Miramas
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« Une véritable saignée » : à la veille du budget métropolitain, le maire de Miramas Frédéric Vigouroux fustige les coupes de l'État et défend la hausse ciblée des transports3min
Par Didier Gesualdi14/10/2026 à 13:13
Invité de la rédaction de Maritima ce matin, Frédéric Vigouroux, maire de Miramas et vice-président de la Métropole Aix-Marseille-Provence délégué aux transports, a livré un plaidoyer offensif. À la veille du vote du budget de l'institution, l’élu a justifié la refonte tarifaire des transports en commun tout en poussant un retentissant coup de gueule contre les ponctions financières de l’État infligées aux communes et aux intercommunalités.
Nouvelle grille tarifaire : « Ce n’est pas pour combler des trous, c’est pour améliorer le service »
Alors que la Régie des Transports Métropolitains (RTM) a dévoilé une refonte globale de sa grille tarifaire - devant rapporter plus de 20 millions d'euros par an avec des hausses généralisées et la fin programmée de la gratuité -, Frédéric Vigouroux assume un choix guidé par la « tarification solidaire » : « Ce n’est pas facile à assumer, mais il y a quand même beaucoup de gens qui vont pouvoir avoir des tarifs adaptés. C’est ça la tarification solidaire : à leurs revenus. Je pense notamment à la jeunesse : pour les moins de 11 ans, ou les 18-25 ans étudiants boursiers notamment où on passe à 20 euros. »
Pour le vice-président métropolitain, justice sociale ne rime pas avec prix unique : « L’égalité, ce n’est pas de payer la même chose, c’est aussi de payer en fonction de ses moyens et d’arriver avec le quotient familial à faire en sorte que les tarifications soient moins chères. Celles qui augmentent sont celles aussi où il y a des participations d’entreprise pour les salariés. »
Cette harmonisation permet également de diviser par deux le maquis tarifaire local : « On avait 400 tarifs sur la métropole, on en a maintenant 200 et on continuera à simplifier. Pourquoi on a fait tout ça ? Ce n’est pas pour combler des trous, c’est pour essayer d’améliorer la qualité de service. »
Pour encourager le report modal et convaincre les automobilistes d'abandonner la « voiture solo », Frédéric Vigouroux rappelle la nécessité d’investir massivement : lignes renforcées, fréquences accrues, accueil modernisé et investissements lourds sur le ferroviaire, les tramways marseillais et les bus à haut niveau de service (BHNS) déployés notamment à Miramas, Istres ou Aix-en-Provence.
Un budget à plus de 4 milliards d'euros
À l’horizon 2027, ce sont près de 360 millions d’euros d'investissements annuels qu'il faudra mobiliser pour moderniser l'offre de mobilité du territoire. « Le problème de ces investissements, c'est que ça prend tout : le développement ferroviaire, les tramways du grand Marseille, les BHNS... Tout ce qu'on fait sur l'offre et la qualité de l'offre est nécessaire. On prend des emprunts, on rembourse et on met en place. Le budget globalement sur la métropole pour les 20 à 25 ans qui arrivent, c’est plus de 4 milliards d’euros », souligne l’élu, qui pointe au passage les incertitudes grandissantes autour des engagements financiers de Paris.
Projet de loi de finances : « En 18 ans de mandat, je n’ai jamais vu ça »
Le second volet de l'entretien a pris une tournure bien plus vive en abordant le projet de loi de finances de l'État, qui prévoit 138 millions d’euros de ponctions sur la métropole et les communes du territoire.
Pour le maire de Miramas, le terme de « coupe » est un euphémisme : « Ce n’est pas une coupe : moi, je n'ai jamais vu ça en 18 ans de mandat. C’est une véritable saignée qui s’opère. Ce mot "saignée", je l'ai pris parce que c'est la médecine d’antan où on faisait couler le sang en pensant se soigner... et finalement à la fin tout le monde mourait ! »
L'ouest de l'étang de Berre est particulièrement frappé au portefeuille : « Pour ma commune de Miramas, c'est près de 2 millions d’euros ! C’est impensable. On décide de vous dire qu'on va vous amputer de X % de vos recettes à partir du mois de janvier. »
L'alerte sur les services publics : « Les gens ne vont pas voir les députés, ils vont voir leur maire »
Face à ce coup de rabot fiscal décidé à Bercy, l’élu alerte sur la menace directe qui pèse sur le fonctionnement quotidien des collectivités : « Comment on va pouvoir maintenir des services publics locaux avec des recettes de l’État qui vont baisser ? Comment avoir autant de policiers, de gens dans le CCAS, de gens dans nos écoles là où nous faisons des efforts ? Moi je vous le dis, ce n’est pas possible. »
Très remonté, Frédéric Vigouroux rappelle le rôle de bouclier des communes : « Les communes, c’est la base de la République. Les gens viennent nous voir nous ! Ils ne vont pas à Paris, ils ne vont pas voir les députés, ils vont voir leur maire. Quand j’ai appris ça, j'étais fou furieux. On ne peut plus mener des politiques publiques locales et de solidarité si d’un coup on nous ampute d'une grosse partie de nos recettes. »
Un front uni des maires du territoire
Face à l'ampleur du choc budgétaire — qui prévoit notamment un manque à gagner estimé à -36 M€ pour Marseille, 6,4 M€ pour Aix-en-Provence, 5,8 M€ pour Martigues, 4,4 M€ pour Istres, et autour de 2 M€ pour Fos-sur-Mer, Vitrolles et Miramas —, Frédéric Vigouroux annonce une riposte collective : « C’est tellement important que tous les maires, quelles que soient leurs options politiques, nous sommes tous d'accord pour nous battre. On va d'ailleurs prendre des mesures et essayer de se battre pour faire fléchir cela. »
Le vote du budget métropolitain ce jeudi s'annonce d'ores et déjà sous haute tension.
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