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Blocage de lycées : 60 établissements en distanciel dans l'académie d'Aix-Marseille, le recteur Benoit Delaunay fait le point3min
Par Didier Gesualdi05/10/2026 à 09:02
Face aux tensions et aux blocages qui perturbent les établissements scolaires de l'académie d'Aix-Marseille, Benoit Delaunay, recteur de la région académique PACA, fait le point sur la situation. Entre bascule en enseignement à distance, impératif de sécurité et dialogue renforcé avec les élus lycéens, le recteur appelle à la prudence tout en affirmant entendre les revendications des élèves.
La tension reste vive dans les établissements de l'académie d'Aix-Marseille. Alors que des perturbations touchent de nombreux sites, le recteur de la région académique PACA et de l'académie d'Aix-Marseille, Benoit Delaunay, dresse un bilan précis de la situation et des mesures d'adaptation mises en place.
Une soixantaine de lycées basculent en enseignement à distance
Le mouvement touchant principalement les lycées, la gestion des cours s'organise au cas par cas afin de garantir la continuité pédagogique et la sécurité : « Le phénomène concerne surtout les lycées dans l'académie d'Aix-Marseille et on a ce matin une soixantaine d'établissements de l'académie qui sont en enseignement à distance. »
Ces fermetures d'établissements au profit des cours en ligne ne relèvent pas d'une décision unilatérale, mais d'une concertation étroite entre les services de l'Éducation nationale et les autorités locales : « C'est une décision évidemment qui se prend ensemble avec les établissements, aussi en lien avec la préfecture, puisqu'il y a des sujets d'ordre public qui commandent justement ce passage en enseignement à distance. Ce sont naturellement et nécessairement des décisions coordonnées. »
Concrètement, les chefs d'établissement ont directement contacté les familles pour les informer du basculement numérique. Un fonctionnement rodé au sein des équipes pédagogiques et des familles : « Depuis vendredi, se déploie cet enseignement en distanciel qu'on connaît un peu, j'allais dire presque malheureusement parce qu'on avait eu l'épisode du COVID, et donc on a une certaine habitude pour savoir faire fonctionner ces outils. »
Sur les 171 lycées et lycées professionnels que compte l'académie, la soixantaine d'établissements concernés se situe « principalement dans le département des Bouches-du-Rhône », avec une situation très évolutive : « C'est une carte qui forcément est un peu mobile parce qu'on peut avoir tel établissement qui est passé en enseignement à distance et puis qui revient, et inversement. On doit nécessairement être très adaptables en fonction des circonstances. »
Des revendications jugées « légitimes » par le recteur
Interrogé sur le fond du mouvement et sur le message adressé aux élèves et aux familles, Benoit Delaunay tient à faire part de son écoute face au malaise exprimé : « Moi je dirais tout simplement que nous entendons les préoccupations de nos jeunes, de nos enfants. C'est légitime, il y a des choses qui peuvent être de manière assez concrète résolues, plus ou moins rapidement selon les situations. Il y a des questions d'emploi du temps, de remplacement sur lesquelles on va essayer d'aller plus vite, et puis il y a des questions d'un peu plus long terme. »
En parallèle, le recteur insiste sur l'obligation de prudence et de sécurité dans ce contexte d'agitation : « Ce qui est important à dire à tous, je crois, c'est le message de la sécurité, d'être prudent, parent comme élève. Dans cette période-là, on fait naturellement attention. En tout cas, en tant que recteur de l'académie et avec le préfet, c'est notre priorité. »
Dialogue continu et soutien appuyé aux personnels scolaires
Face aux revendications portant sur les moyens et les conditions d'étude, Benoit Delaunay souligne la maturité des jeunes et leur attachement à leurs établissements : « Il est évident que toute demande d'école doit être entendue et donc ça, on y travaille naturellement. Il y a aussi l'idée qui ressort, c'est que les jeunes — et c'est une très bonne chose — s'approprient leur lycée, sont sensibles, s'identifient même. Il y a un aspect vraiment important de cette nature-là, et toutes les propositions qu'ils peuvent faire parce qu'ils connaissent bien leur établissement sont évidemment importantes. »
Pour traiter ces sujets, l'académie privilégie la voie des instances de représentation lycéenne : « Le dialogue avec les lycéens est constant. On a un Conseil académique de la vie lycéenne que je réunis régulièrement. Je les ai réunis d'ailleurs vendredi dernier, il y a quelques jours, et nous sommes convenus de nous revoir dans les jours et les semaines qui viennent autour de plusieurs thématiques importantes : le bâti scolaire, la question de l'organisation du temps scolaire, les préoccupations d'avenir de nos lycéens. »
Une concertation qui a vocation à s'inscrire dans le temps long : « Le dialogue doit être continu, ce n'est pas une rencontre à un moment donné, c'est un travail qu'on mène tout au long de l'année. Sans doute est-ce qu'il faut aller encore plus loin dans la démocratie scolaire, c'est peut-être un des messages qui nous est passé. »
Condamnant fermement les violences et les incidents survenus aux abords de certains établissements, le recteur apporte un soutien sans réserve aux équipes éducatives touchées : « Dans le même temps, ils refusent aussi, pour l'immense majorité d'entre eux, les violences qui peuvent être commises, et je voudrais dire vraiment tout mon soutien et mon appui aux personnels, professeurs, chefs d'établissement qui ont pu être molestés. J'en ai eu un grand nombre ces jours derniers au téléphone et c'est important de leur dire que nous avons évidemment besoin d'eux et besoin d'école. »
Travail en lien direct avec le ministère et vigilance pour les jours à venir
Sur les grands chantiers évoqués par le gouvernement (bâti scolaire, remplacements, surcharges de classes, Parcoursup), le recteur confirme la mise en œuvre de concertations au plus haut niveau : « Bien sûr, on est en lien très étroit avec le ministre de l'Éducation nationale qui réunit régulièrement les recteurs, encore plus ces jours derniers, c'est bien naturel. Et on travaille effectivement sur ces chantiers : le bâti, le remplacement, l'organisation du temps scolaire, Parcoursup... Ce sont autant de chantiers sur lesquels on travaille aussi pendant les échanges avec les élus lycéens. »
Alors que des mobilisations d'ampleur sont annoncées, l'académie d'Aix-Marseille reste mobilisée et à l'écoute : « On est concentrés, attentifs évidemment par rapport aux journées qui vont venir, mais aussi disponibles pour le dialogue avec les lycéens et en particulier les élus lycéens, c'est le cadre démocratique sur lequel on peut s'appuyer le plus facilement et utilement. »
Concernant le fonctionnement des lycées pour les jours à venir, la gestion demeurera adaptable : « Pour les établissements qui sont aujourd'hui à distance, naturellement, on adaptera leur réouverture à la situation d'ordre public qui prévaudra à ce moment-là. »
Lire aussi : Blocages de lycées : 1.747 interpellations ce vendredi, plus de 5.000 depuis lundi
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