Bouches-du-Rhône
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Politique
Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Ce vote nous oblige », réagit Jérémy Bacchi après la victoire de la gauche3min
Par Didier Gesualdi28/09/2026 à 09:32
Au lendemain des élections sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, le sénateur communiste réélu Jérémy Bacchi s'est exprimé au micro de Maritima Radio. Entre satisfaction face aux résultats de la gauche, mise en garde contre la poussée du Rassemblement national et combats budgétaires à venir, retrouvez les moments forts de son interview.
Arrivée en tête du scrutin sénatorial dans les Bouches-du-Rhône avec trois sièges reconduits au Palais du Luxembourg, la gauche signe un retour marquant. Une dynamique analysée le matin même par Jérémy Bacchi, réélu sénateur, sur Maritima Radio.
« Une satisfaction qui nous oblige » : la gauche en tête depuis 20 ans
Interrogé sur les enseignements de ce scrutin, Jérémy Bacchi ne cache pas sa satisfaction tout en insistant sur la responsabilité qui en découle : « C'est la première fois depuis près de 20 ans que la gauche est en tête sur les élections sénatoriales. On réalise un score remarquable et je m'en félicite. Mais on observe aussi qu'un certain nombre de grands électeurs et grandes électrices, pas nécessairement de nos familles politiques respectives, ont porté leur suffrage sur nous. Ce vote effectivement nous oblige. »
Selon le parlementaire, cette confiance imposera une défense ferme des collectivités territoriales : « Cela nous oblige, y compris dans la reconstruction d'une gauche républicaine dans nos départements et plus largement dans la défense de toutes ces mairies, de tous ces maires qu'ils soient de gauche ou sans étiquette. »
Poussée du RN au Sénat : « La gauche est le pôle de résistance »
Le scrutin a également été marqué par l'entrée au Sénat de deux anciens élus Les Républicains désormais investis sous la bannière du Rassemblement national. Une progression qui inquiète le sénateur, sans pour autant le surprendre : « Ce n'est pas parce que c'était plutôt attendu que cela ne nous inquiète pas. On voit bien qu'au moins la droite dite républicaine, historiquement qui a essayé de contenir une poussée de l'extrême droite, aujourd'hui n'est plus du tout en capacité de jouer ce rôle-là. On voit plutôt que c'est la gauche qui est le pôle de résistance à cette extrême droite dans ce département. »
Budget et collectivités : le combat de l'automne au Palais du Luxembourg
Alors que le projet de loi de finances approche de la table des parlementaires avec des menaces d'austérité pour les collectivités locales, Jérémy Bacchi assure que son groupe ne faiblira pas : « On n'est pas de ces parlementaires — et je ne suis pas de ces parlementaires — qui à Paris votent pour l'austérité contre les communes et qui, quelques semaines ou quelques mois après, essaient de se faire réélire en disant "mais je suis l'ami des communes, c'est un scandale cette baisse de dotation". »
Face au contexte économique actuel, le sénateur plaide pour d'autres choix budgétaires : « Dans un contexte de baisse du pouvoir d'achat, de flambée du prix des carburants, il y a d'autres possibilités que de demander aux Françaises et aux Français de se serrer encore un peu plus la ceinture. »
Duel avec Renaud Muselier et perspectives pour 2027
Alors que le président de région Renaud Muselier rejoint également les bancs du Sénat et évoque un rôle de « contre-pouvoir », Jérémy Bacchi réplique : « Ce n'est pas spécifiquement contre Renaud Muselier que je vais croiser le fer. C'est contre toutes celles et tous ceux qui considèrent que l'austérité [...] est le seul horizon possible. »
Quant à l'idée d'un Sénat devenu rempart d'opposition face à l'avenir, Jérémy Bacchi met en garde contre tout défaitisme précoce : « Quand on dit ça ou que Renaud Muselier dit ça, c'est qu'il a déjà anticipé la victoire de l'extrême droite à l'élection présidentielle et probablement l'Assemblée nationale qui suivrait. Nous avons encore la capacité d'empêcher un scénario du pire au printemps 2027. »
Reconstitution du paysage politique local : Stéphane Ravier et Mireille Jouve battus
Le scrutin de dimanche a également scellé la fin de plusieurs mandats marquants dans le département. Stéphane Ravier a perdu son pari et son siège, tout comme Mireille Jouve (La Force du 13). Invité à réagir à ces défaits, Jérémy Bacchi nuance : « C'est le choix des urnes et il faut le respecter. À titre purement personnel, je me réjouis qu'il n'y ait pas un sénateur d'extrême droite supplémentaire au Sénat. » Concernant Mireille Jouve, il précise toutefois : « Elle faisait partie d’un groupe d'opposition au Sénat qui a voté dans 90 à 95 % des cas comme l'ensemble des groupes de gauche. Ça serait malvenu de la mettre sur le même plan que Stéphane Ravier. »
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