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"Marseille est sous tutelle ?" : le coup de gueule des taxis après une réunion tendue à la mairie

3min

Par Maritima 27/01/2026 à 14:20

Nouveau rebondissement dans le conflit qui oppose les taxis marseillais à la municipalité. À la sortie d'une réunion en mairie ce matin, Rachid Boudjema, figure de l’intersyndicale, ne décolère pas. Entre interprétations juridiques divergentes et "silence radio" de la part de l'État, les chauffeurs se tournent désormais vers la Préfecture. Reportage au cœur d'un dialogue de sourds.

Plus d'une centaine de taxis sont mobilisés depuis ce matin à Marseille et l'espoir d’une sortie de crise rapide s'est envolé sur le parvis de l'Hôtel de Ville. Alors qu’une délégation de chauffeurs a été reçue ce matin pour tenter de débloquer plus de cent dossiers administratifs en suspens, la réponse de la municipalité a laissé les syndicats pantois.

 

"Une situation unique parmi 37 000 communes"

Pour Rachid Boudjema, président du Syndicat des Taxis Marseillais et de Provence, Marseille fait figure d'exception — et pas dans le bon sens du terme. "Soudainement, la collectivité marseillaise s’est réveillée en disant que la façon dont nous exploitions nos autorisations de stationnement n’était pas très légale", ironise-t-il au micro de Remy Reponty.

Le représentant syndical rappelle pourtant que la profession s'appuie sur des jurisprudences solides : "C’est le juge qui a admis notre façon d’exploiter. On est les seuls à se retrouver dans cette situation sur les 37 000 communes de France !"

 

La mairie se défausse-t-elle sur le Préfet ?

L'argument phare de la ville pour justifier ces blocages ? Une injonction de la Préfecture. Une explication qui passe mal auprès des professionnels. "On vient de découvrir que le Préfet aurait mis sous tutelle la mairie de Marseille en matière de gestion des autorisations", s'étonne Rachid Boudjema.

Pour vérifier ces dires et sortir de ce qu'il appelle un "dialogue de sourds", une réunion capitale est prévue ce jour à 13h00 avec le Préfet. L'objectif est simple : savoir si l'État assume réellement les consignes restrictives que la mairie dit appliquer.

 

Plus de 100 familles dans l'incertitude

Au-delà de la bataille juridique, c'est toute une économie locale qui est grippée. Rachid Boudjema énumère les conséquences concrètes de ce blocage :

  • Emploi : "On ne peut plus salarier."

  • Gestion : "On ne peut plus mettre nos autorisations en location-gérance."

  • Matériel : "Le moindre changement de véhicule devient une gageure."

Face à cette paralysie, la menace d'un durcissement du mouvement plane sur la cité phocéenne. "On ne peut pas se satisfaire d’une réponse qui nous dit 'c’est le Préfet qui m’a dit de faire'. On veut des solutions", martèle le syndicaliste.

 

"On ne fait pas de politique, on veut travailler"

Interrogé sur le contexte des prochaines élections municipales, Rachid Boudjema balaie l'idée d'une récupération politique. "Mes collègues ici préféreraient aller travailler. Pendant qu'ils sont là, ils ne gagnent pas leur vie. On ne fait pas de politique, on demande juste l’application de la loi, ni plus, ni moins."

Si la réunion de 13h à la Préfecture ne débouche pas sur une décision claire, les taxis marseillais préviennent : ils sont prêts à "durcir les choses" pour obtenir gain de cause.

 

MaJ 14h40 : notre reporter Remy Reponty nous indique que "la rencontre avec le Préfet n'a rien donné et que les taxis restent mobilisés devant l'hôtel de ville".

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