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Aide à mourir : les députés redonnent la priorité à l'auto-administration de la substance létale

3min

Par Maritima 25/02/2026 à 16:27

C'était l'un des derniers points chauds du texte sur l'aide à mourir: les députés ont décidé mercredi de refaire de l'auto-administration de la substance létale la règle, et l'administration par un soignant l'exception, peu avant le vote solennel sur l'ensemble de la proposition de loi.

L'Assemblée est revenue sur une disposition adoptée durant l'examen du texte, qui prévoyait le libre choix du mode d'administration pour le patient. Plusieurs amendements en ce sens avaient été adoptés, parfois sur un fil, et des parlementaires avaient ainsi exigé un nouveau vote.

Car le point était crispant pour certains d'entre eux, qui avaient déclaré ne plus pouvoir soutenir le texte si ce changement était maintenu.

Ce dernier prévoit donc à nouveau, comme à son arrivée dans l'hémicycle, que le malade s'administre lui-même le produit, sauf s'il n'est "physiquement pas en mesure de le faire", auquel cas un médecin ou un infirmier s'en chargera.

Le rapporteur général Olivier Falorni (groupe MoDem) s'est déclaré favorable à ce statu quo, au nom de l'"équilibre" trouvé en première lecture, au printemps dernier.

Une personne peut souhaiter, dans ses derniers instants, "consacrer son énergie aux personnes qui l'entourent" et non au geste à effectuer, a regretté la socialiste Océane Godard.

L'auto-administration permet de "vérifier la volonté libre et éclairée du malade qui a fait la demande jusqu'au bout", a rétorqué Agnès Firmin-Le Bodo (Horizons).

Mercredi, les députés se sont également à nouveau prononcé sur la caractérisation de la "souffrance" ouvrant la possibilité de demander une aide à mourir.

Le texte prévoyait que le patient doive présenter une souffrance "physique ou psychologique", mais, à l'initiative du gouvernement, les députés ont supprimé cette notion, précisant qu'une "souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l'aide à mourir".

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a pris l'exemple d'une personne "à qui on annonce un cancer de stade avancé avec un pronostic vital engagé, sans douleur physique significative mais présentant une détresse psychologique".

Une demande d'aide à mourir pourrait alors "refléter une vulnérabilité transitoire plutôt qu'une volonté libre et éclairée" or, sans la précision adoptée mercredi, elle aurait pu permettre d'accéder à l'aide à mourir, a-t-elle argumenté.

M. Falorni a lui regretté qu'il soit procédé à "une hiérarchie des souffrances", entre les souffrances physiques, "et les souffrances psychologiques qui, même jugées insupportables par la personne concernée, seraient réputées insuffisantes".

 

© Agence France-Presse

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