitants, les prévisions météorologiques écartent heureusement la réédition du déluge d'il y a quinze jours.

 

Une angoisse légitime mais un épisode météo d'intensité moindre

Dans une commune encore meurtrie par la perte tragique d'un administré et des torrents de boue inédits, la vue des premiers nuages assombrit les esprits : « Tout le monde a peur, mais les précipitations annoncées restent néanmoins très inférieures à l'épisode catastrophique qu'on a vécu il y a quinze jours. Quand on a vécu des catastrophes inédites comme celle du 19 et du 20 octobre, la moindre pluie forcément crée de l'inquiétude chez la population. »

Les équipes municipales et les secours concentrent leur vigilance sur les secteurs sinistrés : « On surveille évidemment les secteurs dans lesquels on a eu des habitations inondées la dernière fois, mais pour le reste on est vigilant sur l'ensemble de la commune. »

 

Roubines curées et agents sur le pont pour sécuriser les quartiers

Pour parer à l'urgence et faciliter l'écoulement des eaux, la mairie a engagé des travaux ciblés sur les cours d'eau traditionnels : « La commune de Saint-Mitre-les-Remparts a fait le nécessaire ces derniers jours pour, en particulier, dégager toutes les roubines pour permettre à l'écoulement des eaux de se faire dans les meilleures conditions. Les roubines, c'est ce qui permettait de drainer en particulier les champs, d'éviter que les sols soient humides et d'évacuer les eaux plus rapidement. Le but, c'était que l'eau s'évacue correctement. »

L'ensemble des services publics reste mobilisé au plus près des riverains : « Tout le monde est attentif. On a encore beaucoup de travaux qu'on va pouvoir engager, on était encore hier soir en réunion avec la Métropole pour poursuivre les travaux de réparation de nos différents ouvrages, je pense en particulier aux routes qui ont été dégradées. »

 

Un lourd bilan humain et matériel : plus d'une maison sur huit touchée

Revenant sur les conséquences du 20 octobre, où plus de 300 mm d'eau s'étaient abattus sur la ville, Vincent Goyet souligne l'ampleur inédite des dégâts : « Plus d'une habitation sur huit a été impactée sur la commune, et encore le chiffre est sous-estimé ! On a 413 sinistres déclarés remontés à la commune, mais un certain nombre d'habitants ont déclaré directement à leur assurance sans passer par la mairie. »

Si l'état de catastrophe naturelle a été reconnu en un temps record (moins de dix jours), le chemin vers la reconstruction sera long : « Cela a permis d'accélérer les dossiers pour les sinistrés, mais il faudra des mois et sans doute même des années pour la commune pour panser les plaies. »

 

Ne plus rien reconstruire à l'identique : révision du PLU et murs adaptés

Tirant les leçons de la catastrophe, la municipalité refuse de reconstruire sans adapter profondément le territoire aux assauts climatiques : « Nous n'allons pas refaire à l'identique. Dégager les roubines, c'est déjà fait, mais nous allons surtout les recalibrer, les élargir. On va libérer dans le tissu urbain les roubines qui ont été trop contraintes par l'urbanisation de part et d'autre, pour qu'elles puissent déborder sans provoquer les dégâts de la dernière fois. Beaucoup de murs de clôture maçonnés ont été renversés parce qu'ils n'étaient pas faits pour contenir l'eau. Il va falloir reconstruire différemment pour laisser passer l'eau quand elle est là. Personne et rien ne retient l'eau ! »

Cette nouvelle doctrine passera par un durcissement des règles de construction dans le Plan Local d'Urbanisme (PLU) : « Il y avait déjà des prescriptions avec une élévation de la construction à hauteur de 50 centimètres par rapport au point le plus haut du terrain. On va évidemment réfléchir à réhausser sans doute à un mètre ce point pour que les maisons ne se retrouvent pas inondées. Qu'il y ait de l'eau dans le jardin, ce n'est pas un problème, tant qu'elle s'écoule et qu'elle ne déferle pas en vague destructrice sur la maison suivante quand un mur lâche. »

 

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