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Samia Ghali, nouvelle présidente de la RTM : « Le transport, c'est notre bouffée d'oxygène »3min
Par Maritima 03/05/2026 à 13:00
Invitée ce dimanche de l'émission "Rue de la République" (Maritima / La Marseillaise), Samia Ghali, fraîchement élue à l'unanimité à la tête de la RTM, a dévoilé sa feuille de route. Entre urgence climatique, crise financière et équité territoriale, l'élue marseillaise affiche sa détermination à transformer la Régie des Transports Métropolitains.
C'est une élection qui marque un tournant. Samia Ghali succède à Catherine Pila à la présidence de la RTM. Pour celle qui est aussi maire-adjointe de Marseille, le défi est immense, mais le transport est le socle de tout : « C'est notre bouffée d'oxygène au sens propre et figuré. Cela permet de mieux respirer, d’avoir moins de véhicules. C’est aussi le poumon économique : qui dit pas de transport, dit pas de développement économique », a-t-elle martelé au micro de Didier Gesualdi et Léo Purguette.
Priorité à la maintenance et à la « capillarité »
Face aux critiques récurrentes sur la fiabilité du réseau, Samia Ghali ne fuit pas les réalités du terrain. « Souvent les chauffeurs de bus me disent : "notre problème, ce sont les bus qui tombent en panne". La maintenance devient une question centrale. On ne peut pas avoir un transport en commun qui passe son temps à tomber en panne ».
Au-delà des grands chantiers comme l’extension du tramway vers le Nord (La Bricarde), la nouvelle présidente souhaite s’attaquer aux « angles morts » du réseau : « Il y a tous les transports au quotidien, les petits kilomètres qui manquent, les petits mètres qui manquent pour accompagner tel territoire perché qui se retrouve coupé du monde. »
Financement : Samia Ghali veut augmenter la taxe sur les entreprises
Le sujet brûlant reste le financement. Alors que le budget de la Métropole n’a toujours pas été voté, Samia Ghali prône une augmentation du Versement Mobilité (VM), une taxe payée par les entreprises de plus de 11 salariés.
« À Marseille, on est à 2%. À Paris, ils ont dépassé les 3,17%. Il y a encore un peu de marge », souligne-t-elle, malgré l’opposition de l'UPE 13. Pour elle, les entreprises sont les premières bénéficiaires d'un réseau performant : « Est-ce qu'on ne fait pas de tramway sur le littoral alors que c'était demandé par les entreprises là-bas, sous prétexte que l'UPE 13 est contre le versement mobilité ? On ne peut pas s'autoflageller. »
Sa position est claire : « Ou on met la clé sous la porte et on dit "il n'y a plus de transport à Marseille", ou on revoit le versement mobilité à la hausse. »
Métro de nuit : « On va regarder si on peut gratter une heure »
Sur la question de la fermeture du métro en soirée pour travaux, Samia Ghali promet une approche pragmatique. Elle annonce une visite nocturne prochaine avec les élus et les journalistes pour constater l'avancement du chantier de modernisation.
« Je vais faire faire un audit flash. On m’explique qu'il y a des questions techniques, on ira sur place. On verra si on peut reculer les travaux de nuit pour gagner une heure ou une demi-heure de circulation pour les usagers », a-t-elle avancé, refusant de faire des promesses sans avoir vérifié la faisabilité technique.
Vers une tarification sociale plutôt que la gratuité totale
Interrogée sur la gratuité des transports (déjà en place à Aubagne), Samia Ghali se montre réservée sur une généralisation totale. Elle privilégie la tarification sociale : « Je vois des seniors me dire : "je gagne bien ma vie, je peux me payer ma carte de bus". Pourquoi on laisse la gratuité à ceux qui peuvent payer ? »
Elle pointe surtout une injustice envers les jeunes de 16 à 26 ans, aujourd'hui exclus de certaines gratuités alors qu'ils sont les plus précaires. « Ces jeunes continuent à frauder. La fraude représente 28 millions d'euros par an non récupérés sur 119 millions de recettes. Il faut regarder les choses de manière très terre à terre. »
Marseille, « terre de résistance »
Samia Ghali a conclu l'entretien sur une note politique forte, défendant l'action du "Printemps Marseillais" face à la montée du Rassemblement National : « Je suis très heureuse que ce soit nous à la tête de la ville, et pas le "Printemps de l'ombre" du RN. Marseille doit rester une terre de résistance. On a prouvé aux dernières élections qu'on résistait plus qu'ailleurs. »
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