Martigues
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Santé
A Martigues, Mars Bleu a défié le vent sur le marché de Jonquières3min
Par Maritima 26/03/2026 à 15:30
Ce jeudi matin, malgré un mistral particulièrement vigoureux, les acteurs locaux de la santé ont répondu à l'appel du Docteur Baroni, fervent défenseur du dépistage. Objectif : sensibiliser les passants au cancer colorectal et les inciter à faire le test.
Dernière ligne droite pour Mars Bleu, le mois du dépistage du cancer colorectal. En ce jour de marché, il fallait braver les rafales pour s'arrêter devant le stand installé sur l'esplanade des Belges, face au quai Général Leclerc. Pas de quoi décourager pour autant le Docteur Baroni, figure bien connue de l'hôpital de Martigues ! Accompagné de diététiciennes, de réprésentants du CIAS (centre intercommunale d'action sociale) du Pays de Martigues, de Santé Publique ou encore de l'Assurance maladie, l'oncologue n'a pas manqué de rappeler l'urgence de la situation : ce cancer est le deuxième le plus meurtrier en France avec près de 18 000 décès par an. Et c'est encore trop, compte-tenu des campagnes de sensibilisation qui ont fleuri au fil des années.
Un test simple, rapide et gratuit
Pourtant, la fatalité n'a pas sa place selon le docteur Baroni. « Il existe un moyen de prévenir le cancer. C’est la prévention », martèle-t-il. Le dépistage, destiné aux personnes de 50 à 74 ans, consiste en un test à réaliser chez soi tous les deux ans. « C’est un petit test qui est extrêmement simple, qui va vous prendre 3-4 minutes ».
Malgré cette accessibilité, le taux de participation reste alarmant, particulièrement dans la région. Les habitants du 13 font office de mauvais élèves.
« Dans les Bouches-du-Rhône, il y a 26 % des gens concernés qui font le test », déplore le Docteur Baroni. Pour expliquer ce chiffre, il pointe du doigt un certain relâchement : « Il y a quand même une tendance dans la société française actuelle à se négliger. Beaucoup de gens ne s'occupent pas de leur santé comme ils devraient le faire. ». Une faille qui s'explique aussi par la politique de l'autruche ou encore le tabou autour des selles...
Il note également un changement de comportement chez les femmes, qui étaient autrefois plus assidues que les hommes : « Les femmes, elles aussi, ont un petit peu abandonné l'affaire. C’est un constat, les femmes font moins le test, elles se comportent un peu comme les hommes. Et donc c'est dangereux. »
A l'ère du bien-être personnel, on peut souligner un véritable paradoxe.
Un cancer silencieux
L'enjeu du dépistage est de détecter la maladie avant l'apparition des symptômes. « Le dépistage s'adresse à des gens qui ne se plaignent de rien », explique l'oncologue. « Même si vous connaissez bien votre corps, vous ne pourrez jamais savoir que vous avez un polype, ça ne donne aucun symptôme. »
Le Docteur Baroni rappelle que le cancer colorectal évolue de manière « sournoise » pendant des mois ou des années. Or, pris à temps, il peut être traité avec une grande efficacité. « Justement, le cancer du côlon est évitable. Beaucoup de gens pourraient ne pas l'avoir ».
Un test positif et un combat immédiat : le témoignage d'Hélène de Port-de-Bouc
« J’ai fait l’hémoccult que j’ai reçu de la Sécurité sociale. Malheureusement, le résultat a été positif », confie-t-elle au micro de Maritima. S'ensuivent alors une coloscopie et un diagnostic qui tombe comme une « douche froide » : un cancer est présent.
Le parcours qui suit est lourd : une opération où on lui retire « 30 centimètres d'intestin », la pose d'une poche pendant deux mois, et un protocole de 12 séances de chimiothérapie. « Demain, je termine ma douzième séance », glisse-t-elle avec un mélange de soulagement et d'émotion.
Hélène a tenu à briser un tabou fréquent : la confusion des symptômes. Contrairement à beaucoup, elle présentait des signes, mais les avait mal interprétés. « J'avais des saignements, et je pensais que c'était des hémorroïdes. Je me suis trompée », explique-t-elle.
