Bouches-du-Rhône
-
Politique,
Social,
Municipales 2026,
L'invité(e) de la rédaction
« Les salariés ne sont plus que des lignes comptables » : le cri d'alarme de Marc Pietrosino (CGT 13) sur Maritima2min
Par Maritima 19/02/2026 à 13:08
Le climat social des Bouches-du-Rhône est au rouge vif. Entre les menaces sur l'emploi chez Alinéa, les incertitudes industrielles à ArcelorMittal et le silence des candidats aux municipales sur la précarité, Marc Pietrosino, secrétaire départemental de la CGT 13, tire la sonnette d’alarme. Invité du Grand Réveil, il dénonce une déconnexion des grands groupes et appelle à remettre le service public au cœur des mairies.
C’est un inventaire à la Prévert version catastrophe sociale que dresse Marc Pietrosino. De la zone industrielle de Martigues-Fos aux commerces d'Aubagne, le département fait face à une vague de restructurations sans précédent.
« On assiste à un jeu d'échecs entre grands groupes »
Alinéa (1 000 salariés menacés), les doudounes Jott en redressement, Nature & Découvertes en difficulté, mais aussi les incertitudes liées aux reprises de Casino par Auchan ou Carrefour... Pour la CGT 13, la cause est claire : un manque de vision industrielle et humaine.
« Il y a un problème d’actionnariat, un jeu d’échecs entre des grands groupes qui se vendent et se revendent des enseignes sans s’intéresser à leur ADN », fustige Marc Pietrosino au micro de Didier Gesualdi. Pour lui, le déclin vient souvent d'un manque d'investissement dans l'outil de travail : « Quand vous n'investissez pas, l'outil périclite. Et à la fin, comme d'habitude, ce sont les salariés qui trinquent. Ils deviennent de simples lignes sur des comptes d’exploitation pour le patronat. »
Municipales 2026 : l'emploi, le grand oublié ?
À l'approche des élections municipales (15 et 22 mars), le leader syndical regrette que les thématiques essentielles du quotidien — propreté, transports, écoles — soient polluées par d'autres débats.
« Le service public est la pierre angulaire de la vie des gens. Pourtant, on n'entend pas assez parler de la bataille pour l'emploi dans nos bassins de vie », déplore-t-il. Il pointe également une dilution des responsabilités : « On oublie trop souvent que les municipalités ont cédé leurs prérogatives à la Métropole, notamment à Marseille, ce qui complexifie l'action publique. »
L'avertissement face à la montée du Rassemblement National
Interrogé sur la percée de l'extrême droite dans les entreprises et les urnes, Marc Pietrosino rappelle une réalité historique locale. « Un exemple concret : le chantier naval de La Ciotat. La décision qui a permis le redressement et la réactivité du site a été votée à l’unanimité du Conseil Départemental... sauf par deux voix, celles du Front National de l'époque. »
Pour la CGT, le message aux salariés tentés par le vote RN est sans ambiguïté : « Les idées les plus simplistes ne sont pas celles qui sauvent l'emploi. Si on les laisse faire, on va à la catastrophe. »
Quelle position pour la CGT 13 ?
Si le syndicat prévoit d'interpeller tous les candidats sur leurs programmes économiques et sociaux, il reste prudent face à un paysage politique morcelé. « On est très vigilants. Le camp progressiste, qui est le plus proche du nôtre, est divisé. Il nous est difficile de prendre parti pour l’un ou pour l’autre dans ce contexte », conclut-il.
Retrouvez l'invité de la rédaction sur maritima radio du lundi au vendredi à 8h15 et 12h15 au micro de Didier Gesualdi
A lire aussi
Marseille
-
Politique
Municipales 2026 à Marseille : un sondage donne le maire de gauche sortant Benoit Payan et le RN au coude-à-coude
Marseille
-
Politique
Municipales 2026 à Marseille : Benoît Payan dévoile son plan de bataille pour « une ville qui protège »
Marseille
-
Politique
Le sénateur d'extrême droite Stéphane Ravier condamné pour favoritisme
Bouches-du-Rhône
-
Politique
Jérémy Bacchi (PCF) : "L'union de la gauche est le seul rempart pour faire reculer le RN dans le département"

