Métropole d'Aix-Marseille-Provence
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Politique
Déficit de 123 millions d'euros à la Métropole Aix-Marseille : les maires menacent de ne pas voter le budget pour protester contre l'Etat3min
Par Maritima 22/04/2026 à 07:01
Les maires de la métropole Aix-Marseille-Provence ont réclamé mardi à l'Etat d'intervenir pour l'aider à combler un déficit de 123 millions d'euros, menaçant de ne pas voter le budget 2026 pour "protester" contre une baisse des dotations aux collectivités.
"Les maires menacent de ne pas voter le budget métropolitain" le 28 avril, pour "protester contre l'insoutenabilité" d'une baisse "continue" des dotations de l'Etat, qui "les place dans l'impossibilité d'équilibrer le budget", indique un communiqué de l'institution.
Une réunion avait été convoquée mardi "en urgence" pour permettre aux 92 édiles de discuter des finances de la métropole la plus étendue de France, avec 1,8 million d'habitants et cinq milliards d'euros de budget.
Dans le communiqué publié à l'issue de cette réunion, les maires lancent "un appel solennel à l'Etat (...) pour l'avenir de la Métropole, de ses communes et de ses habitants".
Ces difficultés interviennent alors que la métropole d'Aix-Marseille-Provence, longtemps siège d'une bataille féroce avec la mairie de Marseille, espérait se relancer à la faveur de l'élection d'un nouveau président de consensus, le maire de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard (LR).
Le nouvel exécutif désigné début avril alerte sur l'ampleur du trou budgétaire qui résulte d'une "baisse de dotation de l'Etat de 120 millions d'euros en deux ans" mais également des frais de fonctionnement liés à "l'augmentation de l'offre de transport", selon la métropole.
Marseille, qui souffre d'un grand retard d'infrastructures, est en effet engagée dans l'ambitieux plan "Marseille en grand" lancé par le président Emmanuel Macron pour développer notamment écoles et transports dans la deuxième ville de France.
Aujourd'hui face à un "mur de financement", la métropole a élaboré un "plan d'économie d'urgence" portant sur un peu plus de 30 millions d'euros, notamment en diminuant les dépenses de communication ou en supprimant certains évènements.
Pour trouver les sommes restantes, la collectivité demande à l'Etat "le déplafonnement du Versement Mobilité". Pouvoir augmenter cette taxe payée par les entreprises serait "le seul levier permettant d'équilibrer le budget", affirme le communiqué.
D'autres pistes ont été débattues, sans accord de tous les maires à ce stade: augmentation des tarifs des transports, hausse de la fiscalité des particuliers et des entreprises, baisse des subventions aux associations.
Le non-vote du budget serait un "message à l'Etat" pour "le mettre face à ses responsabilités", a indiqué à l'AFP un participant à la réunion de mardi.
Le "risque principal" serait "une mise sous tutelle" de la métropole par l'Etat, reconnaît ce participant.
Une hypothèse contre laquelle le maire de Marseille, Benoît Payan, avait mis en garde, prévenant la semaine dernière sur France Info qu'une mise sous tutelle "entraînerait des séismes en cascade".
© Agence France-Presse
Photo Mikaël Royon Métropole
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