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Marseille : Journée du cœur à l'Hôpital Européen

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Par Rémy Reponty17/02/2026 à 08:15

Dépistages gratuits, atelier massage cardiaque, conseils nutritionnels... l'Hôpital Européen organisait sa Journée du cœur, ce lundi, dans le hall de l'établissement. Ce rendez-vous annuel est l'occasion de s'informer, de se tester et aussi de s'entraîner à la pratique du massage cardiaque sur laquelle, nous, les français, avons des progrès à faire. On estime qu'entre 13 000 et 20 000 vies sont sauvées chaque année en France grâce à ce geste. Un chiffre qui pourrait donc augmenter grâce à chacune et chacun d'entre nous.

Face à des statistiques inquiétantes dans notre région, le service de cardiologie, épaulé par des bénévoles et étudiants, proposait ce lundi des dépistages gratuits et des ateliers de prévention dans le hall principal. 

 

Les interviews des docteurs de l'Hôpital Européen: Matthias Castanier, médecin anesthésiste réanimateur, et, Jean-Charles Spychaj, cardiologue interventionnel, dans cette vidéo.

 

(Interviews, images et montage : Rémy Reponty pour Maritima Médias.)

 

En France, les pathologies cardiaques sont la deuxième cause de mortalité après les cancers.

C'est une initiative "coup de cœur" pour la santé des Marseillais, mais le constat de départ, lui, est sérieux. Dans les Bouches-du-Rhône et plus largement en région PACA, les maladies cardiovasculaires ne faiblissent pas. En 2020, elles touchaient plus de 435 000 personnes chez nous.

Une réalité qui frappe encore plus fort ici, dans les quartiers Nord de Marseille, où l'Hôpital Européen est implanté. Selon les données de l'Observatoire Régional de la Santé, près d'un quart des décès (23%) dans ce secteur sont liés à ces pathologies. Plus grave encore : un décès sur cinq est "prématuré", survenant avant l'âge de 65 ans.

 

La prévention comme première arme

Face à cette situation, souvent aggravée par la précarité et un accès aux soins parfois difficile, les équipes médicales ont décidé d'aller au contact direct de la population. De 10h à 14h ce lundi, le hall de l'hôpital s'est transformé en quartier général de la prévention. L'objectif est clair : déceler l'invisible avant qu'il ne soit trop tard. "On fait un travail effectivement de dépistage, de prise en charge précoce de tous les éléments qui vont abîmer le cœur, qui sont pour la plupart du temps asymptomatiques", explique le docteur, Jean-Charles Spychaj, cardiologue à l'Hôpital Européen. "Il y a le diabète, le cholestérol, l'hypertension artérielle... toutes ces pathologies sur des stades précoces sont asymptomatiques, donc pas de symptômes, pas de douleurs particulières."

 

Tabac, hérédité : connaître ses ennemis

L'ennemi est souvent silencieux. Hypertension, diabète... ces facteurs "abîment insidieusement le cœur" sans que l'on s'en rende compte. Le spécialiste insiste également sur un fléau bien connu : "Je n'ai pas mentionné le tabac, mais qui est aussi un élément qu'il faut absolument contrôler et bannir."

Si certains facteurs comme l'âge ou l'hérédité ne se contrôlent pas, la surveillance reste la clé, surtout lorsque les années passent. "Quand on avance dans l'âge et si on cumule une certaine hérédité ou d'autres facteurs déjà connus, c'est bien de se rapprocher de son médecin et de se faire dépister", conseille le cardiologue.

 

Oser masser : "La personne est décédée jusqu'à preuve du contraire"

L'hôpital ne fait pas cavalier seul. Pour cette journée, il s'est entouré des étudiants infirmiers de l'IFSI La Blancarde et des bénévoles de l'Association Régionale des Greffés du Cœur. Au programme : prise de tension, glycémie, mais aussi un atelier crucial de "massage cardiaque".

En France, le retard est encore important sur les gestes de premiers secours par rapport aux pays anglo-saxons. Pourtant, chaque minute compte. "La chaîne de survie d'un patient en arrêt cardiaque dépend de la prise en charge initiale, c'est-à-dire que tout dépend des gens qui sont autour du patient", rappelle le docteur Matthias Castanier, médecin anesthésiste-réanimateur à l'Hôpital Européen. "Si les gens ne sont pas formés... il va y avoir un délai entre le moment où le patient fait l'arrêt cardiaque et le moment où les secours arrivent."

Le message aux témoins d'un malaise est primordial : il faut agir, sans peur de mal faire. "Si vous assistez à un arrêt cardiaque, n'ayez pas peur d'y aller, n'ayez pas peur de masser la personne parce que la personne en fait, elle est décédée jusqu'à preuve du contraire et donc vous ne pouvez lui faire que du bien", insiste le spécialiste, avant de rappeler la technique : "100 poussées par minute, sur une profondeur de 5 cm avec les mains sur le sternum."

 

Lire aussi. Tour de France du secourisme : qui est Ilona Bellotto, l'urgentiste nomade, qui mêle burpees et massage cardiaque ?



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