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Procès des légionnaires proxénètes: jusqu'à huit ans de prison requis à Marseille

4min

Par Maritima 14/03/2024 à 15:14

Jusqu'à huit ans de prison ont été requis jeudi contre cinq légionnaires et la compagne de l'un d'entre eux, jugés pour avoir monté un réseau de prostitution qui exploitait des dizaines de jeunes femmes russes et ukrainiennes dans une quarantaine de villes françaises.

Devant le tribunal correctionnel de Marseille, la procureure, Gaëlle Ortiz, a également réclamé des amendes allant de 20.000 à 50.000 euros, et surtout un retour en détention des six prévenus, qui ont déjà purgé entre cinq mois et deux ans de détention provisoire, ainsi que l'interdiction du territoire national pour quatre d'entre eux n'ayant pas la nationalité française.

Face aux militaires, quatre Russes et un Ouzbek, qui avaient expliqué que dans leur pays les légionnaires sont considérés comme des "traîtres" et condamnés, la procureure a cependant précisé: "Je ne leur demande pas de rentrer en Russie mais de quitter le territoire français".

"Ces hommes ont été des héros militaires, mais on peut être héros et aussi délinquant", a argumenté Mme Ortiz, ajoutant: "Ils ont défendu les valeurs de la République française mais parmi ces valeurs, il y a le respect de l'être humain et l'interdiction d'exploiter financièrement un autre être humain". Elle a requis huit ans de prison et 50.000 euros d'amende contre Timofei A., 39 ans, et Danil K., 32 ans, deux ex-légionnaires russes, qui ont reconnu être à la tête d'un réseau de proxénétisme, tout en affirmant s'être cantonnés à un rôle de "prestataires de services".

La même peine a été réclamée contre la compagne ukrainienne du premier, âgée de 26 ans, "à égalité de responsabilités avec lui", a estimé l'accusation. Contre les trois derniers prévenus, dont Ievgueni N., toujours à la Légion étrangère, des peines de cinq à six ans de prison et 20.000 à 40.000 euros d'amende ont été sollicitées.

Sans balayer les médailles et glorieux états de service obtenus par les prévenus sur des théâtres d'opérations extérieures, la procureure a reconnu que ses réquisitions sont lourdes : "On parle de traite d'êtres humains", a insisté la magistrate, écartant le supposé consentement des victimes.

"Non, elles n'ont pas fait un choix délibéré d'avoir une dizaine de relations sexuelles par jour, avec des individus parfois brutaux et sales. C'est ça l'exploitation humaine", a martelé la procureure, en pointant "une vraie criminalité organisée à bas bruit".

"Elles viennent de leur plein gré, elles sont candidates à la prostitution, mais c'est quoi le consentement lorsqu'elles expliquent le faire pour subvenir aux frais médicaux pour elles-mêmes ou leurs parents. Le fait-on par plaisir ? Non, c'est évident", a poursuivi la magistrate.

La défense -et notamment Me Valérie Coriatt- a réclamé des peines qui ne renverraient pas ces hommes en prison, dénonçant des réquisitions sévères prises "au nom d'un féminisme exacerbé qui en ferait uniquement des salauds quand, pour la République, ils ont été des héros".

"Ils ont fait le sale boulot dégueulasse pour nous, comme mon client qui était contraint au Mali d'aller récupérer des corps en morceaux et de les recomposer pour les comptabiliser", a plaidé l'avocate.

La défense doit achever ses plaidoiries jeudi, avant un jugement attendu vendredi.

 

© Agence France-Presse

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