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Audrey Garino : « On ne peut pas tout concentrer à Marseille, l'équilibre territorial est nécessaire »3min
Par Maritima 17/05/2026 à 13:00
Invitée de l’émission "Rue de la République" (Maritima / La Marseillaise), Audrey Garino, adjointe au maire de Marseille en charge du logement et nouvelle présidente de Provence Métropole Logement, détaille sa feuille de route. Entre lutte contre l’habitat indigne, encadrement des loyers et pression des meublés de tourisme, l'élue PCF appelle à un sursaut de solidarité de la part des communes périphériques.
C’est l’un des dossiers les plus brûlants de la cité phocéenne. Audrey Garino a hérité d’une délégation « lourde », désormais élargie à l’hébergement d’urgence. Au micro de Didier Gesualdi et Léo Purguette, elle affiche une ambition claire : structurer un véritable « parcours du logement », de la rue jusqu’au logement privé.
« Le stock d'habitat indigne commence à réduire »
Après six années de travail « proactif », l’élue note les premiers signaux encourageants sur le front de l'insalubrité. « Nous avons un peu moins de signalements, preuve que le travail porte ses fruits, mais on part de très loin », confie-t-elle. Pour accélérer la cadence, la Ville s'appuie désormais sur des outils comme la Société Publique Locale d'Aménagement d'Intérêt National (SPLA-IN), à laquelle 34 immeubles du centre-ville ont été transmis pour réhabilitation intégrale.
Audrey Garino plaide également pour une extension du permis de louer. Actuellement limité à certains périmètres de l’hypercentre et des quartiers Nord, l'outil doit, selon elle, « coller à la cartographie de l'indécence ».
Logement social : Marseille, « locomotive » trop isolée ?
Sur la question de la production de logements, l'adjointe rappelle les objectifs votés en 2024 : 4 500 logements par an, dont 2 300 sociaux. « Nous avons rattrapé le tir. En 2025, la Ville a agréé 2 480 logements sociaux, dont les trois quarts sont du très social (PLAI/Plus) », précise-t-elle, revendiquant un taux d'atteinte des objectifs de 103% sur la dernière période triennale.
Mais ce volontarisme marseillais se heurte, selon elle, à l'inaction de certaines communes voisines. « Marseille produit à elle seule 55% des logements sociaux de la Métropole alors qu'elle ne pèse que 46% de la population. On ne peut pas assumer l'ensemble des charges de centralité », martèle l'élue, visant sans les nommer des communes comme Allauch ou Plan-de-Cuques. « Je demande aux maires de sortir d'une posture politique pour répondre à de vrais besoins. »
Airbnb et vacance : « Un phénomène de marchandisation du logement »
Face à la prolifération des meublés de tourisme type Airbnb, Audrey Garino assume une ligne de fermeté. « Aujourd'hui, on estime que 2 000 logements par an sortent du parc locatif traditionnel. C'est un sur deux par rapport à notre production », alerte-t-elle.
L’élue rappelle que la Ville est « au taquet » des contraintes légales (abaissement à 90 jours pour les résidences principales, obligation de compensation pour les résidences secondaires). « Moins d'un tiers des propriétaires de meublés de tourisme sont Marseillais. C'est un investissement locatif, une marchandisation. La Ville n'est pas un eldorado du tourisme, c'est une ville où il faut d'abord loger ses habitants. »
Quant aux logements vacants, elle regrette que le pouvoir de réquisition reste entre les mains du Préfet. « La vacance se nourrit de l'indignité. Nous aimerions avoir cet outil entre nos mains pour remettre ces logements sur le marché ».
Provence Métropole Logement : améliorer le cadre de vie
Récemment élue présidente de Provence Métropole Logement (ex-HMP), Audrey Garino veut faire de la gestion quotidienne une priorité. « La qualité de vie passe par les pieds d'immeubles, les poubelles, les ascenseurs qui fonctionnent. On doit cela à nos résidents ».
Grâce à une relation désormais « apaisée » avec la Métropole, elle espère régler plus efficacement les problèmes de propreté et d'encombrants au sein des cités. « Marseille se positionne comme un gendarme du logement, pour que plus aucun habitant ne subisse l'indignité », conclut-elle.
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