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Marseille : les disciples Escoffier, "Roi des cuisiniers", offrent aux plus démunis un repas de prestige3min
Par Maritima 14/04/2026 à 09:00
Ce week-end, Marseille devient la capitale mondiale de la gastronomie. À l’occasion de leur 18e congrès international et du 10e anniversaire de la délégation Provence-Méditerranée, les Disciples Escoffier voient les choses en grand. Mais au-delà du prestige, c’est un "Fil Rouge" placé sous le signe de la solidarité que notre reporter Michel Montagne a suivi au Lycée Lacordaire. coulisses d’un événement au grand cœur.
Quartier de Saint-Just (13e), dans les cuisines de l'école Lacordaire qui prête ses installations aux Disciples d'Escoffier Provence Méditerranée, l’effervescence est palpable, les victuailles ont été livrées et les écharpes colorées s’activent pour en dresser l'inventaire :
les rouges sont portées par les cuisiniers et pâtissiers, les "lie de vin" pour les métiers de salle, de service et les sommeliers, les vertes sont, elles, réservées aux producteurs, éleveurs, agriculteurs tandis que les bleues sont affectées aux ambassadeurs de l'association. Tous sont réunis pour préparer un événement hors norme qui culminera samedi soir par un dîner de gala au Palais de la Bourse (billetterie)
Auguste Escoffier : l’héritage du "cuisinier des rois"
Pour comprendre l'importance de ce rassemblement, il faut remonter à Auguste Escoffier, décédé en 1935. "C’est lui qui a fondé la gastronomie moderne telle qu’on la connaît aujourd’hui", rappelle Alain Laporte, président de la délégation Provence-Méditerranée. Surnommé le "Roi des cuisiniers et cuisinier des Rois", il a co-inventé l’hôtellerie de luxe avec César Ritz et rédigé le célèbre "Guide culinaire", véritable bible de la profession.
Aujourd'hui, l'association internationale compte 33 000 membres répartis dans plus de 30 pays sur les cinq continents. Mais l’esprit Escoffier, c’est aussi la transmission. "Nous avons aussi les écharpes orange, ce sont les espoirs de la cuisine et de la salle, les jeunes talents", souligne Philippe Hardellet, ambassadeur de l’association à l'écharpe bleue.
500 repas gastronomiques pour les Restos du Cœur
La grande particularité de ce 18e congrès marseillais qui va accueillir des gastronomes du monde entier réside dans son volet caritatif.
À cette occasion mais aussi pour fêter les 10 ans de la délégation Provence Méditerranée, pour chaque repas payé par un congressiste, un repas identique est offert à un bénéficiaire des Restos du Cœur.
Au total, 500 repas de haute gastronomie seront ainsi servis : 200 le vendredi au fort Ganteaume (130 euros) et 300 le lendemain samedi au Palais de la Bourse (180 euros), et donc 500 autres seront quant à eux distribués à des bénéficiaires des Restos du Cœur entre Marseille et Aix.
Alain Evezard, président des Restos du Cœur des Bouches-du-Rhône, ne cache d'ailleurs pas son émotion : "C’est un peu Noël avant l'heure. Permettre aux personnes qui sont à la rue, dans une précarité importante, de bénéficier d’un repas de haute qualité, c’est extraordinaire. On va voir des étoiles dans les yeux, c'est le plus important."
Ces repas seront servis dans des contenants biodégradables par les équipes de maraude. "On est sur la même qualité, les mêmes ingrédients préparés par des grands chefs", précise Sylvain Leroux, l'un des chefs cuisiniers et organisateurs.
Une prouesse logistique au Palais de la Bourse
Transformer le Palais de la Bourse en restaurant étoilé est un défi de taille pour les 60 Disciples mobilisés. "Ce n’est pas un endroit prévu pour faire de la restauration. Il faut tout recréer, la cuisine, l'office, la cave, dès le matin pour servir un menu en sept plats", explique Richard Lepage, ancien maître d'hôtel et créateur du Grand Puech à Mimet qu'il a exploité une décennie jusqu'à sa retraite (2008-2018).
L’événement se veut également éco-responsable, fidèle aux valeurs d’Auguste Escoffier qui, en son temps à Londres, faisait déjà récupérer le marc de café et les carcasses de volaille pour les "Petites Sœurs des pauvres". "Il avait horreur de l'injustice sociale et du gaspillage", rappelle l'association qui perpétue ainsi l'excellence professionnelle ainsi que l'esprit de fraternité du maître.
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