Marseille
-
Social
Marseille : le congé supplémentaire de naissance, tous les jeunes parents y ont droit 5min
Par Rémy Reponty03/07/2026 à 07:28
Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le congé supplémentaire de naissance est entré en vigueur depuis le 1er juillet. En déplacement à Marseille ce jeudi, la Haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry, a échangé avec les professionnels de santé de la maternité de l'Hôpital Saint-Joseph et a rencontré de jeunes parents. Cette avancée majeure pour les familles offre à chaque parent un à deux mois de congé indemnisé supplémentaires afin de renforcer les premiers liens avec l'enfant et d'accompagner les mille premiers jours de sa vie, période déterminante pour son développement.
C'est la petite révolution de cette année 2026 pour toutes les jeunes familles de France. Depuis ce 1er juillet 2026, le tout nouveau congé supplémentaire de naissance est officiellement entré en vigueur. Pensé pour offrir du temps précieux aux foyers durant les premiers mois de bébé, ce dispositif vient s’ajouter aux congés parentaux existants (maternité, paternité, adoption).
Concilier vie professionnelle et arrivée d’un nouveau-né peut s’avérer être un véritable défi. Décryptage complet des modalités pratiques, des montants d'indemnisation et des démarches à effectuer pour en bénéficier sereinement.
L'interview de Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l'Enfance, dans cette vidéo.
(Interview, images et montage : Rémy Reponty pour Maritima Médias.)
Un droit universel pour tous les parents
Instauré par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 et précisé par plusieurs décrets parus au Journal officiel le 31 mai dernier, ce nouveau congé octroie 1 à 2 mois de repos indemnisés à chaque parent. Il s'agit d'un droit strictement individuel, personnel et non transférable : si l'un des parents choisit de ne pas le prendre, ses mois ne peuvent pas être légués au conjoint. En revanche, les couples peuvent décider de le poser simultanément ou de manière alternée.
Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l'Enfance, a tenu à souligner le caractère inclusif de cette mesure phare : « C'est un droit qui est ouvert à tout le monde. Il est universel. Qu'on soit aujourd'hui salarié, libéral, ou qu'on soit en réalité même en recherche d'emploi. Oui, c'est un droit pour tout le monde. »
Que vous soyez salarié du secteur privé, fonctionnaire des trois versants de la fonction publique (État, territoriale, hospitalière), artisan, commerçant, professionnel libéral, artiste-auteur ou demandeur d’emploi, vous y avez droit. La Haute-commissaire rappelle la réalité du terrain à laquelle se heurtaient jusqu'alors de nombreux actifs : « J'ai beaucoup plus vu de parents jusque-là me dire qu'ils avaient envie mais qu'ils ne pouvaient pas. Parce que en réalité, quand vous êtes une profession libérale, vous devez rouvrir votre cabinet, parce que quand vous êtes commerçant, il n'y a pas de congé maternité long. Et donc, c'était plutôt la réalité de la pression du retour au travail non pas comme un choix, non pas comme un souhait, mais parce que c'était une obligation. Et bien, il fallait répondre à ça. »
Quel sera votre salaire pendant ce congé supplémentaire ? Les chiffres précis
Pour éviter que la baisse de revenus ne freine les foyers, l'indemnisation a été calquée sur le salaire réel, tout en restant soumise à un plafond. « Il fallait que ce soit proportionnel au salaire parce qu'il y avait aussi un enjeu de classe moyenne qui ne pouvait pas se permettre de prendre ce temps », explique Sarah El Haïry. « Il fallait sortir de la question du statut de son contrat de travail ou de son statut professionnel et de permettre simplement à ces jeunes parents […] de dire oui parce que c'est important pour moi, parce que c'est important pour mon enfant, pour ma famille. »
Dans le secteur privé, le congé est pris en charge par la Sécurité sociale via des indemnités journalières de naissance calculées sur la base des 3 derniers mois de salaire précédant le congé, selon un barème dégressif précis : le 1er mois : indemnisation à hauteur de 70 % du salaire brut plafonné. Le 2e mois : indemnisation à hauteur de 60 % du salaire brut plafonné.
