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Visite surprise à Marseille : Emmanuel Macron salue le maintien de l'ordre et promet des « annonces fortes » face à la crise sociale5min
Par Norhène Ouerfelli26/10/2026 à 14:09
En visite ce lundi matin dans la cité phocéenne, le chef de l’État est venu apporter son soutien aux autorités locales après les violences du 17 octobre. Défendant le dispositif sécuritaire déployé lors des dernières manifestations, Emmanuel Macron annonce des réponses politiques imminentes pour le monde lycéen et appelle au calme à six mois de l'élection présidentielle.
Maintien de l'ordre le 24 octobre : « L'organisation et l'anticipation ont été là »
Au lendemain d'un week-end de mobilisation nationale, Emmanuel Macron s'est rendu à Marseille aux côtés du maire et des autorités préfectorales pour dresser un premier bilan des opérations de maintien de l'ordre : « J'ai tenu à venir à Marseille ce matin pour être aux côtés de M. le maire et de l'ensemble de ses équipes... aux côtés aussi du préfet de région, de la préfète et de l'ensemble des forces de sécurité intérieure qui ont tenu et conduit un très bon travail ce samedi dernier. »
Le président est revenu sur le déroulement des récentes manifestations à travers le pays, le président de la République a souligné la protection accordée aux biens et aux institutions : « Samedi, les manifestations se sont tenues dans tout le pays et l'ordre aussi a été tenu. Les commerces ont été protégés, les bâtiments publics ont été protégés. On a encore près de 80 commerces qui ont été impactés en France entière, c'est toujours trop... mais l'organisation et l'anticipation ont été là. Nous avons pu tenir et protéger, et c'était la mission première. »
À ses côtés, le maire de Marseille a également tenu à saluer le travail de l'État et des forces de l'ordre : « Je veux remercier le ministre de l'Intérieur qui est venu, et tout le gouvernement et toutes les forces de sécurité intérieure parce qu'elles ont été là. D'abord, elles ont permis que les manifestations puissent se passer correctement dans ce pays parce que c'est un droit constitutionnel, que les manifestants ne sont pas des casseurs, que les casseurs sont des voyous qui n'ont pas de revendications... leur place n'est ni dans les manifestations, mais bien devant un juge. »
Images et interviews : Remy Reponty - Maritima Médias
Failles du 17 octobre : le chef de l'État reconnaît un manque d'anticipation
Le chef de l'État est aussi renevu sur les violences survenues une semaine plus tôt, le 17 octobre, et les critiques formulées par la municipalité concernant le manque d'effectifs sur le terrain, Emmanuel Macron a reconnu en toute transparence une sous-estimation de la situation : « C'est tout à fait vrai qu'à Marseille comme ailleurs, il n'y avait pas cette force le 17 octobre, on le sait très bien, parce qu'on n'avait pas du tout anticipé ce qui s'est passé. C'est-à-dire que le 17 octobre n'avait pas été anticipé le fait qu'on aurait autant de forces d'ultra-gauche qui se mobiliseraient dès très tôt le matin de manière très atypique... On n'avait pas anticipé que l'on aurait, au-delà de cette mobilisation de l'ultra-gauche, aussi de la délinquance qui viendrait dessus. Donc les forces de police n'étaient pas dûment proportionnées. »
Réfutant les critiques passées sur l'absence de proclamation de l'état d'urgence, le président a affirmé la fermeté de l'exécutif : « On tient la République et l'ordre public aujourd'hui sans l'état d'urgence. Ça ne veut pas dire que si les choses devaient se dégrader, c'est un interdit ou un tabou. Ça veut dire qu'on est rigoureux, qu'on est ferme, mais qu'on est républicain. »
Mouvement lycéen et vie chère : des annonces gouvernementales attendues dès cet après-midi
Face aux racines de la contestation, le chef de l'État entend différencier le traitement de la délinquance de celui des revendications sociales et de la jeunesse : « Ce que nous vivons aujourd'hui n'est pas comparable avec ce que nous avions vécu à l'été 2023... Ce que nous vivons aujourd'hui, c'est d'abord une mobilisation sociale, sociale et politique, qui a des racines dans la mobilisation lycéenne d'une part, et dans la vie chère d'autre part. Et donc ça, ça se traite par la discussion, il y a une réponse politique et sociale. »
Révélant s'être entretenu longuement avec les représentants des jeunes, Emmanuel Macron a annoncé l'intervention imminente du Premier ministre : « J'ai passé près de trois heures avec les représentants d'associations et de syndicats lycéens et des conseils académiques de la vie lycéenne... J'ai pris des engagements vis-à-vis d'eux, j'en ai fait part au Premier ministre et aux ministres... Le Premier ministre va recevoir les représentants du monde lycéen et le CNVL cet après-midi avec des annonces fortes et des avancées... Le Premier ministre avec les ministres annonceront plusieurs décisions concrètes et massives. »
Réseaux sociaux et échéance présidentielle : l'appel au débat démocratique
Interpellé sur l'influence des plateformes numériques dans la propagation des violences, le président a pointé du doigt leur rôle amplificateur : « Les réseaux sociaux abîment nos démocraties parce qu'ils polarisent, parce qu'ils créent une espèce de sidération devant les scènes de violence, parce qu'ils sont pour certains des instruments de mobilisation du pire... Il y a aujourd'hui une grande confusion, une forme d'excitation permanente qui est en train de se faire, une fascination pour la violence. On doit casser ceci. »
À l'approche des prochaines grandes échéances électorales, le maire de Marseille tout comme le président de la République ont appelé à la sérénité et au respect des institutions républicaines : Le maire de Marseille : « Quand on est face à une crise politique de cette ampleur-là... il faut des réponses. Il n'y a pas dans cette circonstance de place pour des accusations qui seraient simplement stériles, pour de l'invective ou pour de l'injure. Nous devons avoir des débats démocratiques et nous avons des désaccords, et c'est ce que la démocratie impose : de vivre légitimement nos désaccords, de manifester paisiblement... » Emmanuel Macron : « Nous sommes à six mois d'une élection présidentielle. C'est le moment de débat normalement, c'est pas le moment de la violence ! C'est précisément le moment où on peut exprimer ses accords et ses désaccords pour faire émerger des propositions politiques qui permettront de décider pour notre avenir. Notre pays, qui est une grande démocratie, mérite un beau et grand débat démocratique pour ces élections présidentielles. »
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