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Culpabilité d’aller mal : « J'ai honte de mes petits soucis face aux drames du monde ». L’analyse de la coach Maritima

2min

Par Maritima 03/06/2026 à 12:00

Face aux conflits mondiaux, aux guerres et à la faim dans le monde, nous sommes nombreux à nous sentir « illégitimes » dans notre propre mal-être. Peut-on s’autoriser à souffrir pour des tracas quotidiens quand la planète brûle ? Dans notre chronique « Le Coach », la psychologue Dorothée Bruni décrypte ce sentiment de culpabilité qui nous empêche d’avancer.

En consultation à Martigues, Dorothée Bruni entend régulièrement ce cri du cœur : « C’est ridicule, je vous parle de mes petits problèmes alors qu’il y a la guerre à l’autre bout du monde. » Pour la psychologue, ce constat est le signe d’une véritable auto-censure.

 

La souffrance est-elle une affaire de hiérarchie ?

L’idée que nos maux ne seraient pas « assez graves » pour légitimer une consultation ou une plainte est de plus en plus présente. "C’est une forme de censure", explique Dorothée Bruni au micro de Maritima. "On se regarde avec sévérité, avec une exigence qui nous interdit de dire tout haut ce qui nous traverse."

Ce mécanisme de comparaison vient souvent de loin. Il peut renvoyer à une enfance où l’on a eu le sentiment de ne pas être entendu, ou à l’idée que pour avoir le droit de se plaindre, il faut avoir vécu un drame absolu.

 

L'impact des réseaux sociaux et des infos en continu

L’environnement actuel, saturé par les chaînes d’information en continu et les réseaux sociaux, ne fait qu'accentuer ce malaise. Nous vivons dans un monde de "graduation de la souffrance".

"On se définit sans cesse par rapport à l’autre, par rapport à la norme, au point de se perdre soi-même", souligne la psychologue. Cette pression sociale nous pousse à minimiser notre ressenti dès qu'il ne semble pas "hors norme" ou "exceptionnel".

 

Se libérer du boulet de la culpabilité

Pour Dorothée Bruni, la première étape pour aller mieux est de reconnaître que votre souffrance est légitime, peu importe son échelle.

  • Interrogez l'origine : Demandez-vous d'où vient ce sentiment de ne pas être autorisé à aller mal. Est-ce un schéma que vous traînez depuis longtemps ?

  • Identifiez les conséquences : Cette culpabilité vous empêche-t-elle de régler des problèmes concrets qui vous empoisonnent la vie ?

  • Consultez sans honte : "Le rôle d'un psy, c'est justement de vous aider à vous défaire du rapport à l'autre pour vous retrouver vous-même", rassure l'experte.

Aller mal n'est pas un manque de respect envers ceux qui souffrent plus. Au contraire, s'occuper de sa propre santé mentale est la première étape pour être, ensuite, plus présent pour les autres.

 

 

Besoin d’un conseil personnalisé ?
Dorothée Bruni vous reçoit à son cabinet situé à Martigues. Vous pouvez également poser vos questions pour la prochaine chronique en envoyant un mail à : coach@maritima.info.

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