À noter pour vos calculs : Le salaire pris en compte est strictement limité au plafond mensuel de la Sécurité sociale, qui s'élève à 4 005 € en 2026. Pour les travailleurs indépendants et les demandeurs d'emploi, des modalités et des téléservices spécifiques sont mis en place (les allocations chômage étant suspendues le temps du congé avant d’être rétablies).
Calendrier et délais : quand devez-vous prendre ce congé ?
Le congé supplémentaire de naissance ne peut débuter qu’après l’expiration complète de vos congés légaux de maternité, de paternité ou d’adoption. De plus, il doit impérativement être pris dans un délai maximal de 9 mois suivant la naissance ou l'adoption. Les parents qui le souhaitent ont la possibilité de le fractionner en deux périodes d'un mois minimum.
La spécificité rétroactive pour les bébés du début d’année : Le dispositif concerne tous les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026 (ou dont la naissance était prévue après cette date). Pour les parents d'enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, pas d'inquiétude ! Le délai de 9 mois commence exceptionnellement à courir à partir de la date d'entrée en vigueur des décrets, soit le 1er juillet 2026. Vous avez donc jusqu’au 31 mars 2027 au plus tard pour débuter votre congé supplémentaire.
Lettre à l'employeur, plateformes : les démarches pas-à-pas
Afin que tout se passe au mieux au sein de votre entreprise ou de votre administration, les règles de préavis sont strictes. Pour le cas général, vous devez informer votre employeur au moins 1 mois avant le début théorique de votre congé. Votre courrier (remis en main propre contre décharge ou envoyé en lettre recommandée avec accusé de réception) doit préciser la date de début, la durée ainsi que les modalités de fractionnement s’il y en a. Pour le cas express, si votre congé supplémentaire s'enchaîne directement à la suite de votre congé de paternité ou d'adoption, le délai de préavis est réduit à 15 jours.
Pour les travailleurs indépendants, professions libérales et demandeurs d'emploi, les demandes s'effectuent directement en ligne depuis le 1er juillet 2026 sur la plateforme officielle demarche.numerique.gouv.fr.
Attention aux règles de non-cumul !
Le texte de loi encadre de façon stricte les aides de l'État. Ce congé supplémentaire ne peut pas se cumuler avec les indemnités de maladie ou d'accident du travail, les allocations chômage, la PreParE (Prestation partagée d'éducation de l'enfant), ni avec l'AJPP ou l'AJPA.
L'exception qui soulage. À titre exceptionnel, une lettre ministérielle autorise le cumul des indemnités de ce congé avec le Complément de libre choix du mode de garde (CMG) pour les parents d'enfants nés ou adoptés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, ou pour les naissances prématurées initialement programmées après le 1er janvier. Un coup de pouce bienvenu pour faire face aux frais de garde en crèche ou chez une assistante maternelle pendant vos semaines de transition.
Une belle avancée pour la parentalité, qui promet de jolis moments partagés en famille. Pour retrouver l'intégralité des décrets d'application et télécharger les modèles de lettres officiels rédigés par le ministère du Travail, rendez-vous sur le site officiel Service-Public.gouv.fr.
A lire aussi
Marseille
-
Social
Marseille : "Le Grand Bain" ou comment briser les murs invisibles entre les enfants de la ville
Martigues
-
Social
Logements bouilloires : le cauchemar des quartiers populaires face à la canicule
Aix-en-Provence
-
Social
Solidarité à Aix : le premier « Frigo Partagé » inauguré à Encagnane, comment ça marche ?
Marseille
-
Social
Le Sud révèle ses talents : immersion dans l’univers de Ph’Art & Balises à Marseille

