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Salon-de-Provence : santé mentale des étudiants, quand l’art et la nature deviennent des remèdes

3min

Par Maritima 09/04/2026 à 18:08

Aujourd'hui, l’Auditorium de l’Atrium à Salon-de-Provence accueillait un colloque exceptionnel intitulé « Santé mentale des étudiants : Commencer en beauté ». Notre reporter Norhène Ouerfelli s'est plongée au cœur des débats pour le "Fil Rouge" Maritima. Entre neurosciences, témoignages de terrain et solutions innovantes comme la "prescription culturelle", retour sur une matinée consacrée à une urgence de santé publique.

"Si la santé mentale n’est pas là, il n’y a plus de beauté humaine". Les mots de Laure Mayoud, psychologue clinicienne spécialisée en psychopathologie, résonnent au coeur de l'Atrium. Invitée à s'exprimer sur la fragilité des jeunes, elle rappelle que cette génération est le siège d'un mélange chimique puissant : "On a beaucoup ce mariage de la dopamine et de l'ocytocine, le neurotransmetteur de l'amour et de l'attachement".

Pourtant, derrière la biologie, la réalité sociale est plus sombre. Pour la psychologue, trop de jeunes sont aujourd'hui diagnostiqués "TDAH" (troubles de l'attention) par erreur, simplement parce qu'ils évoluent dans un environnement "fatigué et hyper-stimulé" qui les empêche d'exprimer leur potentiel.

 

 

L'art et la musique : une "pharmacie" pour le cerveau

Le Docteur Pierre Lemarquis, neurologue, a captivé l'auditoire en expliquant comment l'art agit sur nos deux cerveaux : celui qui fonctionne comme un ordinateur pour la survie, et le "cerveau reptilien" dédié au plaisir. "L’art agit sur les deux. Il sculpte et caresse notre cerveau en créant de nouvelles connexions", explique-t-il.

Selon ce spécialiste, le cerveau ne finit de se structurer — avec son "gendarme" qui surveille nos impulsions — qu'à l'âge de 25 ans. Avant cet âge, les étudiants sont particulièrement vulnérables, surtout face à l'isolement numérique. "Rien ne remplace la véritable vision de quelqu'un. Un tableau n'est jamais aussi beau qu'en vrai. Sur les réseaux sociaux, on perd l'image réelle et on est moins protégé", prévient le neurologue.

 

La Maison des Adolescents (MDA) : une explosion des demandes post-Covid

Sur le terrain, le constat est sans appel. Gabrielle et Candice, de la Maison des Adolescents (MDA 13 Nord), observent une véritable "explosion" du mal-être depuis 2017, accentuée par la crise sanitaire. "Le Covid a été un accélérateur de pathologies mentales", note Gabrielle. Pour les étudiants éloignés de leur famille, l'isolement a créé des "phobies sociales" handicapantes.

Verena Sabattino, directrice de la MDA 13 Nord, insiste sur la gravité des situations rencontrées : "Certains jeunes passent à travers les mailles du filet du soin classique et arrivent chez nous avec des idées suicidaires. Nous les accompagnons parfois jusqu'à l'hospitalisation directe".

 

 

La "Prescription Culturelle" : un concept qui fait son chemin

Pour lutter contre ce déclin, des initiatives voient le jour. Laure Mayoud est à l'origine des "prescriptions culturelles", un concept né il y a dix ans : "C'est une invitation à contempler ce que la personne aime en fonction de ses goûts".

Et cela peut passer par des vecteurs inattendus. Pour certains jeunes Marseillais ou Salonnais, écouter du Jul peut être un facteur de bien-être : "Jul met du baume au cœur des gens, on se 'shoote' au Jul sans effet secondaire négatif !", s'amuse la psychologue, citant également Céline Dion ou Johnny Hallyday comme des recours possibles.

Plus sérieusement, elle rappelle le précepte d'Hippocrate : "La nature est le premier médecin de l'homme". Sortir, contempler la beauté naturelle et s’extraire des écrans reste la première étape vers la guérison.

 

Un accompagnement gratuit et de proximité

La Maison des Adolescents 13 Nord couvre aujourd'hui 88 communes, de Salon à Aix, en passant par VitrollesMiramas, ou Arles. Verena Sabattino rappelle que l'accueil des 11-25 ans est totalement gratuit et confidentiel.

Pour les zones les plus reculées, une "Équipe-mobile" (unité mobile de prévention) va directement à la rencontre des jeunes qui renoncent aux soins ou qui sont en situation de retrait au domicile. "Il ne faut pas hésiter à pousser la porte, même si l'on a juste envie de parler", conclut l'équipe de la MDA13 Nord.

 

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