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A Marseille, fin de campagne tendue face à une municipale incertaine3min
Par Maritima 12/03/2026 à 09:06
A trois jours du premier tour d'une municipale incertaine à Marseille, où le maire sortant de gauche et le RN sont donnés au coude à coude, la campagne électorale se tend et la configuration du deuxième tour s'annonce décisive.
Le basculement à gauche de la deuxième ville de France, après 25 année de règne de Jean-Claude Gaudin (LR), avait constitué un des chocs des municipales de 2020. Son éventuelle conquête par l'extrême droite le 22 mars serait un coup de tonnerre, à un an de la présidentielle.
Alertes sur l'éventualité de fraudes, opérations de déstabilisation venant de l'étranger visant le candidat LFI, refus de débat collectif à la télé locale... Les soubresauts sont nombreux et témoignent de l'enjeu du scrutin.
Selon un dernier sondage Opinionway pour CNEWS, Europe 1 et le JDD, réalisé du 4 au 9 mars et publié mercredi, le maire sortant Benoît Payan, à la tête d'une coalition gauche-écolos-société civile et le candidat du RN Franck Allisio font toujours la course en tête, avec respectivement 36% et 34% d'intentions de vote au premier tour. Loin devant la candidate de la droite et du centre Martine Vassal (13%) et le candidat LFI Sébastien Delogu (12%).
C'est donc la configuration du deuxième tour qui sera cruciale, illustrant les controverses à l'échelle nationale sur les alliances ou non à gauche et une éventuelle porosité droite-extrême droite.
En cas de quadrangulaire, la liste Payan est donnée par ce dernier sondage à 40% (ce qui lui permettrait d'avoir la majorité absolue au conseil municipal avec le mode de scrutin issu de la réforme de la loi PLM), devant celle de M. Allisio (36%), Mme Vassal obtenant 13% et M. Delogu 11%.
Si la liste LFI se retirait, M. Payan atteindrait alors 50%, loin devant M. Allisio (37%) et Mme Vassal (13%), toujours selon ce sondage réalisé sur un échantillon de 818 personnes inscrites sur les listes électorales à Marseille, avec une marge d'erreur de 1,2 à 3,5.
Dynamique vs réserves
Martine Vassal, la candidate soutenue par Renaissance, LR, Horizons et l'UDI, fragilisée pendant la campagne notamment après avoir repris à son compte le triptyque pétainiste "Travail, famille, patrie", a semblé un temps hésiter sur son attitude au deuxième tour. Mais elle martèle désormais qu'elle se maintiendra et que "jamais Marseille, ville multiculturelle et ouverte, n'élira un maire RN".
Dans le camp du candidat RN, où un des enjeux sera donc de creuser au maximum l'écart avec Mme Vassal, on veut croire à une victoire qui serait un "séisme" selon Benoît Payan, même si les sondages pointent de faibles réserves de voix entre les premier et deuxième tour.
"Nous sentons une dynamique qui mobilise tous ceux qui veulent l'alternance", assure le directeur de campagne de M. Allisio, Olivier Rioult, évoquant même une "union sacrée" qui se dessinerait autour du candidat frontiste, lui-même passé en 2015 de l'UMP au Front national (à l'époque).
A gauche l'enjeu se porte aussi sur ces transferts de voix, meilleurs dans toutes les configurations à en croire les sondages. Benoît Payan, fort de son avance conséquente sur LFI, insiste sur un désistement pur et simple face au "danger de l'extrême droite". Car non seulement LFI est en posture difficile au niveau national, mais localement M. Delogu ne ménage pas ses attaques contre lui.
Troisième sur la liste du maire sortant, le médiatique militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, menacé et sous haute protection policière, a profité d'une rare sortie sur le terrain mardi pour marteler le message. "Dès le premier tour, le bulletin qui permettra de combattre l'extrême droite, le bulletin qui permettra d'être un rempart au RN, c'est celui du Printemps Marseillais", a-t-il lancé, accusant le député LFI Sébastien Delogu d'être "le marchepied de l'extrême droite".
Dénonçant ces appels au vote utile, la liste "Marseille fière et populaire" emmenée par LFI appelle à un "front antifasciste" commun. "Si vous êtes en tête au premier tour, vous portez la responsabilité de vaincre le RN, il faut additionner et non soustraire", dit Hedi Bounouar, directeur de campagne.
Et de lâcher: "Si nous sommes qualifiés pour le deuxième tour, nous y serons d'une façon ou d'une autre".
© Agence France-Presse (par S. Orjollet)
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