Métropole d'Aix-Marseille-Provence
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Politique
Marseille et sa métropole sur le point d'enterrer la hache de guerre3min
Par Maritima 06/04/2026 à 15:18
La guerre entre la ville de Marseille et la métropole est-elle terminée? Après la cinglante défaite de la présidente sortante aux municipales, c'est l'espoir nourri par les élus marseillais frustrés par des années d'opposition stérile et leurs voisins fatigués de ces blocages.
Pendant six ans, la métropole Aix-Marseille-Provence (AMP), dirigée par Martine Vassal (DVD), par deux fois candidate malheureuse à la mairie de Marseille, a systématiquement "puni" la ville de son rival de gauche Benoît Payan, estime ce dernier, largement réélu le 22 mars.
La métropole a notamment en charge les transports, la propreté et la voirie dans la deuxième ville de France et les deux exécutifs n'ont cessé de se renvoyer la balle sur ces sujets clivants.
Mais avec à peine plus de 5% au deuxième tour des municipales, la liste marseillaise menée par Mme Vassal n'a obtenu que 4 conseillers métropolitains. Elle a aussitôt renoncé à se représenter.
Et après des discussions sur une nouvelle gouvernance, c'est le maire de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard (LR), qui devrait être élu mardi président de la métropole la plus étendue de France, avec 1,8 million d'habitants et cinq milliards d'euros de budget.
La candidature d'un non-Marseillais, sur un projet "de consensus", semble faire l'unanimité. Le quinquagénaire veut faire de la collectivité "un outil de coopération au service des maires, à disposition des maires, pour les aider à réussir leur politique publique".
Il a obtenu, en plus du soutien de la majorité de ses collègues des plus petites communes, celui des deux mastodontes d'AMP: le Marseillais Payan et la maire UDI d'Aix-en-Provence Sophie Joissains.
Réélu au premier tour dans sa ville de l'ouest des Bouches-du-Rhône, Nicolas Isnard "sillonne" depuis des mois les 92 communes de la métropole, "du littoral à la montagne, de La Barben et ses 600 habitants à Marseille avec son million d'habitants".
"Métropole apaisée"
Il en tiré un constat: les édiles rejettent cette "technostructure éloignée des réalités du terrain", minée par les querelles politiques qui "polluent l'outil".
Des "chicayas" dénoncées par le président Macron lui-même en 2021, lassé de mettre l'argent de son plan Marseille en grand "dans un système qui continue à garder les mêmes freins".
Après une rencontre avec Nicolas Isnard lundi, Benoît Payan a déclaré au quotidien régional La Provence : "Nous avons la même vision d'une métropole apaisée au service des habitants, dans laquelle Marseille aura toute sa place".
La cité phocéenne pèse la moitié des habitants de la métropole et sa majorité municipale enverra 67 élus sur 238 au conseil métropolitain.
Pas assez pour espérer faire basculer la collectivité à gauche, mais suffisant pour peser sur l'exécutif.
"Le maire de Marseille veut reprendre ses outils", explique à l'AFP son adjointe à l'éducation populaire et aux mobilités, Marie Batoux. "M. Isnard assure que la RTM [le réseau de transport marseillais, ndlr] et la compétence métropolitaine des transports seront à la main des villes", rappelle-t-elle. Benoit Payan compte bien y placer un membre de sa majorité.
"Circuler à Marseille ne doit plus être le cauchemar que nous connaissons aujourd'hui du fait de la négligence de la Métropole", avait fustigé pendant la campagne M. Payan, qui "exige" une nouvelle extension du tramway vers le Nord, l'Est et le Sud et 300 km de pistes cyclables.
"Traumatisé"
Les luttes intra-marseillaises ont épuisé les maires des autres communes métropolitaines.
"Tout le monde a été un peu traumatisé," raconte M. Isnard, "on voyait les balles passer au-dessus de nos têtes". Aujourd'hui, il se rêve en casque bleu et espère montrer que "quand on veut se rassembler pour réussir, on peut le faire".
Le maire divers gauche de Vitrolles, Loïc Gachon, un temps tenté par la présidence, assure aujourd'hui accepter la candidature du camp de droite, "légèrement majoritaire" et se dit "disponible" pour un poste dans l'exécutif métropolitain. A condition toutefois de ne pas "siéger avec le RN", ce que n'envisage pas M. Isnard.
Les élus RN marseillais, deuxièmes aux municipales et qui seront 30 à siéger à la métropole, ne devraient donc pas pouvoir peser sur l'élection à sa présidence. Leurs principaux chefs de file n'ont pas répondu aux sollicitations de l'AFP.
© Agence France-Presse (par . J. Pacorel)
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