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Marseille : « On va au-devant d’une véritable catastrophe sociale », l’alerte de la CGT 13 avant la manifestation de ce jeudi3min
Par Maritima 21/05/2026 à 09:30
La CGT 13 appelle à un grand rassemblement pour l’emploi ce jeudi 21 mai à 11h30, devant le siège du MEDEF à Marseille. Entre désindustrialisation massive, précarité dans le commerce et crise des services publics, Marc Pietrosino, secrétaire départemental de la CGT 13, dénonce une « politique du chiffre » qui sacrifie les salariés au profit des actionnaires. Entretien.
Le rendez-vous est fixé sur la place Général de Gaulle, au cœur de la cité phocéenne. Un symbole fort pour la CGT qui a choisi de porter ses revendications sous les fenêtres du patronat. Pour Marc Pietrosino, invité de Didier Gesualdi sur Maritima Radio, l’heure n’est plus aux simples avertissements, mais à l’urgence sociale.
190 000 privés d'emploi dans le département
Le constat dressé par le syndicat est noir. Malgré les discours officiels, la réalité du terrain dans les Bouches-du-Rhône est celle d'une fragilisation généralisée. « Il faut savoir que déjà, dans notre département, on a à peu près 190 000 privés d’emploi d’après France Travail. Là, il y a des menaces qui pèsent sur l’industrie, le commerce ou les services publics qui vont encore alourdir la note. On va au-devant d’une véritable catastrophe sociale si on ne se mobilise pas », martèle Marc Pietrosino.
Selon le responsable syndical, cette crise n'est pas une fatalité mais le résultat d'un manque d'investissement chronique : « Il y a un gros manque d'investissement dans l'outil de travail, notamment dans les secteurs industriels. On tire sur la corde jusqu’au bout. »
Des aides publiques « sans contrepartie »
La CGT pointe du doigt les milliards d'euros d'argent public versés aux grandes entreprises, citant notamment les exemples d'ArcelorMittal à Fos-sur-Mer ou des usines chimiques du pourtour de l'Étang de Berre. « La problématique, c’est que les investissements publics qui sont donnés aux entreprises ne vont pas dans les investissements réels, mais plus pour embellir les comptes d’exploitation et donner des dividendes aux actionnaires », dénonce-t-il au micro de Maritima.
Pour le syndicat, l'État joue un double jeu dangereux : « On donne sans contrepartie, sans obligation de résultat au niveau de l'emploi. On vous fait des exonérations de cotisations, mais on ne vous demande rien en échange. »
Le budget de la Métropole : l'autre point noir
L'actualité budgétaire de la Métropole Aix-Marseille-Provence, dont le budget a été rejeté et placé sous l'œil de la Chambre régionale des comptes, inquiète également la CGT. Marc Pietrosino y voit une nouvelle source de pression fiscale pour les salariés.
« On pourrait régler le problème de la dette de la Métropole en déplafonnant le versement mobilité à hauteur de ce qu'il est à Paris. L'État a accepté cela pour les institutions parisiennes, mais il refuse de le donner à Marseille. C'est une injustice », explique-t-il.
Dénoncer la répression syndicale
Enfin, cette manifestation sera aussi l’occasion de dénoncer une dégradation du climat social au sein des entreprises, avec une hausse des procédures disciplinaires contre les représentants du personnel. « On est en phase de suppression d’emplois et nos représentants sont attaqués par le patronat. On voit de plus en plus de procédures disciplinaires, parfois jusqu’au dépôt de plainte pour des faits qui ne le méritent pas. Ce qui s'est passé avec nos camarades portuaires en est l'illustration : la justice a choisi de s'instruire à charge. »
Manifestation pour l'emploi et les salaires : jeudi 21 mai, 11h30, Place Général de Gaulle, Marseille.
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