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Santé

Arrêts maladie : « On passe à côté du vrai problème », Florence Zemour (FMF) s'alarme sur Maritima

2min

Par Maritima 05/09/2026 à 15:24

Invitée de la rédaction de Maritima, le Dr Florence Zemour, médecin généraliste à Vitrolles et représentante de la Fédération des Médecins de France (FMF), dénonce l’inefficacité du nouvel encadrement des arrêts maladie. Selon elle, limiter la durée des prescriptions ne s’attaque pas aux racines du mal : la souffrance au travail et la désertification médicale.

Depuis peu, la durée des arrêts de travail est strictement encadrée : le premier arrêt ne peut excéder un mois, et le second deux mois. Une mesure censée freiner l’explosion des coûts (18 milliards d’euros l’an dernier). Mais pour le Dr Florence Zemour, installée à Vitrolles, cette loi est un coup d'épée dans l'eau.

 

« Une mesure marginale » face à une réalité de terrain

« C'est encore une mesure qui ne prend pas la mesure du vrai problème », lâche d'emblée la présidente de la FMF Sud au micro Maritima. Pour elle, la plupart des généralistes évaluent déjà leurs patients mensuellement. « C’est très rare qu’on fasse des arrêts de plus d’un mois d’emblée. Si quelques confrères ne le respectaient pas, au moins maintenant ce sera fait, mais on s'attaque à quelque chose de très marginal. »

 

60 % de la hausse des coûts est structurelle

Alors que le gouvernement pointe du doigt le volume des arrêts (+10 % depuis 2019), Florence Zemour apporte une analyse chiffrée plus nuancée : « 60 % du coût de ces arrêts maladie s’explique par des facteurs structurels : le coût de la vie, l’inflation, le niveau des salaires et le nombre de salariés. Cela n’a rien à voir avec les motifs médicaux. »

Pour les 40 % restants, le médecin invite à regarder du côté de la santé mentale et des conditions de travail. « Plutôt que de sanctionner uniquement les médecins, il faut se poser la question de la qualité de vie au travail. Les entreprises qui investissent dans la prévention et l'autonomie des salariés sont celles qui ont le moins d'arrêts », analyse-t-elle.

 

Le cercle vicieux de la désertification médicale

Pourquoi certains arrêts traînent-ils en longueur ? Pour le Dr Zemour, la responsabilité est aussi à chercher dans l’engorgement du système de soin, particulièrement en Provence :

  • Délais de consultation : « Si on a des délais très longs pour voir un spécialiste, faire une imagerie ou voir un kiné, on est obligé de prolonger l’arrêt pour que le patient se soigne. »

  • Médecine du travail : « Si on n’a pas de possibilité de consulter un médecin du travail pour adapter le poste, le retour à l'emploi est impossible. »

En conclusion, la généraliste vitrollaise appelle à une prise de conscience globale : « Ce problème concerne tout le monde : les salariés, les entreprises, les médecins et l'organisation du système de santé. On ne peut pas regarder uniquement les chiffres. »

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