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Fil rouge Maritima
À Marseille, « Le Rayon » de la Banque Alimentaire 13 ; une épicerie mobile pour ne laisser personne au bord de la route3min
Par Michel Montagne15/09/2026 à 18:15
Ce mardi, le « Fil Rouge » Maritima a débarqué boulevard de la Pomme dans le 11e pour un événement solidaire majeur. La Banque Alimentaire des Bouches-du-Rhône a officiellement inauguré « Le Rayon », un camion-épicerie itinérant. Sa mission ? Apporter des produits frais mais aussi de l’aide sociale dans les « zones blanches » du département, là où la précarité progresse mais où les structures manquent.
« Ce n’est pas qu’un camion, c’est un trait d’union ». Sous le soleil marseillais, le véhicule flambant neuf, baptisé « Le Rayon », s’apprête à sillonner les routes des Bouches-du-Rhône. Si l’immense entrepôt de la Pomme est le centre névralgique de la Banque Alimentaire, ce nouveau projet marque une volonté d’aller directement à la rencontre des plus fragiles.
Rompre l’isolement dans les « zones blanches »
Joseph Arakel, président de la Banque Alimentaire des Bouches-du-Rhône, explique la genèse de ce projet : « Ce camion est destiné à aller dans les zones que l’on appelle "blanches", c’est-à-dire qui ne sont pas desservies par des associations ou des centres sociaux. Dans ces zones-là, il y a des gens dans la précarité. L’idée, c’est vraiment de créer du lien social et de n’abandonner personne au bord de la route. »
Contrairement aux distributions classiques, « Le Rayon » propose une forme de vente à prix cassés pour préserver la dignité des bénéficiaires. « On propose des produits de qualité, des fruits, des légumes, des protéines... une nourriture équilibrée, fraîche et saine », précise le président.
Des produits frais à 10% du prix du marché
Le camion fait immédiatement penser à ces boucheries et boulangeries itinérantes, nombreuses par le passé, qui faisaient étape dans les petits villages.
Quant à ses étals, ils sont dignes de ceux d’une épicerie de village.
Andrés Padilla, bénévole originaire de l’Équateur, sera l’un des visages - rayonnants - de ce service : « Les bénéficiaires auront le choix parmi tous les produits que nous avons normalement : du sec avec un large choix de conserves, du frais - beurre, œufs, fromages - des fruits et légumes. Ils paient une petite participation, entre 10 et 30% du prix réel du marché. ».
Andrés œuvrera en binôme avec Sophie qui, elle, sera chargée d'amener le véhicule à bon port.
Ce service s’adresse à un public ciblé, et notamment les étudiants en situation de grande précarité. « Le but, c’est de contribuer à aider ces personnes. Ils sont orientés vers nous par les CCAS ou les maisons de la solidarité (MDS) des villes », ajoute Andrés. Le camion desservira des communes comme Jouques, Septèmes-les-Vallons, Roquevaire et certains quartiers de Marseille.
Une source d’inspiration pour les départements voisins
Le succès du projet attire déjà l'œil des voisins. Georges Proust, représentant de la Banque Alimentaire du Vaucluse, a fait le déplacement pour s’en inspirer : « Nous menons un projet similaire pour la fin du mois à Avignon. On voulait profiter de l’expérience des Bouches-du-Rhône. Chez nous, on s’adressera plutôt aux étudiants et aux foyers de jeunes travailleurs. »
Appel urgent : 3 000 bénévoles recherchés pour novembre
Mais pour faire tourner une telle machine, la Banque Alimentaire a besoin de bras. L’inauguration du camion a aussi servi de tribune pour lancer la grande collecte annuelle qui aura lieu les 6, 7 et 8 novembre prochains.
« On recherche plus de 3 000 bénévoles », insiste Anne-Marie Tuzzolino, adjointe au service collecte. « On a besoin de chauffeurs, de trieurs dans l’entrepôt, mais aussi de coordinateurs pour gérer les équipes. » L'enjeu est colossal : l'an dernier, 340 tonnes ont été récoltées (soit environ 680 000 repas). Cette année, Joseph Arakel vise les 400 tonnes.
Un appel particulier est lancé aux habitants du pourtour de l’Étang de Berre (Martigues, Miramas, Istres, Fos, Port-Saint-Louis) pour rejoindre l'aventure.
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