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Coût de la rentrée scolaire : les familles contraintes de multiplier les arbitrages

3min

Par Maritima 26/08/2026 à 09:22

Au lieu de partir deux semaines en vacances, nous ne sommes partis que douze jours pour mettre de l'argent de côté pour la rentrée", témoigne un père de famille qui parcourt les listes de fournitures scolaires de ses deux enfants dans un supermarché de Dreux (Eure-et-Loir).

Ce conseiller bancaire, qui ne veut pas être nommé, juge le coût global élevé. "Mais on n'a pas le choix: ce sont des dépenses de première nécessité, ça passe avant tout".

Fournitures, vêtements, cantine, activités... À quelques jours de la rentrée, de nombreuses familles redoutent l'accumulation des dépenses scolaires, dans un contexte d'inflation, alors que le gouvernement a mis à l'étude des pistes d'économies dans les politiques familiales.

Plus d'une famille sur deux considère que la rentrée entraîne des dépenses plus importantes que le reste de l'année, contre 13% des personnes sans enfant, selon une note publiée en août par le Crédoc. Cette proportion atteint 70% des foyers comptant au moins trois enfants.

Le panier moyen de fournitures scolaires pour un collégien de 6e s’élève à 181 euros, en recul de 14% après la poussée inflationniste de 2022 et 2023, selon le baromètre annuel de Familles de France.

Mais cet indicateur ne prend pas en compte les autres dépenses de la rentrée: vêtements, cantine, périscolaire, inscriptions aux activités, transport, assurances, gardes d'enfants, souligne la fédération d'associations familiales.

"Comme ma femme et moi travaillons tous les deux, nous payons 800 euros par mois de garde d'enfants", souligne le conseiller bancaire.

46% des parents déclarent rencontrer des difficultés pour financer la rentrée et plus d'un sur deux craint de manquer d'argent pour couvrir l'ensemble des frais, selon une enquête Cofidis réalisée avec CSA Research, publiée début août.

Pour les 3 millions de familles modestes qui en bénéficient, l'allocation de rentrée scolaire (ARS), versée sous conditions de ressources, est déterminante. Certains salariés bénéficient grâce au CSE de leur entreprise de bons d'achat pour la rentrée, pouvant aller jusqu'à 200 euros par enfant.

"Grâce à l'ARS, je n'ai pas d'inquiétudes pour la rentrée, elle m'aide à payer fournitures scolaires et vêtements", dit Azélie, aide-soignante qui élève seule deux enfants de 11 et 17 ans.

 

Bourse aux vêtements

 

69% des parents déclarent devoir se serrer la ceinture, un niveau inédit depuis le lancement du baromètre Cofidis en 2022. Le recours aux promotions est quasi systématique et quatre Francais sur cinq réduisent les quantités achetées, selon le Crédoc.

Jessica, 44 ans, a épluché les prospectus des supermarchés pour repérer les meilleures offres. "Je ne reçois aucune aide et je fais très attention. Nous payons le tarif maximum pour tout, la cantine, la garderie, l'aide aux devoirs, etc".

"Nous avons renoncé à un voyage en famille pour que ma fille puisse s'inscrire au patin à glace. Cela coûte 500 euros, mais nous préférons qu'elle fasse du sport plutôt qu'être collée aux écrans. Avant les tarifs étaient basés sur le quotient familial, maintenant très souvent, on nous demande juste notre feuille d'impôt", explique cette responsable des ressources humaines, qui, avec son mari, dispose de 6.700 nets par mois.

"De plus en plus de familles, y compris de classes moyennes, se replient sur les bourses aux vêtements", observe Chantal Huet, responsable du pôle consommation de Familles de France. Dans son association locale du Val d'Oise, le vide-dressing a été élargi aux fournitures scolaires.

Les inquiétudes dépassent la seule rentrée. "Les familles savent que la taxe foncière arrivera à l'automne et anticipent une hausse du prix des mutuelles de santé et des assurances, en raison des incendies", souligne Mme Huet.

Dans ce contexte, Familles de France s'inquiète d'un rapport commandé par le Premier ministre Sébastien Lecornu aux inspections générales des finances (IGF) et des affaires sociales (Igas), qui propose des pistes de 4,2 milliards d'économies dans les politiques familiales.

Parmi celles-ci, la suppression des réductions d'impôts pour frais de scolarité ou une réforme des Aides personnalisées au logement (APL) des étudiants qui les diminuerait voire les supprimerait pour 44% des foyers.

"Toutes les familles supportent des dépenses supplémentaires lorsqu’elles ont des enfants dont l’accumulation les met en difficulté. Une politique familiale doit accompagner toutes les familles, pas seulement celles sous un certain seuil de revenus", fait valoir Familles de France.

 

© Agence France-Presse (par C. FAY-DE-LESTRAC)

 

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