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Santé
Vaccination en PACA : « Nous ne sommes pas de bons élèves », l’alerte de l’ARS au micro de Maritima3min
Par Maritima 30/04/2026 à 11:21
À l’occasion de la Semaine européenne de la vaccination, Olivier Reilhes, directeur de la Santé Publique à l’ARS PACA, était l'invité de Maritima. Si la vaccination des nourrissons reste exemplaire, la région accuse un retard inquiétant chez les adolescents, notamment face au papillomavirus. Entre désinformation et « hésitation vaccinale », l’agence régionale de santé monte au créneau.
En Provence-Alpes-Côte d'Azur, le bilan vaccinal est en demi-teinte. Interrogé par Didier Gesualdi, Olivier Reilhes ne cache pas la réalité du terrain : « On n’est pas de bons élèves. On a toujours des scores qui sont en deçà des moyennes nationales. » Si la région affiche des taux de 85 % à 95 % pour les vaccins obligatoires des tout-petits (rougeole, méningite), le tableau s'assombrit dès que l'on observe la population adolescente.
Le défi du Papillomavirus : « On protège contre le cancer »
Le principal point noir concerne la vaccination contre le papillomavirus (HPV) et la méningite chez les jeunes adultes. En PACA, seules 40 % des filles et 25 % des garçons sont vaccinés contre le HPV. « C’est absolument pas suffisant, on est en retard par rapport aux moyennes nationales », martèle Olivier Reilhes.
Pour le directeur de la Santé Publique, il y a une urgence pédagogique : « C’est un vaccin sur lequel on a parfois du mal à expliquer parce qu’on a en tête des vaccins contre des maladies infectieuses, et là, on protège contre le cancer. Dans certains pays où la vaccination est très élevée, on a quasiment éradiqué le cancer du col de l'utérus. »
Combattre « l’hésitation vaccinale » et les fake news
Comment expliquer cette méfiance ? L’ARS pointe du doigt une « hésitation vaccinale » alimentée par les réseaux sociaux et les séquelles de la période COVID. Bien que 80 % des adultes de la région se disent favorables à la vaccination, la désinformation pèse lourd.
« On entend malheureusement pas suffisamment la réalité objective qui est que la vaccination sauve des milliers, des millions de vies », déplore Olivier Reilhes. « Sur les réseaux sociaux, on voit tout et n’importe quoi, des informations contradictoires qui font que les personnes hésitent et, dans le doute, ne vont pas vers la vaccination. »
La stratégie de l'ARS : aller vers les jeunes
Pour contrer ce phénomène, l’ARS PACA déploie une "feuille de route" offensive :
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Campagnes dans les collèges : Des équipes mobiles interviennent dans près de 400 collèges de la région pour vacciner directement sur place.
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Lutte contre la désinformation : Développement d'outils de communication pour « contrer les absurdités ».
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Numérisation avec "Mon Espace Santé" : Un carnet de vaccination numérique pour permettre aux médecins de rappeler facilement les rappels manquants à leurs patients.
« Il faut pousser, il faut convaincre, il faut expliquer », conclut Olivier Reilhes, rappelant que des maladies comme la méningite peuvent être « foudroyantes » et mortelles pour les adolescents non protégés.
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