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McCourt à l'OM, du rêve au ressentiment en 10 ans3min
Par Maritima 16/10/2026 à 15:05
Drôle d'anniversaire à Marseille : il y a dix ans jour pour jour, le 17 octobre 2016, Frank McCourt devenait propriétaire de l'OM, un club pour lequel il avait de grandes ambitions mais qu'il n'a pas réussi à faire gagner et dont la situation plonge les supporters dans l'amertume.
Les images de 2016 sont celles du rêve, de Frank McCourt pouce levé et tout sourire aux côtés du maire d'alors, Jean-Claude Gaudin, et de l'ancienne propriétaire du club Margarita Louis-Dreyfus. L'homme d'affaires américain parlait alors de l'OM comme d'une "marque magnifique" et voulait "concurrencer directement le Paris SG".
Celles de 2026 sont celles du désamour, avec ces banderoles récurrentes au Stade Vélodrome: "McCourt out !" ou "McCourt, game-over !". Les finances sont dans le rouge, l'OM a perdu six des huit matches disputés cette saison et les supporters reprochent au propriétaire de se consacrer à ses projets dans l'équitation (Premier Jumping League) ou le numérique (Project Liberty) plus qu'à l'OM.
Entre-temps, pourtant, sous les présidences de Jacques-Henri Eyraud puis Pablo Longoria, il y a eu de grandes ambitions, de grandes soirées au stade, des entraîneurs réputés (André Villas-Boas, Rudi Garcia, Roberto De Zerbi...), quelques grands joueurs (Dimitri Payet, Adrien Rabiot, Alexis Sanchez, Mason Greenwood...) et des investissements importants, l'entourage du Bostonien avançant le nombre de 800 millions d'euros en 10 ans.
"Je n'avais pas forcément très bien compris il y a 10 ans le niveau d'investissement que ça allait représenter. Mais ça a toujours été un vrai bonheur", a d'ailleurs souri l'intéressé en avril, lors de sa dernière prise de parole publique à Marseille.
Engagement intact
Mais, comme l'a dit à l'AFP un ancien haut dirigeant du club, "la situation actuelle masque tout le reste et l'OM est dans une spirale où tout est vu négativement". "Je suis peiné de voir que ces difficultés font oublier des éléments très importants", relève le même interlocuteur.
"Au plan sportif, l'OM est 2e au classement moyen depuis l'arrivée de McCourt, alors qu'au moment du rachat, il vient de finir 13e. Il y a huit qualifications européennes en 10 ans et une vraie régularité dans la performance", détaille cette source, qui évoque également des "progrès considérables" sur "la formation" ou "les revenus liés au stade".
Dans l'entourage de McCourt, où l'on promet que "son engagement et son attachement au club sont intacts", on rappelle également un chiffre d'affaires presque doublé, des revenus de billetterie et sponsoring multipliés par deux, une affluence sans équivalent au Vélodrome ou l'attention portée à la section féminines et à "13e Homme", le programme d'engagement sociétal du club.
"Cette décennie a été marquée par des évolutions importantes pour l’OM, notamment dans son organisation, son développement commercial et son rayonnement. Le travail accompli est important, même si nous mesurons pleinement les défis auxquels le club est aujourd’hui confronté et les efforts qui restent nécessaires", assure également un proche collaborateur du propriétaire.
Mais le bilan sportif est insuffisant, trois deuxièmes places en championnat et une finale de Ligue Europa (2018) ne masquant pas l'incapacité à menacer le PSG ou à écarter la concurrence de clubs moins dépensiers. Surtout, l'OM de McCourt n'a rien gagné.
"L'absence de titre, c'est une blessure pour tout le monde, reconnait ainsi l'ancien dirigeant interrogé par l'AFP. Et il y a eu des erreurs de communication. Le Champions Project, c'était une erreur."
"Titanic et Radeau de la Méduse"
Alors que les pertes financières se creusent (105 millions d'euros en 2024-2025) et que DNCG et UEFA surveillent l'OM de très près, l’appellation pompeuse du projet initial a effectivement mal vieilli.
Et les supporters, avec qui les directions successives ont eu des relations au mieux fluctuantes, jugent aujourd'hui l'ensemble avec résignation et sévérité.
"Il s'est très mal entouré. Les présidents qu'il a choisis, Eyraud et Longoria, ont été des catastrophes. Le Titanic et le Radeau de la Méduse !", a ainsi déclaré à l'AFP Rachid Zeroual, patron des South Winners, le principal groupe de supporters du club.
"Avec Eyraud, ils s'en sont pris à l'identité marseillaise. Ils n'ont pas compris qu'on ne peut pas faire de l'OM un club lisse alors que les joueurs viennent pour le stade et l'ambiance. C'est son gros échec", a-t-il ajouté.
"L'année prochaine c'est les 40 ans des Winners. Un repreneur serait un beau cadeau", espère aussi Zeroual, comme beaucoup d'autres fans. Mais si le serpent de mer de la vente du club refait régulièrement surface, McCourt se dit simplement ouvert à l'arrivée d'un "partenaire stratégique".
© Agence France-Presse (par S. Touchot)
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