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"Payer le loyer ou se chauffer ?" : le dilemme des locataires HLM des Bouches-du-Rhône

3min

Par Maritima 26/09/2025 à 12:04

Alors que la saison de chauffe débute, la Confédération Générale du Logement (CGL) tire la sonnette d'alarme. Invité de Maritima, son président départemental, Thierry Del Baldo, dénonce l'explosion des charges qui plonge les locataires du parc social dans une précarité extrême. Il pointe du doigt le "désengagement" de l'État.

Le répit sur les prix de l'énergie n'aura pas duré. Pour des milliers de locataires en logement social dans les Bouches-du-Rhône, l'arrivée de l'automne est synonyme d'angoisse. "Au-delà du loyer, la problématique aujourd'hui, ce sont les charges, et notamment énergétiques, qui ont explosé", a alerté Thierry Del Baldo sur l'antenne de Maritima.

Selon le président de la CGL 13, la facture énergétique des locataires a "presque doublé" par rapport à la période d'avant-crise (2021-2022). Une situation qui a des conséquences dramatiques sur le quotidien de ces familles.

 

"Aujourd'hui, je pense que quand je fais le tour des locataires, on est à plus de 50% de gens qui ne vivent que pour payer leur quittance. C’est-à-dire qu’il n’y a plus rien à côté".

Thierry Del Baldo, Président de la CGL 13

 

Le "casse-tête" des logements mal isolés et du chauffage à 19°C

 

Cette explosion des charges est aggravée par l'état du parc social. De très nombreux logements sont encore des passoires thermiques, mal isolées. La règle du chauffage collectif bloqué à 19 degrés devient alors un véritable calvaire.

"19 degrés dans des logements non isolés, ça ne suffit pas. C'est pas possible, les gens ont froid", explique Thierry Del Baldo. Pour se chauffer, les locataires sont contraints d'utiliser des radiateurs d'appoint électriques, aggravant encore plus leur facture. C'est un cercle vicieux.

 

"Le grand absent, c'est l'État"

 

Pour la CGL, la responsabilité de cette situation est claire. Si des efforts de rénovation ont été faits, ils sont largement insuffisants. Il manquerait entre 700 millions et 1 milliard d'euros pour la rénovation énergétique de l'ensemble du parc social.

Thierry Del Baldo dénonce un "désengagement réel de l'État", qu'il qualifie de "grand absent" du dossier. Il cible notamment la politique de Réduction de Loyer de Solidarité (RLS), qui a, selon lui, ponctionné 5 milliards d'euros des finances des bailleurs sociaux – des fonds qui auraient pu être investis dans l'isolation.

Quant aux visites ministérielles, il les qualifie de "pipo". "Aujourd'hui, l'État engueule les bailleurs [...] sauf qu'aujourd'hui, il y a un désengagement de l'État réel", conclut-il, appelant à ce que chacun, et en premier lieu le gouvernement, prenne ses responsabilités pour sortir de cette crise.

 

Retrouvez l'invité de la rédaction sur maritima radio du lundi au vendredi à 8h15 et 12h15 au micro de Didier Gesualdi

 

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