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Injections esthétiques clandestines : « Un drame prévisible », l'alerte du Dr Christophe Desouches après le décès d'une jeune femme à Nice

3min

Par Maritima 03/08/2026 à 17:23

Après le décès tragique d’une jeune femme de 25 ans à Nice, consécutif à une injection illégale dans un salon de beauté, les professionnels tirent la sonnette d’alarme. Invité ce midi au micro Maritima de Sandrine Calvayrac, le Dr Christophe Desouches, chirurgien esthétique à Marseille, dénonce la banalisation de ces actes clandestins et rappelle les dangers mortels de ces pratiques.

C’est le deuxième drame de ce type en France depuis le début de l’année 2026. Après Villeurbanne en mars, c’est à Nice qu’une injection à visée esthétique a tourné au cauchemar fin juillet. Trois personnes ont été mises en examen, dont deux femmes placées en détention provisoire, pour avoir pratiqué des soins sans aucune autorisation médicale.

Pour le Dr Christophe Desouches, membre du Syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique (SNCPRE), ce n'est pas un simple accident isolé : « On parle d'un drame prévisible et non d'un simple accident. Ces injections deviennent de plus en plus courantes parce qu'il n'y a pas de répression vraiment sévère de la part des autorités. »

 

« La gestion de la complication est propre au médecin »

Si ces actes se banalisent sur les réseaux sociaux, la réalité médicale est tout autre. Au-delà du geste technique, c'est la capacité à réagir en cas d'urgence qui fait la différence entre la vie et la mort. « Indépendamment du risque d'injection, du risque esthétique ou de nécrose, il y a la gestion de la complication qui est propre au médecin. Ce qui s'est passé dans ces cabinets, c'est que les complications n'ont pas été gérées et ont mené à ces conséquences fatales », explique le chirurgien marseillais.

Le pronostic vital peut en effet basculer en quelques minutes. Le Dr Desouches appelle les autorités à une plus grande réactivité, notamment face à la promotion de ces actes illégaux sur les plateformes numériques : « Le pouvoir public pourrait prendre en compte ces diffusions sur les réseaux sociaux pour aller interdire l'acte lors de ces directs qui sont publics. »

 

Prix cassés et produits illégaux : les signaux qui doivent alerter

L'un des principaux vecteurs de ce marché clandestin est le prix attractif. Pourtant, derrière une économie de quelques centaines d'euros se cache souvent un danger sanitaire majeur lié à la provenance des produits.

L'acide hyaluronique, principal produit utilisé, ne peut être légalement vendu en France qu'aux médecins. « Toutes les personnes qui se procurent de l'acide hyaluronique sans être médecin se le procurent sur des marchés étrangers et de manière complètement illégale. Ces produits sont bon marché, mais il n'y a aucune traçabilité. On ne sait absolument pas ce qu'il y a dedans. »

 

Du BBL à la dépose : le phénomène inverse des influenceuses

Alors que la tendance était à l'augmentation de volume (notamment avec le BBL - Brazilian Butt Lift), le Dr Desouches observe aujourd'hui un phénomène inverse chez certaines personnalités. L’influenceuse Lena Delporte a par exemple récemment annoncé vouloir retirer ses prothèses.

Est-ce dangereux de « faire et défaire » ? Pour le chirurgien, chaque intervention comporte un risque, mais celui-ci est minimisé s'il est réalisé dans un cadre médical strict.
« Toute intervention comporte un risque, mais quand c'est fait dans de bonnes conditions, le risque est extrêmement minime. Les personnes qui souhaitent diminuer le volume de leurs implants peuvent le faire. On peut même retirer l'acide hyaluronique car il existe un antidote. »

 

Les 3 réflexes pour une intervention en toute sécurité

Pour éviter le pire, le Dr Christophe Desouches rappelle les règles d'or avant de sauter le pas :

  1. Vérifier la qualification : consultez l'annuaire édité par le Conseil de l'Ordre des Médecins. Tous les chirurgiens qualifiés y sont référencés.

  2. Le lieu de l'acte : une injection esthétique ne doit jamais être réalisée dans un salon de beauté ou une chambre d'hôtel. Seul un cabinet médical ou une clinique offre la sécurité nécessaire.

  3. Se méfier des prix : un tarif anormalement bas est souvent le signe d'un produit non tracé ou d'un praticien non qualifié.

« La liberté de chacun de corriger un complexe existe, mais elle ne doit jamais se faire au détrifment de la sécurité vitale », conclut le Dr Desouches.

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