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Renouvellement des titres de séjour : à Marseille une manifestation pour dénoncer les difficultés2min
Par Maritima 11/06/2026 à 06:48
Des piles de cartons symbolisant les dossiers en attente: quelque 200 personnes, a constaté l'AFP, ont manifesté mercredi devant la préfecture à Marseille contre des délais erratiques de renouvellement des titres de séjour, qui pénalisent des milliers de personnes.
Conscient du problème avec un stock de 930.000 dossiers en cours de traitement dans les préfectures de France, le ministère de l'Intérieur avait dévoilé en avril un "plan global" pour réduire ces délais, faisant de "la lutte contre les ruptures de droits" une "priorité".
A l'appel du collectif "Bouge ta Pref", une mobilisation s'est tenue dans la deuxième ville de France devant la préfecture des Bouches-du-Rhône. Des rassemblements similaires étaient prévus en Ile-de-France, à Grenoble, à Nantes, à Rennes et à Saint-Etienne, selon l'association La Cimade.
"Dossier sans réponse: perte d'une année universitaire", "Renouvellement en attente: refus de location d'un logement", pouvait-on lire sur des feuilles blanches sur les piles de cartons à Marseille.
Cela fait 45 ans que Mabrouka Chater vit en France, mais la sexagénaire d'origine tunisienne attend depuis près d'un an le renouvellement de son titre de séjour.
"C'est la première fois qu'elle se retrouve en situation irrégulière. Elle n'a pas de sécurité sociale, pas d'allocation logement. C'est non-assistance à personne en danger, sachant qu'elle est malade, donc il faut qu'elle se soigne", déplore à ses côtés Ouided, l'une de ses trois filles, françaises. "C'est aberrant", lâche-t-elle. "On nous dit juste qu'il faut patienter."
Début mai, le Conseil d'État sommait le gouvernement de "corriger les dysfonctionnements" de l'ANEF, -principale plateforme en ligne pour les demandes de titres depuis 2020.
"Des milliers de personnes se retrouvent seules face à des plateformes numériques complexes, des procédures incompréhensibles, des rendez-vous impossibles à obtenir, et des services injoignables" a déploré mercredi Nicole Malfait, militante de la Cimade, dans une allocution. "Ce qui devait être une simplification, est devenu un véritable mur numérique", fustige-t-elle.
Stacy Soulié, de l'Association pour la réadaptation sociale (ARS), épaulant mineurs et jeunes majeurs non accompagnés, évoque les conséquences sur les plans "émotionnel et mental. "Sur 70 jeunes, la moitié ont des problèmes de titres de séjour.
"Ils ne vont pas bien, Ils sont limite en dépression", regrette-t-elle. "C'est des gens qui veulent s'intégrer dans la société française, sauf qu'aujourd'hui, on nous empêche de les intégrer."
© Agence France-Presse
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