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Aix-en-Provence : des “Bulles Roses” pour reprendre son souffle face au cancer

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Par Davy Moisson08/03/2026 à 10:30

À Aix-en-Provence et Lambesc, l’association ASENOGYN a lancé un programme aussi audacieux qu’humain : Les Bulles Roses contre le cancer du sein. À l’origine de cette initiative, le Dr Véronique Vaini-Cowen, chirurgien gynécologue. Son ambition : compléter les traitements médicaux par une immersion thérapeutique en plongée sous-marine. Une seconde édition vient de débuter.

 

Plonger pour mieux se relever

« Aujourd’hui, on ne se contente plus d’opérer, de faire de la chimiothérapie ou de la radiothérapie. On essaie d’avoir une prise en charge globale », explique le Dr Vaini-Cowen. « On veut bien sûr guérir les patientes, mais on veut aussi qu’elles aient une qualité de vie. Et ça, c’est essentiel. »

Elle-même plongeuse, la médecin s’est appuyée sur les travaux du Dr Mathieu Coulange, spécialiste marseillais de la médecine hyperbare, qui a étudié les effets de la plongée chez des personnes ayant vécu des traumatismes. « Le cancer du sein est un véritable traumatisme. Nous avons donc lancé une étude auprès de patientes pour mesurer scientifiquement les effets de la plongée. »

Au Cap-Vert, en novembre dernier, onze participantes ont réalisé dix plongées chacune. Résultat : un sommeil allongé en moyenne d’1h26, une qualité de vie en nette progression et une diminution significative du rythme cardiaque sous l’eau. « On a mesuré la qualité du sommeil, la qualité de vie et la fréquence cardiaque. Les résultats sont très encourageants », souligne-t-elle. Mais au-delà des chiffres, il y a les mots : “renaissance”, “nouveau départ”, “je peux tout réussir maintenant”.

 

Sous l’eau, l’apaisement

Que se passe-t-il lorsqu’on plonge après avoir traversé la maladie ?

« Du bien-être. On se sent apaisé. Les patientes retrouvent de l’espoir, des projets, une vie sociale. »
Sous l’eau, les douleurs s’estompent. « Elles reprennent confiance en elles, psychiquement mais aussi dans leur corps, souvent abîmé par les traitements. Les douleurs disparaissent sous l’eau. C’est très important pour elles. »

Depuis janvier, seize femmes âgées de 41 à 69 ans, ainsi qu’un homme de 56 ans, Christophe, composent la nouvelle “palanquée”. Encadrés, ils s’entraînent en piscine avant de rejoindre la mer, avec en ligne de mire un voyage thérapeutique à l’île Maurice.

 

Un cancer qui touche aussi les hommes

La présence de Christophe rappelle une réalité encore trop méconnue.
« Cette nouvelle édition est l’occasion de rappeler l’existence du cancer du sein chez l’homme. On le sait très peu. Il représente environ 1 % des cas. »

En France, 500 à 600 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année chez les hommes. « C’est exactement le même cancer. Il n’est pas plus grave, mais comme il est découvert plus tard, il est souvent plus difficile à traiter. Dès qu’il y a un nodule, une boule, il faut consulter. »

Un message de prévention simple, mais crucial.

 

Faire durer l’élan

Entièrement financé pour les bénéficiaires, le programme repose sur la générosité et l’engagement local. « Les patientes n’ont aucune charge financière. L’association récolte des fonds grâce à des dons, des dîners-conférences, des ventes solidaires… Nous sommes très actifs pour que ce programme soit pérenne. »

Car au fond, les Bulles Roses ne sont pas qu’un projet sportif ou scientifique. Elles sont un souffle. « Elles reviennent encore plus fortes », confie le Dr Vaini-Cowen.

Et peut-être est-ce là la plus belle victoire : permettre à ces femmes et désormais à ces hommes, de reprendre leur respiration, au propre comme au figuré.

 

Interview vidéo du Dr Vaini-Cowen au micro de Davy Moisson

 

Retrouvez l'association ASENOGYN et leurs actions sur le site officiel, la page facebook en soutenant leurs projets.

 

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