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Violences urbaines liées au mouvement lycéen : plus de 6 800 gardes à vue et 2 300 poursuites, le bilan du ministère de la Justice

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Par Jean-Michel Darras09/10/2026 à 11:58

Le garde des Sceaux Gérald Darmanin a communiqué le bilan judiciaire des violences urbaines survenues en marge du mouvement lycéen au jeudi 8 octobre 2026. Avec 86 % de mineurs parmi les interpellés, la Chancellerie prône la fermeté pénale, la saisie des téléphones et l'engagement de la responsabilité civile des parents.

Face aux dégradations et aux violences observées en marge du mouvement lycéen, le ministère de la Justice et la Protection judiciaire de la jeunesse annoncent dans un communiqué être "pleinement mobilisés".

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, qui a réuni les 36 procureurs généraux à deux reprises, a cadré la réponse pénale par une circulaire et une dépêche de la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG). L'objectif affiché : garantir l'expression légitime des revendications démocratiques tout en sanctionnant fermement les violences contre les forces de l'ordre, les personnels de l'Éducation nationale, les personnels de justice et les dégradations de biens, dont la remise en état est déjà chiffrée à plusieurs millions d'euros.

 

6 877 gardes à vue et une grande majorité de mineurs

Selon les chiffres officiels arrêtés au jeudi 8 octobre 2026 à 17h00, les services de police et de gendarmerie ont procédé à 6 877 placements en garde à vue depuis le début des violences :

  • Mineurs : 5 890 personnes (soit 86 % des gardés à vue).

  • Majeurs : 987 personnes (soit 14 %).

 

Poursuites, déferrements et détentions provisoires : les chiffres clés

À ce stade de la procédure, 2 376 personnes font l'objet de poursuites judiciaires :

  • Poursuites : 453 majeurs (près d'un sur deux placés en garde à vue) et 1 923 mineurs (environ un sur trois).

  • Déferrements : 1 547 personnes ont été déférées devant la justice (308 majeurs et 1 239 mineurs), soit un taux de déferrement de 65 % des personnes poursuivies.

  • Détention provisoire : 21 placements en détention ont été ordonnés par les magistrats (concernant 15 majeurs et 6 mineurs).

  • Mesures alternatives aux poursuites : 1 897 mesures (avertissements pénaux probatoires, réparations pénales, interdictions de paraître, travaux non rémunérés ou classements sous condition) ont été appliquées (189 pour des majeurs et 1 708 pour des mineurs), dont 654 ont été prononcées après un déferrement.

 

Saisie des téléphones, « happy slapping » et responsabilité des parents

Pour encadrer la réponse pénale, la Chancellerie ajoute avoir transmis des consignes strictes aux parquets :

  • Responsabilité civile des parents : engagement dès que possible de la responsabilité des parents d'enfants mineurs interpellés.

  • Saisie systématique des téléphones : généralisée en cas de « happy slapping » (pratique consistant à filmer et diffuser des images de violences ou dégradations, sanctionnée par l'article 222-14-2 du Code pénal) ou en cas d'appel à une manifestation violente au moyen de l'appareil.

Le garde des Sceaux a réaffirmé son soutien aux magistrats, forces de l'ordre, personnels de l'Éducation nationale et élus ciblés par des violences ou menaces, ainsi qu'aux lycéens blessés.

 

L'ONU "inquiète" face aux violences

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a dit vendredi suivre avec "inquiétude" les "incidents" liés aux manifestations des lycéens en France, appelant au maintien de rassemblements pacifiques et à un usage proportionné de la force. "Nous appelons chacun à veiller à ce qu'elles (ces manifestations, NDLR) restent pacifiques et à ce qu'il n'y ait pas de recours disproportionné à la force de la part des forces de l'ordre. Le droit de réunion pacifique doit être respecté", a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat, Shabia Mantoo, lors d'un point de presse à Genève, selon des propos recueillis par l'AFP.

 

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