Métropole d'Aix-Marseille-Provence
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Politique
Budget de la Métropole Aix-Marseille-Provence : Benoît Payan monte au créneau avant un vote incertain2min
Par Didier Gesualdi10/09/2026 à 13:47
Ce jeudi 10 septembre, le conseil de la Métropole Aix-Marseille-Provence se réunit dans un climat de vive tension. Au cœur des débats : une nouvelle proposition de budget modifiée par le président Nicolas Isnard, qui divise profondément les élus. Benoît Payan, maire de Marseille, a réaffirmé son opposition farouche à cette copie budgétaire, jugeant la situation « difficile à comprendre ».
L'institution métropolitaine est sous pression. Après un premier rejet du budget au printemps — ayant contraint le préfet à reprendre la main sur les finances — Nicolas Isnard (LR) tente aujourd'hui de faire adopter une version modifiée. Une proposition qui, loin d’apaiser les tensions, suscite l'incompréhension de nombreux élus, dont le maire de Marseille, Benoît Payan.
Un déséquilibre financier au cœur de la discorde
Le budget de la Métropole accuse un déséquilibre structurel de 144 millions d’euros. Pour combler ce déficit, la précédente tentative d’économie portait sur les Attributions de Compensation (AC) versées aux communes, une mesure jugée « indue » par la Chambre régionale des comptes.
Aujourd'hui, Nicolas Isnard propose de se tourner vers une autre enveloppe : les Dotations de Solidarité Communautaire (DSC). Une manœuvre que Benoît Payan dénonce avec fermeté : « Admettons que la proposition du président ne passe pas. Et c'est là qu'il y a quand même un sujet que j'ai du mal à comprendre. Si cette proposition ne passe pas et que les AC sont touchées, c'est la Métropole qui va empocher les 53 millions d'euros sur le dos des communes. »
Le maire de Marseille appelle à la cohérence
Pour le maire de Marseille, le vote de cet après-midi dépasse le simple cadre comptable. Il s'agit d'une question de responsabilité politique. Refusant de cautionner une mesure qui pèse lourdement sur les finances communales, il plaide pour une solution concertée plutôt que pour des ajustements unilatéraux : « J'aimerais qu'ils le comprennent ça. Parce qu'en fait, vous venez de mettre le doigt sur tout le sujet. C'est que à bon compte, on va faire porter à Marseille une forme de tranquillité financière pour le président de la Métropole en disant : "c'est de la faute des Marseillais". Parce qu'il y avait une autre solution. Elle était plus difficile pour le président de la Métropole, mais là, rendez-vous compte, ça y est : il y a un bouc émissaire, c'est Marseille. »
Quel avenir pour le budget métropolitain ?
Le vote s’annonce très incertain. Si la nouvelle copie budgétaire de Nicolas Isnard ne parvient pas à réunir la majorité des deux tiers des voix, la version initiale imposée par le préfet pourrait rester la référence.
Benoît Payan, qui a tenté en vain de reporter la séance, ne mâche pas ses mots face à ce qu'il considère comme une injustice : « C’est encore Marseille, mais Marseille n'a pas à payer pour les autres, ça c'est n'existe pas. On est prêt à faire des efforts, mais qui ne peuvent pas être cinq fois supérieurs, c'est un effort cinq fois supérieur aux autres !»
Face à cette impasse, le maire de Marseille entend bien défendre l'autonomie financière de sa ville, tout en pointant du doigt les incohérences d'une gestion métropolitaine qu'il juge déconnectée des réalités locales.
Le dénouement du scrutin, prévu ce jeudi, sera déterminant pour la suite de la gouvernance de la Métropole Aix-Marseille-Provence.
Points clés du conseil métropolitain :
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Déficit : 144 millions d'euros.
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Enjeu : Arbitrage entre les Attributions de Compensation (AC) et les Dotations de Solidarité Communautaire (DSC).
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Position de Marseille : Benoît Payan appelle à ne pas faire de la ville le « bouc émissaire » des difficultés budgétaires de l'institution.
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Enjeu du vote : Une majorité des deux tiers est requise pour modifier la copie budgétaire du préfet.
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