Bouches-du-Rhône
-
Social
Précarité dans le 13 : "Même avec un salaire, on bascule dans la pauvreté", l’alerte du Secours populaire sur Maritima3min
Par Didier Gesualdi10/09/2026 à 14:25
Le Secours populaire lance ce jeudi sa campagne annuelle "Pauvreté-Précarité". Le constat du baromètre Ipsos 2026 est alarmant : 26 % des Français se disent précaires. Invitée de Maritima, Farida Benchaa, secrétaire générale du Secours populaire 13, décrit une situation encore plus critique à Marseille et interpelle l’État sur ses responsabilités.
La fracture sociale s'aggrave. Selon le dernier baromètre Ipsos/Secours populaire, la précarité a bondi de 6 points en un an. Aujourd'hui, plus d'un Français sur quatre lutte pour joindre les deux bouts. Mais derrière cette moyenne nationale, la réalité des Bouches-du-Rhône est encore plus sombre.
"Sur Marseille, selon l'endroit où l'on vit, ces chiffres montent beaucoup plus haut, vers 18, 19, voire 20 %", explique Farida Benchaa sur Maritima. "C’est une pauvreté qui s’ancre fortement dans la vie des familles que l’on aide."
Les "travailleurs pauvres", premier front de la crise
Le travail ne protège plus de la détresse. Le baromètre révèle que 40 % des actifs n'arrivent plus à couvrir leurs dépenses mensuelles. Dès le 15 ou le 20 du mois, les comptes sont à découvert après avoir payé les charges fixes : loyer, assurances, EDF.
"Dès que vous avez des loyers qui dépassent 850 euros, et que les aides sociales ne suivent pas, ça bascule", souligne Farida Benchaa. Elle pointe également l'impact des séparations et le courage des familles monoparentales qui tentent de masquer la misère aux enfants : "Je me souviens d'une ado qui disait : 'Je ne me suis jamais sentie pauvre, jusqu'au jour où on me l'a dit'."
Chauffage et alimentation : le choix impossible
La précarité énergétique est l'autre grand signal d'alarme de cette rentrée. 53 % des Français limitent désormais leur chauffage à moins de 18°C pour économiser.
"Les gens font des choix", regrette la secrétaire générale. "Certains nous disent qu’ils n'utilisent plus le gaz et passent à l'électrique parce que ce n'est plus possible. Ce sont des économies de survie, pas des économies de confort." Face à l'envolée des prix, le Secours populaire ne se contente plus de l'aide alimentaire, mais accompagne les familles dans l'accès aux droits (CAF, aides au sport, vacances, santé).
"L’État doit prendre ses responsabilités"
À l'approche d'une année électorale en 2027, le Secours populaire refuse que les associations pallient indéfiniment les manques de l'action publique. Pour Farida Benchaa, la solidarité ne doit pas masquer l'urgence d'une réponse institutionnelle.
"L'idée, ce n'est pas de répondre à la misère du monde, mais d'accompagner ces familles pour que la pauvreté soit moins dure. Mais il ne faut pas se contenter de dire 'on le fait'. Il faut affirmer que l’État est responsable. Ce n'est pas normal que des familles passent par des associations pour avoir accès à leurs droits fondamentaux."
Les chiffres chocs du Baromètre 2026 :
-
26 % des Français en situation de précarité (+6 pts vs 2025).
-
40 % des actifs ne couvrent plus leurs dépenses avec leur seul salaire.
-
79 % des ménages jugent le coût de l'énergie insupportable.
-
53 % chauffent leur logement à moins de 18°C par nécessité financière.
A lire aussi
Miramas
-
Social
« On voit des gens compter leurs centimes » : à Miramas, la braderie du Secours Populaire fait le plein pour la solidarité
Bouches-du-Rhône
-
Social
Rentrée scolaire 2026 : le repas maintenu à 3 euros dans les collèges des Bouches-du-Rhône
Peyrolles-en-Provence
-
Social
Un milliard d’euros d’aide aux agriculteurs face à la sécheresse : « Ce n’est pas grand-chose en réalité »
Martigues
-
Social
Les Roues du Cœur dimanche à Martigues : « On fête notre 20e anniversaire, c’est magnifique ! »

