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Arrêts maladie : "On ne prescrit pas par plaisir", le Dr Florence Zemour répond au gouvernement

3min

Par Maritima 14/04/2026 à 14:10

Le gouvernement souhaite serrer la vis sur les arrêts de travail, pointant une hausse des demandes de 10% en cinq ans. Invitée ce matin sur Maritima Radio, Florence Zemour, généraliste à Vitrolles et représentante de la Fédération des Médecins de France, refuse que les prescripteurs soient les seuls boucs émissaires.

Dans son cabinet de Vitrolles, le Dr Florence Zemour ne constate pas forcément une explosion des demandes, mais une "nécessité constante" des arrêts de travail. Face aux velléités de contrôle de l'exécutif, sa réponse est claire : cet outil fait partie de l'arsenal thérapeutique.

 

Une prescription médicale, pas un choix statistique

Alors que l'Assurance Maladie avance que 10 à 15% des arrêts seraient injustifiés, le Dr Zemour rappelle la réalité du terrain. « Nous sommes face à nos patients, nous évaluons leur état médical. L’arrêt de travail est une prescription médicale qui répond à un symptôme ou une pathologie. Ce que nous refusons, c’est que l’on se base uniquement sur des statistiques et des chiffres pour nous demander de diminuer nos prescriptions. »

 

Cibler les employeurs plutôt que de sanctionner les médecins

Pour la présidente régionale de la Fédération des Médecins de France (FMF), le gouvernement se trompe de cible en ne faisant peser la pression que sur les docteurs. Elle appelle à une prise de conscience des entreprises sur la santé mentale et l'organisation des postes.

« On a l’habitude d’être montrés du doigt et d’être les seuls pénalisés financièrement », déplore-t-elle. « Il faut aller vers les employeurs. Un salarié qui est bien dans son poste de travail, qui est valorisé et responsabilisé, il n’aura pas besoin d’un arrêt de travail. »

 

Le défi de la concertation : "Il faudra dégager du temps"

Parmi les pistes évoquées, le Dr Zemour salue l'idée de réunions de concertation entre les médecins traitants, les médecins-conseils de la CPAM et les médecins du travail. Un dispositif qui permettrait d'éviter que le médecin soit "instrumentalisé dans un conflit entre l'employeur et le salarié".

Cependant, elle soulève un problème de taille : la démographie médicale. « J’espère que les moyens seront mis sur la table. Il y a un problème d’effectif chez les médecins-conseils et un problème d’accessibilité des médecins du travail. Il faudra aussi dégager du temps pour les généralistes, ce qui n'est pas facile actuellement. »

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