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Politique
David Ytier (Métropole) : « Le budget du Préfet sème la zizanie entre les communes »2min
Par Maritima 21/06/2026 à 13:00
Invité de l'émission "Rue de la République" (Maritima / La Marseillaise), David Ytier, vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence en charge des finances, ne décolère pas après la décision du Préfet sur le budget métropolitain. Entre économies massives et bras de fer avec l'État sur la fiscalité des transports, le "grand argentier" décrit une institution à bout de souffle.
C’est une séquence politique et financière inédite que traverse la plus grande métropole de France. Après le refus des élus de voter le budget le 7 avril dernier, le Préfet a rendu sa copie. Une décision qui, selon David Ytier, loin de régler le problème, exacerbe les tensions territoriales.
« Une manœuvre techniquement impossible »
Le Préfet a choisi de suivre une piste que même les magistrats de la Chambre Régionale des Comptes (CRC) jugeaient glissante : amputer les attributions de compensation (AC) reversées par la Métropole aux communes.
« Le Préfet va sur un terrain sur lequel les magistrats disaient qu’ils ne pouvaient pas aller », déplore David Ytier au micro de Didier Gesualdi et Léo Purguette. Pour l’élu salonais, cette recommandation est un mirage juridique : « Pour mettre en œuvre cette préconisation, il faut faire voter le conseil métropolitain aux deux tiers, puis que chaque conseil municipal des 92 communes valide en son sein cette diminution. Autant dire que ce sujet n'existe pas politiquement. »
Pour le vice-président aux finances, l'État joue un jeu dangereux : « La solution de l'État, c'est d'aller faire les poches des communes. Pour sauver la Métropole, on rend le modèle des communes invivable. On est dans quelque chose de totalement fou. »
90 millions d'euros d'économies déjà identifiés
Malgré l'impasse actuelle, David Ytier souligne que la Métropole a fait sa part du chemin. Sur les 144 millions d'euros de déficit identifiés par la CRC, 90 millions d'économies ont été actés dans le budget de fonctionnement.
Un symbole fort de cette cure d'austérité ? La fin du magazine métropolitain. « Est-ce qu’on avait besoin de lancer un magazine distribué à 600 000 exemplaires qui coûtait un million d’euros ? On dit non. On préfère que ce million revienne sur des politiques essentielles comme les transports », martèle l'élu.
Le cri du cœur vers l'État : « Donnez-nous les mêmes outils qu'à Paris »
Le nœud du problème reste le financement des transports, dont le modèle marseillais est le plus fragile de France avec seulement 15 à 18 % de financement par les usagers (contre 25 % ailleurs). David Ytier réclame le déplafonnement du Versement Mobilité (VM), une taxe payée par les entreprises, sur le modèle de ce qui a été accordé à l'Île-de-France. « Pourquoi les bonnes solutions sont proposées à Paris et pourquoi sur nous l’État reste aveugle ? On ne demande pas de chèque à l'État, on demande des outils fiscaux pour faire contribuer un panel plus large en répartissant l’effort. »
À titre d'exemple, David Ytier précise que « 0,1 % de Versement Mobilité supplémentaire équivaut à 200 euros d'impôt foncier en moins par contribuable sur le territoire ».
Quel avenir pour le modèle métropolitain ?
Interrogé sur la survie de l'institution, le constat est sans appel : « Le modèle est à bout de souffle. Il y a 10 ans, beaucoup disaient que cette métropole ne tiendrait pas car elle n'aurait pas les outils pour assumer ses ambitions. Nous y sommes. »
David Ytier prévient : si rien ne change dans la loi de finances ou après les prochaines échéances nationales, la situation de 2027 sera encore plus critique. « Il faut revoir le modèle financier de la Métropole, sans quoi elle finira par s’éteindre. »
Enfin, concernant les 8 000 agents de la collectivité, le vice-président se veut rassurant : « L’objectif n'est pas d'aller mettre un coup de bambou ou de baisser les salaires. On regarde la réorganisation des heures supplémentaires ou le freinage de certains recrutements, mais il faut bien faire tourner le service public. »
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