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« J'ai désormais deux dates d'anniversaire » : le récit d'Andres, sauvé par un don d'organe à Marseille

3min

Par Maritima 08/06/2026 à 15:57

À l'approche du 22 juin, Journée nationale de réflexion sur le don d'organes, l'heure est à la mobilisation. Malgré les avancées médicales, le taux de refus des familles reste alarmant dans les Bouches-du-Rhône. Invités au micro de Manuel Danloy sur Maritima Radio, Jean-Marie Balland, président de France ADOT 13, et Andres Dominguez, transplanté du foie en 2020, lancent un appel vital : parlez-en à vos proches. Récit d’une renaissance.

 

Un taux de refus inquiétant : « Une famille sur trois dit non »

Le constat dressé par Jean-Marie Balland est sans appel. Depuis la crise du COVID-19, le don d'organes fait face à une résistance accrue. « On est à 30 % de taux de refus, c’est-à-dire qu’une famille sur trois refuse que l’on prenne les organes de leur proche pour faire vivre d’autres personnes », regrette le président de France ADOT 13.

L'objectif de l'association est de ramener ce chiffre à 15 %. Pour y parvenir, un seul mot d'ordre : la communication. « Le grand slogan cette année, c'est : en parler à ses proches, c'est déjà beaucoup. Il faut se positionner, dire si on est pour ou contre. » Contrairement aux idées reçues, le don n'est pas qu'une question médicale, c'est un choix citoyen qui doit se faire en amont pour soulager les familles au moment du drame.

 

Andres Dominguez : « Le 4 juillet 2020, ma seconde naissance »

Andres est la preuve vivante que le don d'organes sauve des vies. Tombé gravement malade fin 2019, son parcours a été marqué par l'isolement brutal de la pandémie. « La Timone, c’était ma "prison blanche". J’étais enfermé seul dans ma chambre, sans les miens », confie-t-il avec émotion.

Opéré le 4 juillet 2020, Andres vit désormais avec deux dates d'anniversaire : sa naissance biologique et sa « renaissance » grâce à son donneur. « Aujourd'hui, je vois la vie différemment. Le sport à fond, le vélo, la natation, et surtout profiter de mes petits-enfants. Je ne remercierai jamais assez mon donneur et sa famille pour ce choix. »

 

Sensibiliser dès le plus jeune âge

France ADOT 13 multiplie les interventions dans les collèges, lycées et écoles d'infirmières du département pour briser les tabous. Jean-Marie Balland rappelle un point juridique crucial : « Dès l'âge de 13 ans, on peut s'inscrire sur le registre national des refus. C’est révocable. Pourquoi n'autorise-t-on pas plus les associations à parler de ce sujet ? On manque d'informations et de connaissances. »

L'association espère toucher un maximum de Provençaux le 22 juin prochain pour que l'espoir change de camp et que les listes d'attente, où deux personnes attendent pour un seul cœur disponible, diminuent enfin.

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