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« Le cancer explose chez nous et notre panel de victimes se rajeunit » : l'inquiétant constat de l’Adevimap Martigues 3min
Par Didier Gesualdi15/10/2026 à 11:04
À l’occasion de ses journées portes ouvertes ces 14 et 15 octobre à Martigues, l’Association de défense des victimes des maladies professionnelles (Adevimap) tire la sonnette d’alarme. Invitée sur Maritima, sa présidente Christiane de Felice dénonce une hausse brutale des dossiers, des cancers de plus en plus fulgurants et un « parcours du combattant » administratif intolérable pour les malades.
Le constat, tragiquement immuable, résonne comme un coup de poing dans le bassin industriel de l’étang de Berre et du golfe de Fos : « On meurt tous les jours de son travail ». Pour Christiane de Felice, présidente de l'Adevimap, la formule n'a rien perdu de sa vérité, bien au contraire : « C’est encore le cas, et encore plus le cas. Nous avons, sur une zone très large qui va de Berre jusqu'à Fos-sur-Mer et Port-Saint-Louis, de plus en plus de dossiers de cancers. Le cancer explose chez nous. »
Loin d'être cantonné à de vieilles statistiques, le phénomène prend aujourd'hui un tournant particulièrement agressif et précoce.
Des cancers foudroyants et des malades de moins de 60 ans
Si les maladies professionnelles liées aux expositions toxiques (amiante, solvants, produits chimiques) se caractérisent souvent par une longue période de latence - « des expositions qui ont eu lieu il y a 15, 20, 30 et jusqu'à 40 ans » -, la virulence de certaines pathologies récentes stupéfie l'association : « Ce sont actuellement des cancers qu'on n'avait jamais vus jusqu'à présent : où on voit la personne, et trois mois après, elle n'est plus là. Des cancers foudroyants qui vont très, très vite. »
Autre motif d'extrême inquiétude souligné par la présidente de l'Adevimap : l'âge des victimes. Alors que les dossiers concernaient historiquement des travailleurs déjà retirés de la vie active depuis de nombreuses années, le profil des personnes touchées change de manière alarmante : « Ce qui est spécial et inquiétant, c'est qu'on a de plus en plus de cancers de personnes en dessous de 60 ans. Jusqu'à présent, notre population de victimes était rentrée dans la retraite depuis plusieurs années. Là, notre panel de victimes se rajeunit. C’est ça qui est grave. »
Numérisation et mépris : « un parcours du combattant » inhumain
En plus de devoir affronter le choc du diagnostic médical, les salariés et retraités malades doivent faire face à un dédale bureaucratique qui tourne au supplice. En cause notamment, la dématérialisation généralisée des services publics et des organismes payeurs : « Toutes les administrations ont tout informatisé. Les personnes perdent des droits, il faut refaire les dossiers, des dossiers se perdent… Les victimes sont obligées de transmettre des documents deux, voire trois fois en recommandé avec accusé de réception. On a les retours d'accusés prouvant que c'est bien reçu, et on nous redemande les pièces en disant qu'ils n'ont pas le dossier ! »
À cette maltraitance administrative s'ajoutent de lourdes craintes sur le plan financier et législatif. Christiane de Felice pointe du doigt une véritable régression sociale : « Il y a une injustice flagrante actuellement sur les maladies professionnelles comme sur les accidents du travail. On va baisser les indemnités journalières, raccourcir le temps de prise en charge… Des mesures draconiennes vont être prises sur de nombreux salariés déclarés en maladie professionnelle mais qui travaillent encore. Et dans les projets gouvernementaux par rapport à la loi de finances, on parle même de fiscaliser les indemnités de maladies professionnelles ! Rendez-vous compte de l'injustice pour ces familles et ces personnes qui n'ont jamais demandé à être malades. »
Préjudice d'anxiété dans les usines locales : l'Adevimap en première ligne
Face à ce mur, l'Adevimap ne baisse pas les bras et mène des combats judiciaires et collectifs d'envergure. L'association accompagne de nombreuses sections syndicales et des collectifs de salariés dans les grands fleurons industriels du pourtour de l'étang et de la zone industrialo-portuaire : ArcelorMittal, Kem One, Total, LyondellBasell, Naphtachimie… « On accompagne beaucoup de syndicats dans les entreprises pour la reconnaissance de sites et pour le préjudice d'anxiété, que ce soit pour l'amiante ou pour le benzène. Les dossiers explosent. »
Reconnue pour sa fine expertise juridique et médicale, l'association voit affluer une demande d'aide sans précédent, ce qui la pousse aujourd'hui à franchir un nouveau cap.
Un appel pressant aux bénévoles lors des portes ouvertes
Pour continuer à épauler dignement les familles et monter ces dossiers complexes, l’Adevimap a impérativement besoin de renforts humains. Christiane de Felice a profité de son passage sur Maritima pour lancer un appel vibrant à la solidarité : « Nous lançons un appel très fort au bénévolat. Nous avons besoin de bénévoles qui ont envie de se former, envie d'aider les gens et d'acquérir des compétences. Nous formons les volontaires. Même s'ils n'ont pas de connaissances particulières, s'ils ont l'envie et la maîtrise de l'outil informatique, nous les accueillons, car il y a énormément de salariés et de retraités qui ont besoin d'être suivis et accompagnés. »
Les journées portes ouvertes organisées cette semaine sont l'occasion idéale de venir rencontrer les membres de l'association, que ce soit pour soumettre une situation personnelle ou pour s'engager à leurs côtés.
Informations pratiques & contact : Adevimap Martigues
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Événement : Journées Portes Ouvertes
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Adresse : Les Terrasses Bleues, quartier de l'Escaillon, avenue de Barboussade, 13500 Martigues
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Téléphone : 04 42 43 50 23
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Courriel : adevimap@orange.fr
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Site officiel : www.adevimap.net
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