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Pollution autour de l'Étang de Berre : 28 000 habitants exposés à un « excès de risque » sanitaire selon l'étude Scenarii 23min
Par Maritima 18/02/2026 à 09:07
Dix ans après un premier état des lieux alarmant, AtmoSud dévoile les résultats de l'étude « Scenarii 2 ». Si la qualité de l'air s'améliore globalement autour de l'Étang de Berre, des risques persistent pour les riverains, particulièrement face aux polluants industriels. Invité de la matinale sur Maritima Radio, Damien Piga, directeur chez AtmoSud, décrypte ces chiffres chocs et répond aux critiques des associations.
C’est une étude colossale menée pendant trois ans (2019-2021) sur 66 communes du pourtour de l’Étang de Berre. L'objectif : mesurer l'impact de 30 polluants sur la santé des habitants. Le bilan dressé par AtmoSud est contrasté : les actions engagées depuis une décennie portent leurs fruits, mais le cumul d'expositions à des substances toxiques reste un point noir.
400 ou 28 000 personnes à risque ? L'importance des scénarios
Au micro de Didier Gesualdi, Damien Piga, directeur relations extérieures et innovations à Atmosud, a tenu à clarifier les chiffres d'exposition, basés sur deux projections différentes :
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Le scénario « réaliste » (30 ans d'exposition) : Environ 400 personnes présentent un excès de risque sanitaire.
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Le scénario « vie entière » (70 ans d'exposition) : Ce chiffre grimpe à 28 000 habitants, soit 4,5 % de la population étudiée.
« Il faut se représenter le temps que l'on va passer dans ce territoire », explique Damien Piga. « Dans un scénario réaliste, on a diminué le risque par rapport à il y a 10 ans, mais on a encore des risques qui persistent. »
Les polluants industriels « CMR » sous haute surveillance
Si les polluants classiques (ozone, dioxyde d’azote) concernent toute la région, l’Étang de Berre est spécifiquement touché par des substances issues de l’activité industrielle, classées comme CMR (Cancérogènes, Mutagènes et Reprotoxiques).
Quatre substances contribuent majoritairement à cet excès de risque : l’oxyde d’éthylène, le 1,2-dichloroéthane, le cobalt et le chlorure de vinyle monomère. « Ce sont des polluants pour lesquels on a des seuils qui nous permettent de dire si on est au-delà d'un risque pour les populations », précise le directeur d’AtmoSud.
Une amélioration réelle mais jugée insuffisante par les associations
Malgré le constat d'une baisse des concentrations de polluants en dix ans, certaines voix s'élèvent pour dénoncer un « lissage » des données. Daniel Moutet, président de l'association ADPLGF (Golfe de Fos), a notamment fustigé une étude qui serait moins fiable que la réalité du terrain.
La réponse de Damien Piga est pragmatique : « Cette étude permet d’orienter l’action. On sait où l’action doit être menée pour être efficace. On ne résoudra pas le problème du jour au lendemain, il faut de l'ambition pour avoir un air qui ne nuise pas à notre santé. »
« L'euro investi dans la solidarité est un bénéfice pour demain »
Pour AtmoSud, l'enjeu des prochaines années est de transformer ces données en décisions politiques fortes, notamment sur la mobilité et l'usage du chauffage domestique, mais aussi sur les rejets industriels.
« On voit que quand on agit, on a des résultats », martèle Damien Piga. « Il ne faut pas se dire qu'on n'a pas le choix. On peut agir, et quand on le fait, on voit une amélioration. C’est ce qu’il faut garder en tête. »
Retrouvez l'invité de la rédaction sur maritima radio du lundi au vendredi à 8h15 et 12h15 au micro de Didier Gesualdi
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