C’est pour éviter cette méprise à d'autres qu'elle insiste aujourd'hui sur la nécessité du test, même en l'absence de douleur : « Ce dépistage m’a sauvé la vie. Il ne faut pas attendre d’en arriver au pire. Il ne faut pas se voiler la face, il ne faut pas faire l’autruche. » Un message qu'elle a déjà transmis à sa propre famille : « Mes deux filles vont le faire, elles ont déjà pris rendez-vous. »
L'accompagnement global à l'hôpital des Rayettes
Au-delà de l'épreuve, Hélène a tenu à saluer la qualité de la prise en charge à l'hôpital de Martigues, soulignant l'humanité du personnel. « Ils ne vous laissent pas tomber, ils vous prennent en charge complètement. On se sent bien parce qu’on est considérés. Le personnel est très à l’écoute, on vous téléphone sans arrêt pour demander si ça va. »
Elle n'oublie pas non plus le soutien crucial de son époux, Daniel : « Il a été d'un soutien hors pair. Il m'a remplacée pour pas mal de choses, il m'a aidée, il m'a amenée, il m'a ramenée... Heureusement qu'il était là. »
L'alimentation, « premier soin » contre la maladie
Sur le stand, l'aspect nutritionnel occupe généralement une place centrale, illustré de manière ludique par des aliments factices et de la documentation attractive. Pour Rachida, diététicienne-nutrionniste libérale à la maison de la Santé des Comtes à Port-de-Bouc et membre de la CPTS (Communauté Professionnelle Territoriale de Santé) l'objectif est visuel : « montrer de façon simple les aliments à augmenter dans sa consommation quotidienne, je pense par exemple aux fruits et légumes... les fibres, il faut augmenter les fibres pour réduire les facteurs de risque liés au cancer colorectal ». À l'inverse, elle préconise avec bon sens de limiter les produits ultra-transformés, l'alcool et la viande rouge.
Cette approche préventive est complétée par un questionnaire entre les mains de Julie, stagiaire en diététique : « Une des questions très importante : avez-vous dans votre famille un proche qui a déjà eu un cancer colorectal ? ». Des antécendants familliaux à l'hygiène de vie, l'ensemble des réponses permet de poser un premier regard et d'inviter au dépistage sans tarder. En cas de maladie déclarée, l'accompagnement se poursuit au centre hospitalier de Martigues, avec une alimentation thérapeutique adaptée. Cindy, diététicienne en néphro, gastro et chirurgie aux Rayettes insiste sur la qualité de vie des patients sous chimiothérapie : « Le but est de ne pas s'interdire aucun aliment, le régime n'existe pas, mais nous visons à améliorer son état de santé par une alimentation plaisir ». Pour tous, le message est unanime : « l'alimentation est le premier soin ».
L'activité physique, partie intégrante de la prévention du cancer
Le Docteur Baroni ne manque pas de rappeler également l'importance du sport. Pratiquer une discipline régulièrement prévient à la fois tous types de cancer et les maladies cardio vasculaire. « Ce qui n'exclut pas le dépistage, au contraire c'est une question de complémentarité ! »
D'ailleurs une Grande marche sans chrono, pour le plaisir viendra comme chaque année clôturer l'opération Mars Bleu ce week-end au Parc des Sports Julien Olive à Martigues.
Faire évoluer les mentalités, lutter contre la négligence et prouver l'importance du dépistage, c'est le combat de toute une carrière pour le Dr Baroni qui prendra une retraite bien mérité en fin d'année. Il compte bien entendu sur le relais de chacun pour continuer de convaincre et de faire entendre sa voix sans la blouse blanche.
"Ne tournez plus autour du pot" : si vous avez entre 50 et 74 ans, parlez-en à votre médecin, votre pharmacien ou votre infirmier. Le test peut également être commandé en ligne suite à la réception du courrier d'invitation de l'Assurance Maladie.
- 4ème édition marche ou course Mars Bleu
- Samedi 28 mars de 9h à 13h
- Au Parc des Sports Julien Olive à Martigues
- Ouverte à tous, participation gratuite
- Inscription en ligne conseillée https://rotarymartigues.wixsite.com/mars-bleu-martigues
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