Aubagne
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Politique
Jean-Pierre Squillari, nouveau maire d'Aubagne : « On a tourné une page sombre de notre histoire »3min
Par Maritima 19/04/2026 à 13:00
Invité de l’émission "Rue de la République" (Maritima / La Marseillaise), Jean-Pierre Squillari, élu maire d'Aubagne le 22 mars dernier, revient sur sa victoire et détaille ses premières mesures urgentes. Entre moratoire sur le béton, retour de la proximité et défense de la gratuité des transports, l'ancien pompier veut redonner du souffle à sa ville.
Le 22 mars dernier, Aubagne a basculé. À l'issue d'une triangulaire serrée, Jean-Pierre Squillari a remporté la mairie, reléguant le maire sortant à la troisième place. Pour le nouvel édile, ce résultat est sans appel : « Je l'attribue à un rejet de Monsieur Gazay par les citoyens. (...) On a tourné une page parmi les plus sombres de l’histoire d’Aubagne », a-t-il déclaré au micro de Didier Gesualdi et Léo Purguette.
« Aubagne était devenue triste et sale »
Enfant de la ville, ancien chef du centre de secours d'Aubagne, Jean-Pierre Squillari mise sur sa connaissance intime du terrain. Pour lui, l'urgence est de redonner de l'attractivité au centre-ville : « Il y a quelques années, les gens de la périphérie me disaient : "On ne descend plus à Aubagne, c’est catastrophique, c’est mort, les magasins ferment, c’est sale". »
Le premier grand chantier sera celui de l'urbanisme. Le maire annonce un coup d'arrêt immédiat à la politique de construction de son prédécesseur. « On va faire un moratoire. On va arrêter la bétonisation. Les Aubagnais sont fatigués du bétonnage de leur ville », martèle-t-il, citant notamment des projets contestés à la Plaine de Bodinard ou au pied du Garlaban. Il qualifie par ailleurs de « projet ubuesque » le futur office du tourisme, qu'il juge surdimensionné.
Braderie, Panisse et Mutuelle : les 100 premiers jours
Pour redynamiser le cœur de ville, Jean-Pierre Squillari veut recréer de la vie. Dès le mois de juin, une braderie mensuelle sera lancée : « Une braderie à la mode de Lille, toutes proportions gardées, de manière festive avec des panisses ! Il faut que les commerçants jouent le jeu et ouvrent le rideau. »
Sur le plan social, le maire souhaite s'inspirer de communes voisines comme Fos-sur-Mer ou Pertuis pour lancer une mutuelle communale. « On arrive à faire baisser la cotisation à 50 euros par mois. C'est du gain immédiat sur le pouvoir d'achat », souligne-t-il. Une aide municipale pour les frais d'obsèques est également à l'étude.
Transports gratuits : « On ne pourra pas y échapper »
Pionnière de la gratuité des transports sous les mandats de gauche précédents, Aubagne compte bien défendre ce modèle au sein de la Métropole. Jean-Pierre Squillari va plus loin et prône une généralisation de la gratuité via une augmentation de la "taxe transport" payée par les entreprises : « Si dans les Bouches-du-Rhône, la taxe transport était équivalente à celle de Paris, on pourrait faire les transports gratuits pour tout le département. »
Concernant le Val'tram, le maire reste critique sur le tracé actuel et les retards de chantier : « Monsieur Gazay a fait un caprice. Plutôt que de faire rentrer le tram-train en gare d'Aubagne, il a voulu faire le tour de la ville et défigurer le centre-ville pendant des années. »
Un hôpital et une zone agricole protégée
S'il se réjouit du nouveau tournant de la Métropole sous la présidence de Nicolas Isnard (« un maire qui connaît les problèmes des maires »), Jean-Pierre Squillari reste vigilant sur les dossiers structurants. Il réaffirme son soutien total à la construction du nouvel hôpital d'Aubagne : « Nous sommes favorables, favorables, favorables à la construction du nouvel hôpital, contrairement à ce que disait Monsieur Gazay. »
Enfin, pour préserver l'identité de ce qu'il appelle le « grenier du département », il souhaite créer une Zone Agricole Protégée (ZAP) afin d'empêcher toute spéculation foncière sur les terres nourricières d'Aubagne.
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